Nabih Berry avait aussi affirmé à ses visiteurs que les contacts avec les responsables turcs ne sont pas interrompus et il a même parlé au téléphone avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, pour faire le point sur les négociations. Le président de la Chambre a aussi demandé aux proches des pèlerins enlevés de ne pas entreprendre une action de protestation sur le terrain, notamment sur la route de l’aéroport, tout en leur suggérant de maintenir cette affaire loin des médias pour qu’elle puisse être réglée dans le calme et la discrétion.
Pourtant, la semaine dernière, des indices positifs étaient parvenus aux responsables libanais et en particulier au ministre de l’Intérieur qui suit cette affaire de près. Marwan Charbel s’était alors empressé d’informer le président de la République et le Premier ministre de ces « bonnes nouvelles ». Il a également eu un contact avec le Hezbollah à ce sujet. Dans une tentative d’accélérer le processus, le ministre de l’Intérieur a même envoyé un officier supérieur en Turquie pour suivre de près ce dossier. Il est ensuite entré en contact avec une délégation d’ulémas salafistes qui s’apprêtaient à se rendre en Turquie pour participer à un congrès religieux organisé par l’opposition syrienne.
Une délégation chiite s’est d’ailleurs rendue à Tripoli pour rencontrer les ulémas salafistes et ceux-ci ont promis d’intercéder en faveur des pèlerins enlevés. À ce moment-là, le climat semblait optimiste et les proches des pèlerins étaient pleins d’espoir. Mais une fois le responsable sécuritaire et la délégation d’ulémas salafistes revenus au Liban, l’atmosphère a totalement changé. Les émissaires libanais en Turquie sont en effet revenus avec l’impression suivante : les ravisseurs auraient été prêts à libérer six pèlerins et à garder les cinq restants en captivité pour des investigations plus poussées. Mais, selon les informations parvenues aux médias, le Hezbollah aurait refusé cette libération tronquée, exigeant la remise en liberté de tous les pèlerins d’un seul coup. Il est ensuite apparu que les ravisseurs utilisent les Libanais enlevés comme des boucliers humains en les déployant dans plusieurs endroits pour se protéger des bombardements de l’armée syrienne. Les pèlerins libanais seraient ainsi postés dans six endroits différents et les ravisseurs ne sont pas vraiment pressés de les libérer. De toute façon, les ravisseurs considèrent que trois d’entre eux sont des membres du Hezbollah. Ils sont accusés par les ravisseurs d’avoir contribué à l’entraînement des soldats du régime de Damas et au transport d’armes de l’Iran vers l’armée syrienne.
Selon des sources de l’opposition syrienne, les investigations avec les pèlerins portent essentiellement sur les routes du trafic d’armes et sur les déplacements des soldats du régime. En tout cas, l’affaire des otages libanais constitue une carte de pression, d’une part, pour obtenir le départ du président Bachar el-Assad et, d’autre part, pour obtenir la formation d’un gouvernement de transition formé par l’opposition de l’extérieur. Toujours est-il que les Turcs ont insisté de leur côté pour être la seule partie qui négocie avec les ravisseurs. C’est pourquoi aucune autre médiation n’est possible. Ce qui n’empêche pas les Américains et les Allemands de tenter d’intervenir dans ce dossier en axant leur intérêt sur le fait d’obtenir de nouvelles informations sur le Hezbollah et sur ses liens avec l’Iran.
Un autre sujet qui intéresse beaucoup l’Occident : celui des armes chimiques syriennes. Le principal souci de la communauté internationale occidentale est d’éviter que ces armes tombent entre des mains irresponsables. Elle souhaite donc les repérer avant de les placer sous contrôle occidental. En attendant, les ravisseurs des pèlerins estiment qu’ils ont eu de la chance en parvenant à enlever les onze Libanais, et ne souhaitent pas brader cette carte. C’est du moins l’impression de ceux qui ont effectué récemment des visites en Turquie. C’est pour toutes ces raisons que le climat général ne semble pas favorable à une libération prochaine des onze pèlerins. De son côté, le Hezbollah reste silencieux sur l’affaire, se contentant de nier toute appartenance des pèlerins à ses rangs et de demander à l’État d’assumer ses responsabilités envers des citoyens libanais.


Je mets ma réaction là parceque là ou ailleurs...çà ne vous fait pas peur,vous,en tant qu'êtres humains non partisans de lire tous les jours la catch of the day de madame la mort en Syrie...???cette liste hallucinante???100 morts par ci,80 par là....mias c'est tout simplement dégoutant...dégoutant de tout...nous avons connu la même chose...et le monde entier s'en foutait...sauf pour Sabra et Chatila,bien sûr...ils connaissent la même chose,et le monde entier ...ben...ne s'en fout pas...menaces par ci,interventions par là...mais çà continue quand même...moi,je suis tout simplement dégouté de voir à quel point le cynisme est poussé...nous sommes peu de choses au regard de ceux qui osent s'appeler la communauté internationale...juste des arabes,en fait...
17 h 49, le 12 juillet 2012