Dès le début de la réunion, qui a commencé en début d’après-midi à Bruxelles, l’Eurogroupe a proposé la nomination du Luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale européenne (BCE). La recommandation formelle devra être adoptée aujourd’hui par l’ensemble des ministres des Finances des 27.
Cette annonce ouvre la voie à une prolongation du mandat de Jean-Claude Juncker à la présidence de l’Eurogroupe : le Premier ministre luxembourgeois, dont le mandat expire le 17 juillet, avait posé comme condition pour cette prolongation la nomination de son compatriote au directoire de la BCE.
« Il y aura un accord », a déclaré à l’AFP un haut responsable européen. Selon le compromis qui se profile, a-t-il ajouté, M. Juncker restera à son poste « pour une durée indéterminée, mais avec l’intention de ne pas faire tout le mandat » de deux ans et demi.
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble est officiellement candidat au poste de M. Juncker, mais dès l’élection de François Hollande à la présidence de la France en mai, le nouveau gouvernement français n’a pas caché ses réticences.
Le casse-tête des nominations était toutefois loin d’être le seul sur la table des ministres, pressés d’aider l’Espagne dont le coût d’emprunt s’envole à nouveau après un bref répit. Hier, le taux espagnol à 10 ans est repassé au-dessus des 7 %, un niveau intenable à long terme.
C’est pourquoi la zone euro doit « aller vite » pour traduire en actes les décisions du sommet des 28 et 29 juin, notamment la supervision bancaire intégrée afin d’ouvrir la voie à la recapitalisation directe des banques espagnoles, a déclaré le ministre français des Finances Pierre Moscovici.
La réunion devrait aboutir à « un accord sur un cadre contraignant et un calendrier » pour le programme d’aide à l’Espagne, a affirmé M. Schäuble. Mais cet accord ne sera signé qu’à l’occasion d’un nouvel Eurogroupe le 20 juillet, a complété son homologue espagnol Luis De Guindos.
La zone euro a mis sur la table une enveloppe pouvant atteindre 100 milliards d’euros, assortie de conditions portant, selon M. De Guindos, sur le niveau de fonds propres des banques et la transparence. Le montant précis de l’aide ne sera toutefois pas connu dans l’immédiat, car « il faut identifier les besoins banque par banque », a souligné un haut responsable européen.
Reste aussi à lever toute ambiguïté sur les modalités de la recapitalisation directe des banques par le fonds de sauvetage de la zone euro, le MES. Le débat ne semblait pas clos hier sur la nécessité que les États apportent ou non leur garantie.
Le flou persiste aussi sur le calendrier. « Le MES ne sera pas prêt pour recapitaliser les banques d’ici à la fin de l’année, mais nous allons aussi vite que possible », s’est borné à dire le président de la BCE Mario Draghi devant le Parlement européen.
Pour soulager l’Espagne, les 27 s’apprêtent en attendant à lui accorder aujourd’hui un an supplémentaire, jusqu’en 2014, pour ramener son déficit public à 3 % du produit intérieur brut (PIB), a annoncé à l’AFP une source européenne.
Hier, les ministres de la zone euro examinaient aussi la situation de la Grèce. Le versement de la prochaine tranche d’aide à Athènes n’aura pas lieu « tant que l’Eurogroupe n’aura pas constaté que le programme est de nouveau sur les rails », a averti une source européenne qui ne s’attend pas à une décision avant « fin août ».
Le nouveau Premier ministre grec Antonis Samaras a obtenu dimanche un vote du Parlement pour appliquer une politique centrée sur les privatisations.
Les ministres devaient évoquer également les conditions d’octroi d’une aide à Chypre, mais là encore sans prendre de décision.
(Source : AFP)


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