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Moyen Orient et Monde - France-Allemagne

Main dans la main, bien obligés, demain à Reims...

François Hollande et Angela Merkel célébreront demain le 50e anniversaire de la réconciliation franco-allemande, scellée dans la cathédrale de Reims le 8 juillet 1962 par le général de Gaulle et Konrad Adenauer. Ainsi depuis 50 ans, le compromis franco-allemand est devenu le moteur obligé de la construction européenne, et cela devrait continuer ainsi, même si M. Hollande a affiché sa volonté de sortir du tête-à-tête exclusif entretenu par Nicolas Sarkozy avec Mme Merkel.
« La relation franco-allemande demeure le socle de la construction européenne car l’histoire nous a donné une responsabilité particulière », a souligné mardi le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault. Ancien professeur d’allemand, il voulait ainsi répondre à l’opposition qui accuse le nouveau pouvoir socialiste d’avoir en quelques semaines dégradé les relations franco-allemandes. De fait, pour faire accepter son pacte de croissance, M. Hollande a cherché à contourner Mme Merkel en s’appuyant d’une part sur l’Italien Mario Monti, et d’autre part sur l’opposition sociale-démocrate allemande. Jusqu’au sommet de Bruxelles des 27/28 juin où le président français a soutenu le bras de fer de Rome et Madrid contre Berlin pour obtenir que les fonds de secours européens puissent recapitaliser les banques ou racheter plus facilement de la dette souveraine. « L’Europe ne peut pas fonctionner avec un condominium franco-allemand qui décide pour tous les autres. L’Italie ça existe, les institutions européennes ça existe », a justifié mercredi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
« François Hollande avait annoncé pendant sa campagne qu’il se distinguerait de l’ère “Merkozy” » où le couple a imposé ses compromis au reste de l’Union « sans prendre beaucoup de gants », relève Thomas Klau, expert au centre de réflexion européen ECFR. Mais « je ne crois pas qu’on assiste au début de l’abandon du couple franco-allemand comme duo structurant de la politique européenne. Ce serait extrêmement déstabilisant s’il y avait un bloc du Sud contre un bloc du Nord, et les socialistes en sont bien conscients », souligne-t-il. « Mario Monti est très respecté en Europe, mais son bail à la tête de l’Italie est très temporaire », rappelle-t-il. Pour M. Klau, « on est simplement dans un scénario classique où le couple traverse une phase de turbulences après l’arrivée de nouveaux dirigeants ». Et de rappeler les débuts difficiles entre Jacques Chirac et Gerhard Schröder qui lorgnait vers Tony Blair. Ou entre Merkel et Sarkozy, pourtant du même bord politique, aux tempéraments si différents et aux désaccords multiples de « l’Union pour la Méditerranée » au rôle de la BCE. « L’amitié franco-allemande peut supporter des divergences, ce n’est pas la première fois », a relativisé mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Et, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Marianne, M. Hollande a abondé en ce sens, déclarant que les rapports avec Mme Merkel ne sont « pas mauvais » et saluant son « rôle précieux » lors du dernier sommet européen.
Concrètement, la France centralisée et interventionniste et l’Allemagne fédérale et libre-échangiste ont toujours divergé sur la plupart des politiques européennes, de l’énergie à la concurrence, de la défense à la politique étrangère jusqu’au gouvernement économique de la zone euro. « Le couple n’a jamais reposé sur une communauté de vues mais sur la volonté de dégager un compromis sur la base de positions divergentes pour le faire adopter ensuite au niveau européen », souligne M. Klau.
Pour Henrik Uterwedde, de l’institut franco-allemand de Ludwigsburg, « le compromis franco-allemand est réservé aux grandes décisions importantes sur l’avenir de l’architecture politique ou monétaire ». De l’ordre de celles qui vont se poser dans les mois à venir sur les transferts de souveraineté, préalables selon l’Allemagne à la solidarité financière et à la mutualisation des dettes, alors que la France prône l’inverse, la solidarité avant l’intégration politique. Et ce compromis a toujours été plus fort quand les deux pouvoirs étaient politiquement opposés. « L’Europe marche sur le modèle d’une grande coalition. Le débat Hollande-Merkel, c’est le débat gauche-droite, stabilité-croissance. Ce sont des controverses nécessaires », juge l’expert.
(Source : agences)
François Hollande et Angela Merkel célébreront demain le 50e anniversaire de la réconciliation franco-allemande, scellée dans la cathédrale de Reims le 8 juillet 1962 par le général de Gaulle et Konrad Adenauer. Ainsi depuis 50 ans, le compromis franco-allemand est devenu le moteur obligé de la construction européenne, et cela devrait continuer ainsi, même si M. Hollande a affiché sa volonté de sortir du tête-à-tête exclusif entretenu par Nicolas Sarkozy avec Mme Merkel.« La relation franco-allemande demeure le socle de la construction européenne car l’histoire nous a donné une responsabilité particulière », a souligné mardi le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault. Ancien professeur d’allemand, il voulait ainsi répondre à l’opposition qui accuse le nouveau pouvoir socialiste d’avoir en quelques...
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