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Moyen Orient et Monde - Histoire

L’Algérie fête ses 50 ans avec un sentiment d’inachevé...

La presse privée dans son ensemble dresse un bilan critique de ce demi-siècle passé.

Un des spectacles donnés à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance. Louafi Larbi/Reuters

L’Algérie a fêté hier ses 50 ans d’indépendance, arrachée par la force d’une révolution aux résultats inachevés pour ceux qui avaient rêvé d’un pays libre et développé, eu égard aux immenses richesses en hydrocarbures.
Première démarche du président de la République hier matin : Abdelaziz Bouteflika s’est rendu au monument des martyrs sur les hauteurs d’Alger pour se recueillir à la mémoire des centaines de milliers de combattants contre la France, l’ancienne puissance coloniale. Cette guerre de sept ans et demi a fait, selon Alger, 1,5 million de morts algériens. Entouré des hautes autorités militaires et civiles, M. Bouteflika, 75 ans, qui avait lui-même participé à la lutte de libération, a déposé une gerbe de fleurs devant cet imposant monument qui domine la baie d’Alger, dans un moment grave et solennel.
Le chef de l’État a ensuite présidé la cérémonie annuelle de promotion d’officiers supérieurs de l’armée. Trente et un colonels sont devenus des généraux, dont une femme Fatma Boudouani – la deuxième à ce rang dans l’armée –, dix généraux obtenant le grade de général-major.
Et comme tous les ans, M. Bouteflika a gracié des détenus – au nombre et à l’identité non précisés – qui n’ont pas été impliqués dans les violences islamistes durant la guerre civile des années 90, qui a fait 200 000 morts.
Le coup d’envoi des célébrations, qui vont durer jusqu’au 5 juillet 2013, avait été donné mercredi soir, par une comédie musicale intitulée Les héros du destin, avec près de 800 artistes, danseurs et chanteurs dans la ville portuaire de Sidi Fredj, à l’ouest d’Alger, lieu du débarquement français en 1830.
Le spectacle, dédié à la lutte des Algériens contre l’occupation française, suivi d’un feu d’artifice géant, a été retransmis en direct par la télévision algérienne, tandis qu’un second feu d’artifice a eu lieu prévu hier soir au-dessus du sanctuaire des martyrs.
En plein centre d’Alger, les beurs toulousains de Zebda ont donné un grand concert, retransmis par la radio algérienne, avec le concours de Radio France, un clin d’œil à tous les Algériens de l’étranger.
Pour donner un écho international à cette célébration, les autorités ont fait diffuser un publireportage de 16 pages par le quotidien français Le Monde. Le président Bouteflika et des membres de son gouvernement qualifient de positif le bilan de ces 50 ans. Une initiative qui a coûté, selon des sources informées citées par les journaux el-Watan et Dernières Nouvelles d’Algérie, un million et demi d’euros.
Mais la presse privée dans son ensemble dresse un bilan critique de ce demi-siècle. « Des espoirs fous à la réalité sordide », titrait hier en une le quotidien francophone Le Soir, qui fait un rapide survol de la révolution engagée dans le socialisme avant que le pays ne sombre dans l’ « anarchie », le « bazar » et une « guerre civile impitoyable » (de 1992 jusqu’au début des années 2000). « Libérée, regrette le quotidien Liberté dans un éditorial, l’Algérie n’a même pas eu le temps de savourer sa victoire que des clans se sont déchaînés pour la prise du pouvoir. »
Pour l’ensemble des journaux, l’échec le plus important a été l’incapacité de ce pays de sortir de son statut d’État rentier, avec 98 % de ses recettes issues des ventes d’hydrocarbures. L’an dernier, le secteur industriel ne représentait que 5 % du PIB.
(Source : AFP)
L’Algérie a fêté hier ses 50 ans d’indépendance, arrachée par la force d’une révolution aux résultats inachevés pour ceux qui avaient rêvé d’un pays libre et développé, eu égard aux immenses richesses en hydrocarbures.Première démarche du président de la République hier matin : Abdelaziz Bouteflika s’est rendu au monument des martyrs sur les hauteurs d’Alger pour se recueillir à la mémoire des centaines de milliers de combattants contre la France, l’ancienne puissance coloniale. Cette guerre de sept ans et demi a fait, selon Alger, 1,5 million de morts algériens. Entouré des hautes autorités militaires et civiles, M. Bouteflika, 75 ans, qui avait lui-même participé à la lutte de libération, a déposé une gerbe de fleurs devant cet imposant monument qui domine la baie d’Alger, dans un moment...
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