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Hind Hobeika développe les « goggles » du futur

Innovation Une jeune ingénieure libanaise est sur le point de révolutionner la technologie sportive.
Esther SPITZ | OLJ
05/07/2012

Le 28 juin, Hind Hobeika et son équipe ont remporté le 1er prix du MIT Enterprise Arab Business Plan. Cette compétition a pour objet de récompenser de jeunes équipes du monde arabe pour leurs projets. Ils présentaient le ButterflEye, des lunettes de natation (goggles) qui permettent au nageur de connaître précisément son rythme cardiaque tout au long de l’effort.


Hind, qui combine une passion pour la natation avec son métier d’ingénieur, faisait partie de l’équipe de natation de l’université. Elle explique qu’auparavant, les méthodes utilisées par les nageurs étaient inadaptées. Pendant les séances d’entraînement de l’équipe à l’AUB, son coach leur faisait compter leur rythme cardiaque en se prenant le pouls une fois l’exercice terminé. Or cette méthode est imprécise et ne permet pas d’ajuster sa performance pendant l’effort. Quant aux accessoires qui existent, comme certaines montres, ils gênent le nageur et sont peu pratiques. L’idée des lunettes a donc germé à ce moment-là. En 2009, la jeune femme est sélectionnée parmi 7 000 candidats pour participer à l’émission qatarie de téléréalité Les Stars de la science. L’émission réunit de jeunes scientifiques du monde arabe dans un environnement où ils ont accès à du matériel et collaborent avec des ingénieurs et des designers, avec pour but de les voir développer leurs projets originaux. Arrivée avec un simple projet, elle a réussi à créer un premier prototype. Elle était la seule femme finaliste, et s’est placée 3e, remportant un prix de 100 000 dollars.


Les ButterflEye sont des lunettes de natation – goggles – équipées de capteurs qui transmettent des impulsions électriques, correspondant au rythme cardiaque, à un voyant. Si le voyant est vert, le nageur a atteint son rythme, s’il est jaune, il doit accélérer, s’il est rouge, il doit ralentir.


Après l’émission, Hind hésite à créer immédiatement sa propre entreprise : elle avait l’argent nécessaire, et le brevet déposé aux États-Unis, mais reculait devant l’idée de s’engager dans cette aventure sans expérience et sans partenaire pour l’aspect créatif du produit. Après un an de négociations avec le Fonds Berytech, elle a enfin fondé le ButterflEye project. L’entreprise emploie aujourd’hui 6 personnes et comprend un département business et un département développement technique et design, que Hind gère en parallèle tout en y travaillant. Les débuts ont été difficiles, explique-t-elle, surtout s’agissant de développer la bonne stratégie marketing. À chaque nouveau business plan, l’équipe faisait plus de recherches mais pour s’apercevoir que sa stratégie n’était pas la bonne. Avec les ateliers de la compétition de MIT et un travail acharné, Hind et ses collaborateurs ont maintenant réussi à établir leur plan, et « tout va très vite et se passe bien », se réjouit-elle. Hind et son équipe espèrent pouvoir bientôt commercialiser les premières lunettes ButterflEye, à environ 100$ la pièce. D’ici là, les projets fourmillent, en particulier l’ajout de nouvelles fonctions aux lunettes, sur lequel le département technique travaille déjà : comptage des longueurs effectuées, des calories dépensées, etc.


La démarche de Hind s’inscrit dans le mouvement du « Quantified Self. » L’idée centrale est que les athlètes, professionnels ou amateurs, doivent être attentifs à leur corps à chaque instant. Il s’agit, par exemple, de savoir combien de calories l’on dépense en montant un escalier ou en marchant, afin d’adapter son alimentation quotidienne et ses entraînements. La technologie disponible aujourd’hui facilite grandement cette démarche. C’est pourquoi ButterflEye s’ingénie à créer toujours plus de liens entre la technologie et le sport.

Geekfest Beirut 5.0
C’est dans l’optique de populariser cette approche que Hind participera ce soir au Festival Geekfest Beirut 5.0, organisé à l’initiative de la Online Collaborative. Le mot d’ordre ? Le geek, c’est chic !


Le festival se veut un événement social pour aficionados du net et de la technologie, où la liberté de la toile est transposée dans le réel. Son but est d’exposer aux yeux du monde la subculture « geek » : sa mode, ses tendances, sa musique. Les organisateurs l’ont voulu « intentionnellement biologique, gratuit et facile » depuis sa création à Dubaï en 2009. Il y a eu des éditions dans tout le Moyen-Orient (EAU, Liban, Égypte, Syrie, Jordanie), chacune différente dans son style et son contenu, pour refléter la diversité de la région.


Pour cette édition à Beyrouth, de jeunes professionnels qui allient technologie et art (mode, design, musique) viendront donner de brèves conférences. Suivra un défilé de mode, avec des geeks et des « real people » comme mannequins, regroupant le travail de jeunes designers et stylistes libanais. La soirée se clôturera par un concert, un tirage au sort et deux DJ. Il y aura aussi tout au long de l’événement une exposition faite par Sandra Issa sur l’influence que la musique exerce sur l’art.


Le festival aura lieu au Alleyway, Gemmayzé. Préenregistrement à partir de 19h30, début du programme à 20h.

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