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Moyen Orient et Monde - Révolte

Une énième réunion internationale sur la Syrie... cette fois à Paris

Divergences de l’opposition ; au moins 70 morts hier.

Dans une nouvelle tentative de résoudre la crise syrienne, des pays occidentaux et arabes et des opposants syriens se réuniront demain à Paris pour tenter d’obtenir le départ du président Bachar el-Assad, en dépit de l’opposition de la Russie qui boycotte cette troisième rencontre des Amis du peuple syrien. D’ailleurs, la France et la Grande-Bretagne ont exhorté Moscou à cesser de soutenir « le régime meurtrier » d’Assad, soulignant qu’il était « condamné ». La Russie, alliée du régime, a de son côté démenti toute discussion avec Washington concernant l’avenir de M. Assad, à la suite d’informations de presse selon lesquelles les États-Unis tenteraient de convaincre le Kremlin d’accorder l’asile politique au chef d’État contesté.
La Chine a quant à elle demandé que soit appliqué au plus vite « l’esprit » de l’accord sur la Syrie conclu samedi à Genève, laissant entendre qu’elle n’assisterait pas à la conférence des Amis du peuple syrien à Paris.

Main dans la main
Parallèlement, Jean-Marc Ayrault s’est réjoui de la participation de Hillary Clinton à cette conférence, soulignant que Paris et Washington travaillaient « main dans la main » sur ce dossier, dans un discours dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur des États-Unis à Paris dans le cadre des festivités du 4 Juillet. « Aucune solution ne pourra émerger sans une concertation étroite entre nos deux pays », a-t-il déclaré, déplorant une « tragédie d’une violence inouïe ». Avant Jean-Marc Ayrault, l’ambassadeur des États-Unis Charles Rivkin a également loué l’entente franco-américaine sur le sujet : « Tant que nous serons ensemble, que nous croirons dans les mêmes valeurs, que nous serons guidés par les mêmes principes, nous pourrons relever n’importe quel défi. »
À Genève, les grandes puissances, dont la Russie, la Turquie et des pays arabes, étaient arrivées à un consensus sur les principes d’une transition en Syrie avant de diverger sur l’interprétation de l’accord. Washington avait estimé qu’il ouvrait la voie à l’ère « post-Assad », tandis que Moscou et Pékin réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir. Le ministère syrien des Affaires étrangères, qui n’avait pas réagi jusque- là, s’est félicité hier de la position russe et chinoise, saluant l’accord tout en émettant des réserves sur « certains points », sans élaborer.

Divergences
À ces divisions, persistantes depuis le début de la révolte, s’ajoutent les divergences de l’opposition, dont les pourparlers au Caire se sont terminés dans une ambiance tendue au point que certains en sont venus aux mains, sans compter l’incompréhensible (et inadmissible) problème avec les Kurdes. Au bout de deux jours de réunions, 200 représentants de 30 mouvements d’opposition sont parvenus à se mettre d’accord sur une transition excluant M. Assad, mais ont laissé percer leurs divergences sur la façon d’y parvenir. Des participants ont rapporté que des opposants avaient claqué la porte, accusant les autres de monopoliser les décisions. Vendredi, la conférence de Paris consistera d’ailleurs à « encourager » l’opposition syrienne à s’unifier et à « accroître la pression sur le régime syrien pour que soit appliqué le plan de Genève » et un cessez-le-feu jamais respecté, selon une source diplomatique occidentale.

Défection
Sur le terrain, les combats entre rebelles et armée faisaient toujours rage hier, notamment à proximité d’une branche des renseignements aériens, l’un des organes les plus redoutés du régime, près de la capitale, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme, annonçant la mort d’au moins 70 personnes. 26 militaires ont péri dans des combats à Homs, Idleb, Deir ez-Zor et dans la province de Damas. À Homs, les forces gouvernementales bombardaient deux quartiers rebelles, selon un militant joint par Skype.
Un général syrien du corps du génie a par ailleurs fait défection hier en Turquie où il a rallié le camp des insurgés, portant à 16 le nombre d’officiers supérieurs de l’armée à avoir déserté, a annoncé l’Armée syrienne libre (ASL). Au total, quelque 250 officiers de l’armée loyaliste ont rejoint l’ASL dans la province de Hatay, dans le sud de la Turquie, où les autorités fournissent aux rebelles syriens un soutien logistique.
Parallèlement, le groupe islamiste du Front al-Nousra a revendiqué la responsabilité de l’attentat commis la semaine dernière contre le siège de la chaîne de télévision syrienne Ikhbariya lors duquel sept personnes avaient trouvé la mort.
Par ailleurs, les corps des deux pilotes de l’avion de combat turc abattu le 22 juin par la défense syrienne ont été retrouvés en mer, selon l’armée turque. Ankara soutient que l’avion s’entraînait dans l’espace aérien international, alors que Damas affirme qu’il était entré dans son espace aérien. Une source russe a indiqué que l’avion avait « provoqué » la défense antiaérienne syrienne, en violant « deux fois » l’espace aérien de ce pays.

Assad accuse
M. Assad a regretté cet incident dans un entretien à un journal turc, en rejetant les accusations d’Ankara. Le président syrien a même été jusqu’à accuser le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, d’avoir rendu la Turquie complice du massacre syrien en interférant dans les affaires internes de Damas et en apportant un soutien logistique aux insurgés. « Avec son désir, depuis le début, d’interférer dans nos affaires internes, il a malheureusement rendu par la suite la Turquie complice de tous les actes sanglants perpétrés en Syrie. La Turquie a apporté toutes sortes de soutiens logistiques aux terroristes qui tuent notre peuple », a-t-il ainsi déclaré dans la seconde partie de l’interview au journal Cumhuriyet publiée hier.
Enfin, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé les autorités jordaniennes de placer en détention des Palestiniens ayant fui la Syrie et en avoir contraint certains à retourner dans ce pays.

(Sources : rédaction et agences)
Dans une nouvelle tentative de résoudre la crise syrienne, des pays occidentaux et arabes et des opposants syriens se réuniront demain à Paris pour tenter d’obtenir le départ du président Bachar el-Assad, en dépit de l’opposition de la Russie qui boycotte cette troisième rencontre des Amis du peuple syrien. D’ailleurs, la France et la Grande-Bretagne ont exhorté Moscou à cesser de soutenir « le régime meurtrier » d’Assad, soulignant qu’il était « condamné ». La Russie, alliée du régime, a de son côté démenti toute discussion avec Washington concernant l’avenir de M. Assad, à la suite d’informations de presse selon lesquelles les États-Unis tenteraient de convaincre le Kremlin d’accorder l’asile politique au chef d’État contesté.La Chine a quant à elle demandé que soit appliqué au plus...
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