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Moyen Orient et Monde - Tunisie

L’organe chargé des médias se saborde

L’instance tunisienne chargée de réformer le secteur des médias pour garantir leur indépendance s’est sabordée hier, accusant le gouvernement islamiste d’user d’ « outils de désinformation et de censure », selon le président de l’Instance indépendante chargée de réformer l’information et la communication (INRIC). « L’Instance met en garde contre la gravité de la situation dans le domaine de l’information », a ajouté en conférence de presse Kamel Labidi. Ce journaliste, contraint à l’exil sous le régime du président déchu Ben Ali, a souligné que le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda a « ignoré » le rapport de l’INRIC de fin avril qui notait déjà des « dérives » et appelait à « remédier à la destruction systématique des médias ».
L’organisation Reporters sans frontières s’est aussi de nouveau inquiétée de l’évolution de la liberté de la presse. « Non, on ne va plutôt pas dans le bon sens en ce moment, il faut aussi être lucide, mais il y a quand même une société civile forte extrêmement mobilisée », a déclaré Olivia Gré, directrice de RSF à Tunis. Pour la journaliste indépendante Naziha Rjiba, il revient à la société civile de tout faire pour garantir la liberté d’expression. « Il y a dans la société civile des composantes ainsi que des citoyens qui vont défendre la liberté de la presse, le citoyen n’est plus passif comme avant », a-t-elle dit, regrettant qu’ « Ennahda n’ait pas réagi favorablement à l’INRIC qui a présenté une conception pour que les médias tunisiens soient libres, indépendants et professionnels ».
L’INRIC a été créée après la révolution de 2011 pour réformer le secteur des médias et garantir la liberté d’expression et de la presse dans le pays. Cet organe et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé ces derniers mois le manque d’empressement du gouvernement en la matière. Il s’agit notamment de l’application des décrets 115 et 116 destinés à garantir la protection des journalistes et jetant la base d’un cadre régulateur pour les nouveaux médias audiovisuels. L’Union européenne avait de son côté conditionné en mai le versement de 100 millions d’euros de fonds à la Tunisie à la mise en œuvre de ces textes.
Le monde médiatique tunisien a été marqué ces derniers mois par une série de scandales. Le dernier en date concerne le limogeage controversé samedi de Sadok Bouaben, directeur de la chaîne el-Wataniya. M. Bouaben a été démis, selon les médias officiels, car sa chaîne a invité à l’antenne une ex-responsable du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu.
L’annonce de l’INRIC intervient aussi dans un contexte de vives tensions politiques entre le gouvernement et le chef de l’État, Moncef Marzouki. La présidence s’est offusquée de l’extradition controversée de l’ancien Premier ministre libyen el-Baghdadi el-Mahmoudi le 24 juin vers Tripoli sur décision du chef du gouvernement tunisien, l’islamiste Hamadi Jebali.
D’autres désaccords viennent alourdir le climat entre les partenaires de la coalition au pouvoir. Ainsi, la décision de M. Marzouki la semaine dernière de limoger le gouverneur de la Banque centrale, Mustapha Kamel Nabli, semble être restée sans effet.
(Source : AFP)
L’instance tunisienne chargée de réformer le secteur des médias pour garantir leur indépendance s’est sabordée hier, accusant le gouvernement islamiste d’user d’ « outils de désinformation et de censure », selon le président de l’Instance indépendante chargée de réformer l’information et la communication (INRIC). « L’Instance met en garde contre la gravité de la situation dans le domaine de l’information », a ajouté en conférence de presse Kamel Labidi. Ce journaliste, contraint à l’exil sous le régime du président déchu Ben Ali, a souligné que le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda a « ignoré » le rapport de l’INRIC de fin avril qui notait déjà des « dérives » et appelait à « remédier à la destruction systématique des médias ».L’organisation Reporters...
commentaires (2)

Le peuple a choisi et le peuple en pâtira. Tant pis!

Pierre Hadjigeorgiou

06 h 35, le 06 juillet 2012

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Commentaires (2)

  • Le peuple a choisi et le peuple en pâtira. Tant pis!

    Pierre Hadjigeorgiou

    06 h 35, le 06 juillet 2012

  • Petit à petit,ces islamistes dits "démocrates" font leut nid et montrent leur vrai visage...pourtant,ils vaient tout annocé...ils ne prennent personne en traître,il faut le leur reconnaïtre...les cons sont ceux qui n'ont rien voulu voir...pas les islamistes,droits dans leurs babouches...et qui font ce qu'ils avaient dit qu'ils allaient faire...

    GEDEON Christian

    04 h 28, le 05 juillet 2012

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