L’ex-patron de la banque Barclays, Bob Diamond, a reconnu hier des « comportements répréhensibles » au sein de l’établissement, devant des députés britanniques qui lui demandaient de s’expliquer sur le scandale du Libor. Luke MacGregor/Reuters
Selon lui, quatorze traders de Barclays ont pris part à ces actions. Il a toutefois affirmé que la direction de la banque avait géré le problème « de manière appropriée » dès qu’elle en a eu connaissance, soulignant que les autorités réglementaires ont salué la coopération de l’établissement pendant l’enquête. Le scandale a éclaté mercredi dernier, lorsque Barclays a révélé qu’elle allait payer au total l’équivalent de 290 millions de livres – soit environ 360 millions d’euros – pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain dans une affaire de manipulation des taux interbancaires britannique Libor et européen Euribor entre 2005 et 2009. Ces taux interbancaires définissent le prix auquel les banques se prêtent de l’argent mais aussi, indirectement, ceux des crédits aux ménages et aux entreprises.
L’affaire menace désormais de s’étendre au rôle de la Banque d’Angleterre (BoE) et du gouvernement travailliste de l’époque. Le ministre conservateur des Finances, George Osborne, a en effet estimé que l’entourage de l’ancien Premier ministre travailliste, Gordon Brown, était « clairement impliqué » dans l’affaire, dans un entretien à l’hebdomadaire The Spectator. Barclays avait révélé mardi une discussion téléphonique entre M. Diamond et l’un des vice-gouverneurs de la BoE, Paul Tucker, au moment de la crise financière de 2008. Un ancien patron de Barclays Capital, Jerry Del Missier, qui a démissionné mardi, a interprété des propos de M. Tucker comme un encouragement à abaisser les taux du Libor. Cette pratique aurait permis à la banque d’apparaître en meilleure santé financière qu’elle ne l’était en réalité. « Whitehall (terme générique pour évoquer les ministères) avait été informé que Barclays avait le Libor le plus élevé. Ils pouvaient penser que nous ne pouvions pas nous financer et qu’il fallait nationaliser la banque », a indiqué M. Diamond, pour expliquer la teneur de la conversation avec M. Tucker. Ce dernier a demandé à être entendu par les députés « dès que possible » pour présenter sa version des faits.
M. Diamond avait annoncé sa démission mardi, suivi un peu plus tard par le tout nouveau directeur des opérations M. Del Missier, laissant à la banque la tâche difficile de leur trouver des successeurs. Le scandale promet de s’étendre au fil des enquêtes. D’autres banques, comme Royal Bank of Scotland (RBS), sont en effet incriminées dans cette affaire. En plus du volet réglementaire, les autorités britanniques envisagent également des poursuites pénales contre les banquiers concernés.
Par ailleurs, le Premier ministre, David Cameron, a annoncé une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur ce « scandale révoltant ». Les députés doivent aussi voter jeudi sur l’ouverture d’une enquête indépendante menée par un juge – réclamée par l’opposition travailliste – sur le modèle de la commission Leveson lancée après le scandale des écoutes téléphoniques dans les médias.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Ce qui est incroyable,c'est que ce type là soit encore ne liberté...j'en connais qui vont en taule pour rien...à croire qu'il faut voler beaucoup,beaucoup pour être tranquille...
04 h 40, le 05 juillet 2012