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À La Une - Rencontre

A Beyrouth, Sandrine Bonnaire présente « J’enrage de son absence »

En visite au Liban dans le cadre de la Semaine de la critique de Cannes qui se déroule au Métropolis Empire Sofil, la comédienne et réalisatrice française parle de son premier long-métrage. Une rencontre où le soleil était au rendez-vous.

Les cinéphiles l’ont connue toute jeune sur les plateaux de Maurice Pialat, « sa bonne étoile », dira-t-elle, mais aussi sur ceux d’autres réalisateurs français, notamment Chabrol, Varda ou Sautet. Du film À nos Amours à Elle s’appelle Sabine (un documentaire évoquant l’autisme à travers le portrait de sa sœur Sabine), Sandrine Bonnaire réalise un parcours jalonné de défis et de hasards.
La comédienne a gardé ses boucles blondes et ses mèches rebelles, son regard tendre et ce doux sourire qui se dessine sur ses lèvres dissimulant un lot de blessures cicatrisées (?). C’est toujours avec la même pudeur qu’elle s’engage dans des projets personnels qui dévoilent son esprit débridé.
J’enrage de son absence, coécrit avec Jérôme Tonnerre et présenté à la 65e édition du Festival de Cannes, parle d’illégitimité, de double vie, mais aussi d’autodestruction et de reconstruction dans une cellule familiale. Bonnaire ne propose aucune fin précise au film et ne porte aucun jugement sur ces personnages qui vont basculer tout d’un coup dans un climax « de rage et de fureur ». « Car chacun enrage à sa façon et seul le personnage du père interprété par Augustin Legrand assure l’équilibre parmi tous ces caractères qui mènent une double vie », dira-t-elle.
Il s’agit en effet de Jacques – magnifiquement interprété par William Hurt – qui ressurgit dans la vie de Mado (Alexandra Lamy) après dix ans d’absence. Celle-ci est mariée et a refait sa vie après le drame (la perte d’un enfant) qui les a touchés à elle et à Jacques. Quant à ce dernier, il voudrait se rapprocher du fils actuel de Mado, Paul, pour « ressusciter ». Celle-ci le laissera-t-elle ? Sandrine Bonnaire brosse ces sentiments avec beaucoup de finesse « à l’ancienne », précisera-t-elle, rapprochant sa caméra des personnages comme pour sonder leur intérieur. « Je suis partie d’un sujet personnel, poursuit-elle, pour bâtir une fiction à partir de l’histoire de cet homme que ma mère avait aimé et que j’ai retrouvé vingt ans après. »

Devant et derrière la caméra
Dans ce long-métrage, on retrouve certes des repères autobiographiques comme la vie de banlieue, la solitude de la mère et les vies troubles de l’un ou de l’autre des personnages, mais on retrouve surtout William Hurt qui a traversé la vie de Sandrine Bonnaire et dont il a eu une fille. Le regard que porte la réalisatrice sur cet acteur est celui d’une cinéaste mettant en évidence tout le talent de ce comédien à qui l’on ne confiait dernièrement que des seconds rôles. « J’ai voulu avoir ma touche personnelle dans la mise en scène, ne ressembler à personne », signale la comédienne. C’était donc un défi pour elle que de ne pas subir les influences diverses des prédécesseurs à qui elle doit néanmoins beaucoup de respect, mais la cinéaste en herbe a su le relever.
Dédoublement, dans le jeu, dans l’écriture d’un roman (Le soleil me trace la route) et aujourd’hui dans la mise en scène qu’elle considère « comme un exercice jouissif » – on perçoit alors comme des pépites de lumière dans son regard –, tout ce travail converge vers d’autres défis et d’autres aventures.


Devant ou derrière la caméra, Sandrine Bonnaire est cette passeuse de mots, de silences qui font du bruit et d’un tas d’émotions. Infatigable et brisant les codes à sa manière car elle refuse de s’y embrigader, cet électron libre se dit prête à réaliser d’autres films et à être au service de l’écriture tout en acceptant par ailleurs des rôles, non pas uniquement pour l’esprit de compétition, mais pour le plaisir du partage.


Quel parcours la vie choisit pour nous ? Comment le destin se charge de nous jouer des tours et comment peut-on évoluer malgré les difficultés ? Telles sont les questions qui ne cessent de fasciner la comédienne et réalisatrice qui s’emploie par tous les moyens mis à sa disposition pour les mettre à nu. Et le soleil sera certainement encore là pour lui tracer la route.

Les cinéphiles l’ont connue toute jeune sur les plateaux de Maurice Pialat, « sa bonne étoile », dira-t-elle, mais aussi sur ceux d’autres réalisateurs français, notamment Chabrol, Varda ou Sautet. Du film À nos Amours à Elle s’appelle Sabine (un documentaire évoquant l’autisme à travers le portrait de sa sœur Sabine), Sandrine Bonnaire réalise un parcours jalonné de défis et de hasards.La comédienne a gardé ses boucles blondes et ses mèches rebelles, son regard tendre et ce doux sourire qui se dessine sur ses lèvres dissimulant un lot de blessures cicatrisées (?). C’est toujours avec la même pudeur qu’elle s’engage dans des projets personnels qui dévoilent son esprit débridé.J’enrage de son absence, coécrit avec Jérôme Tonnerre et présenté à la 65e édition du Festival de Cannes, parle...
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