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Moyen Orient et Monde - Égypte

Le défi de Morsi : un cabinet d’ouverture

Le PM israélien Benjamin Netanyahu a fortement encouragé par courrier le président Morsi à soutenir le traité de paix signé en 1979 entre Israël et l’Égypte. Abir Sultan/AFP

Le premier président civil d’Égypte, l’islamiste Mohammad Morsi, entamait hier un mandat aux pouvoirs limités par les vastes prérogatives de l’armée, avec pour première tâche la formation d’un « gouvernement de coalition » pour donner des gages d’ouverture.


M. Morsi avait officiellement prêté serment samedi, avant de se voir remettre le pouvoir exécutif par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui Hosni Moubarak avait confié les rênes du pays lors de sa démission en février 2011. De nombreux journaux saluaient hier l’arrivée d’un civil à la tête d’un pays dirigé depuis la chute de la monarchie en 1952 par des présidents issus de l’armée. « Le début d’une nouvelle époque », titrait notamment le quotidien gouvernemental al-Akhbar, tandis que l’indépendant al-Watan relevait que si « le président est officiellement investi, le peuple attend la concrétisation des promesses dans les 100 premiers jours », en allusion notamment aux engagements de M. Morsi de redresser une situation économique difficile.


L’armée avait promis samedi de se « tenir au côté du président », mais le nouveau président reste sous l’étroite surveillance de la junte militaire, qui conserve un droit de veto sur toute loi, toute mesure budgétaire ou tout article de la future Constitution. Élu pour quatre ans, M. Morsi veut quant à lui s’appuyer sur la légitimité populaire que lui donne son élection avec 51,7 % des voix contre un ancien Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq. Vendredi, il avait symboliquement prêté serment devant des dizaines de milliers de personnes sur la place Tahrir, « place de la liberté et de la révolution » contre le régime Moubarak, selon ses propres termes.


La tâche la plus urgente du nouveau président sera de former un gouvernement susceptible de donner des gages d’ouverture, notamment à l’égard des chrétiens et de la société civile plutôt laïque, à qui la place Tahrir doit d’être devenue « la place de la liberté », et d’élargir ses soutiens face aux militaires. L’entourage de M. Morsi avait dès la semaine dernière laissé entendre qu’il souhaitait former un « gouvernement de coalition » dirigé par une « personnalité indépendante ». Les noms de l’ancien chef de l’agence atomique de l’ONU, Mohammad el-Baradei, ou de l’ancien ministre des Finances Hazem el-Beblawi ont circulé, mais sans confirmation formelle. M. el-Baradei est apparu hier au premier rang des invités lors d’une cérémonie à l’université du Caire à laquelle étaient présents M. Morsi et le chef de l’armée, le maréchal Tantaoui.
Mais des responsables du Parti de la justice et de la liberté (PLJ), émanation des Frères musulmans, cités par la presse hier, affirmaient que les tractations devaient réellement commencer dans la semaine. Un des dirigeants du PLJ, Saad Hosseini, a déclaré au quotidien gouvernemental al-Akhbar qu’il était « impossible que le poste de Premier ministre soit détenu par un membre des Frères ou du PLJ », confirmant implicitement le désir d’ouverture du président.

Netanyahu et Pérès
En attendant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a envoyé une lettre au président Morsi pour l’encourager à soutenir le traité de paix signé en 1979 entre les deux pays, a indiqué hier un responsable officiel israélien.


Dans cette lettre remise via l’ambassade d’Israël au Caire et dont l’existence a été révélée par le quotidien Haaretz, M. Netanyahu souligne « le désir d’Israël de poursuivre la coopération et de renforcer la paix », a ajouté ce responsable qui a requis l’anonymat, en précisant que la missive avait été envoyée « ces derniers jours ». M. Netanyahu souligne que respecter l’accord est dans « l’intérêt des deux pays », a ajouté le Haaretz, qui précise que des responsables israéliens ont renoncé, après avoir consulté Washington, à organiser un entretien téléphonique direct entre le président égyptien et le Premier ministre israélien, mais que M. Netanyahu a envoyé un émissaire pour rencontrer des responsables militaires égyptiens. Il n’empêche : un porte-parole de la présidence égyptienne a indirectement démenti cette information, assurant que « le seul message d’Israël que le président Morsi ait reçu est un message de félicitations ».


De son côté, le président israélien Shimon Peres a lui aussi envoyé un message de félicitations à son homologue égyptien en soulignant que « contrairement à la guerre, la paix est une victoire pour les deux parties ». S’adressant à M. Morsi, M. Pérès, Prix Nobel de la paix 1994, a exprimé l’espoir d’ « une poursuite de la coopération avec vous, fondée sur les accords de paix signés entre nous il y a plus de trois décennies et que nous sommes déterminés à préserver et développer pour les futures générations de nos deux peuples ».

Un milliard de dollars
Par ailleurs, l’Égypte a signé hier un accord portant sur un milliard de dollars de financement de la Banque islamique de développement (BID) basée en Arabie saoudite, destiné à l’achat de produits pétroliers et alimentaires. L’accord a été signé par la ministre de la Coopération internationale Fayza Aboul Naga et une filiale de l’institution financière islamique, a indiqué l’agence officielle MENA.

Le premier président civil d’Égypte, l’islamiste Mohammad Morsi, entamait hier un mandat aux pouvoirs limités par les vastes prérogatives de l’armée, avec pour première tâche la formation d’un « gouvernement de coalition » pour donner des gages d’ouverture.
M. Morsi avait officiellement prêté serment samedi, avant de se voir remettre le pouvoir exécutif par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui Hosni Moubarak avait confié les rênes du pays lors de sa démission en février 2011. De nombreux journaux saluaient hier l’arrivée d’un civil à la tête d’un pays dirigé depuis la chute de la monarchie en 1952 par des présidents issus de l’armée. « Le début d’une nouvelle époque », titrait notamment le quotidien gouvernemental al-Akhbar, tandis que l’indépendant al-Watan relevait...
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