Ciel étoilé, température idéale : les spectateurs envahissent le célèbre parc avec plaisir. Stan Honda/AFP
Ciel étoilé, température idéale : les spectateurs ne se contentent pas des chaises mises en place par les organisateurs au Naumburg Bandshell, sorte de kiosque en forme de coquillage. Certains ont envahi les pelouses voisines et écoutent allongés, les yeux dans les étoiles. Le décor est simple et, faute de rideaux, rien n’est épargné au spectateur des changements de décor. Mais qu’importe, la magie opère. « Je choisis des opéras que tout le monde veut voir. Et les gens viennent de tout le pays », a ainsi expliqué Vincent La Selva peu avant la représentation.
Pour nombre de spectateurs, de tous les âges, cette rare expérience est souvent une façon de découvrir un univers encore perçu comme réservé à une élite. « Ce qui est très intéressant, c’est que nous avons beaucoup de jeunes, c’est très inhabituel », se réjouit le maestro. « Les jeunes de 19 ou 20 ans, habituellement, ne vont pas à l’opéra. Mais là parfois, je croise des gens dans la rue qui me disent “Jai découvert l’opéra pour la première fois de ma vie avec vous à Central Park, et je vais désormais très souvent à l’opéra.” C’est superbe ! » commente le fondateur et directeur de l’opéra de New York.
L’idée d’un opéra gratuit en plein air à Central Park est née en 1973, d’une responsable de la culture de la ville. « Elle m’a demandé si je pouvais faire un opéra à Central Park. Elle m’a emmené au Naumburg Bandshell », au cœur du gigantesque parc de Manhattan. « Et en moins de dix secondes, je lui ai dit oui ». Depuis, le chef d’orchestre a dirigé plus de 50 productions différentes, parfois jusqu’à cinq par an. Ces dernières années, il n’en fait plus que deux ou trois par an. Avec son orchestre entier, la soirée revient cher. Et le budget disponible a diminué.
Mais en 39 ans, plus de 3 millions de personnes sont venues selon lui assister à ses représentations à Central Park et ailleurs dans les environs de New York. « Nous sommes huit à neuf millions de personnes à New York. Et nous avons un nombre incroyable de personnes de talent. » M. La Selva s’enorgueillit d’en avoir découvert plusieurs. Et, dit-il, il sait qu’il peut compter sur des artistes à la carrière internationale, comme le ténor mexicain Alejandro Olmedo.
Le cadre en plein air de Central Park, tout magique qu’il soit, n’est pas sans souci. La météo, parfois, contrarie les plans. Il peut faire extrêmement chaud et le vent aussi parfois s’invite. L’an dernier par exemple, une des représentations a dû être reportée. Mais le grand opéra de New York s’est aussi produit par des températures de plus de 37 degrés et des vents soufflant à 65 km/h.
Pour sa seconde soirée le 18 juillet, M. La Selva a prévu de donner Madame Butterfly, autre opéra de Puccini. Et l’an prochain, pour le 40e anniversaire de ces soirées en plein air, il compte mettre à l’honneur Guiseppe Verdi, l’un de ses compositeurs favoris.
(Source : AFP)

