Le laboratoire de recherche au sein de la faculté des sciences de l’UL à Fanar a été modernisé, il y a quelques années, et équipé de nouveaux appareils.
Quel est le meilleur contenant pour l’huile d’olive? Quelles sont les interactions entre une boîte en carton et une pizza? Quel est l’impact du papier sur une man’ouché? Dans quels contenants peut-on réchauffer sans danger les aliments au four à micro-ondes? Les questions sont nombreuses. C’est normal puisque l’emballage est omniprésent dans notre mode de vie. Bouteilles, boîtes, cartons, caisses, flacons, pots, films, papiers ou encore barquettes. Outre leur fonction de protection, ces contenants jouent un rôle important dans la conservation et le transport de la nourriture. «Les emballages sont souvent fabriqués au Liban. La matière première, elle, est importée de l’étranger, affirme le Dr Jacqueline Maalouly, professeure assistante au département de chimie de la faculté des sciences de l’Université libanaise. Les enjeux sont importants. Les études existantes sont contradictoires : certaines confirment la sécurité sanitaire des emballages, tandis que d’autres affirment le contraire en insistant sur le fait que ce qui n’est pas nocif pour un adulte pourrait l’être, à de moindres doses, pour un bébé. »
Une vaste étude à long terme
«L’UL s’intéresse depuis quelques années déjà aux interactions entre les emballages et les aliments. L’équipe de recherche, sous la direction du Dr Chawki Saliba, est composée de onze chercheurs, deux assistantes, deux doctorants et de nombreux stagiaires », précise le Dr Maalouly. Bien qu’à l’UL, les unités de recherche, permettant aux enseignants chercheurs de collaborer avec des partenaires dans d’autres facultés de l’UL ou avec d’autres universités, sont financées par l’École doctorale des sciences et technologies de l’UL pour des mandats de deux ans, l’équipe du Dr Saliba vise un travail à long terme. «Le sujet est vaste. Les matériaux nombreux. Les situations d’interaction entre les aliments et les emballages sont multiples», explique le Dr Maalouly, qui détient un DEA de l’AgroParisTech à Paris en chimie analytique. «Mon sujet de doctorat est classique, mais les techniques qui ont été utilisées sont très intéressantes. Il s’agit de la chimiométrie, qui se sert des outils mathématiques pour obtenir le maximum d’informations à partir des données chimiques », poursuit le Dr Maalouly. D’ailleurs, la jeune chercheuse et ses coéquipiers sont parmi les premiers à l’UL à avoir appliqué cette méthode.
«Nos tests sont effectués selon les normes européennes, indique-t-elle. Nous avons des partenaires à l’étranger: l’AgroParisTech, Lyon I (Laboratoire des sciences analytiques et IMP), l’Université d’Orléans (Laboratoire de chimie analytique et organique), l’Université de Bourgogne (AgroSup Dijon, l’équipe EMMA) et l’Université de Reims. » Le Dr Maalouly travaille en ce moment sur les interactions entre les emballages et les huiles végétales, une recherche financée par l’AUF. «Notre équipe bénéficie également du soutien de la faculté des sciences », souligne-t-elle.
Des conclusions ? « Rien à signaler pour le moment. Nous ne voulons pas rendre publics nos résultats avant d’avoir des certitudes concernant les doses dangereuses et leur impact sur la santé des citoyens », affirme la chercheuse qui insiste sur la coopération de certains industriels libanais avec l’équipe de recherche. « Au départ, nous nous sommes dit qu’aucun des industriels ne va collaborer avec nous. Nous nous sommes procuré toutes les huiles vendues dans les supermarchés et les épiceries, raconte-t-elle. Notre surprise fut grande lorsque, plus tard, l’un des plus grands producteurs de contenants en plastique au Liban a accepté de nous fournir la matière première, des granulés plastiques, des préformes et des bouteilles. Nous lui avons, par la suite, fourni en toute transparence nos résultats. »
Le Dr Maalouly insiste sur l’objectif de l’étude, qui est de connaître la vérité sur les interactions possibles entre les emballages et les aliments en vue de remédier à la situation s’il y a lieu et de protéger les consommateurs. Elle conclut : « Notre but est constructif. Nous voulons contribuer à une meilleure sécurité alimentaire. »
R.A.D.


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