Abou Dhabi construit un quartier culturel sur l’île de Saadiyat, au large de la ville. Cette maquette présente le projet aux touristes. Marwan Naamani/AFP
Ces projets culturels devraient à terme être des vecteurs de tourisme, et donc de revenus. Mais l’intérêt économique ne semble pas être la principale considération de ces jeunes États qui n’ont accédé à l’indépendance qu’au début des années soixante-dix du siècle dernier. Pour l’écrivain émirati Sultan Sooud al-Qassemi, ces pays « veulent affirmer leur identité. Contrairement au reste du monde arabe, l’histoire des pays du Golfe est surtout une histoire orale (...) et il est nécessaire de la documenter ». Un avis partagé par David Bertolotti, directeur de l’Institut français des Émirats arabes unis, selon qui ces pays investissent dans la culture notamment car « c’est le moyen d’inventer une nouvelle identité arabe moderne, enjeu qui tient à cœur de nombre des dirigeants de la région ». Selon lui, l’investissement dans la culture est aussi « une manière de préserver un patrimoine, réflexe bien naturel, surtout dans des pays où la population autochtone est minoritaire », comme aux Émirats où elle représente quelque 12 % d’une population composée surtout d’expatriés.
L’île de Saadiyat « va s’imposer comme une destination culturelle qui attirera les visiteurs du monde de l’art et de la culture », affirme le président de la Compagnie étatique pour la promotion du tourisme et des investissements (TDIC), cheikh Sultan ben Tahnoon al-Nahyane. Abou Dhabi organise déjà, depuis 2007, un festival de cinéma qui commence à éclipser celui plus établi du Caire et finance de jeunes réalisateurs arabes. Quant au Qatar, son musée d’art islamique abrite une collection décrite comme l’une des plus prestigieuses au monde, rassemblant des objets d’art et d’histoire collectés sur trois continents, d’Espagne jusqu’en Inde, et illustrant la civilisation musulmane du VIIe au XIXe siècle. Le Qatar s’est également doté en 2010 du premier musée consacré à l’art moderne arabe, abritant près de 6 500 pièces. En outre, ce pays organise depuis trois ans le Festival Doha-Tribeca, réplique du festival de cinéma de Manhattan fondé par Robert de Niro, qui concurrence directement ceux d’Abou Dhabi et Dubaï. Et si Dubaï a pâti de ses problèmes de dette, l’émirat s’impose néanmoins comme centre d’art privé, fondé sur un réseau de galeries et un marché de l’art régional. Dubaï a en outre annoncé en mars qu’il allait se doter d’un musée d’art moderne et d’un opéra. Ils seront situés près de Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde devenue le symbole de la ville-émirat.
(Source : AFP)


Guerre de culture entre les Etats du Golfe : c'est que les uns ont abandonné le SHEMMEKH, et les autres le portent encore avec en sus le 3GHÉL.
13 h 12, le 23 juin 2012