En France, les perceptions concernant les effets néfastes du tabac « évoluent dans le bon sens ». Toutefois, les comportements de déni ou de minimisation du risque persistent. Photo achnoo.com
« Les perceptions évoluent dans le bon sens », relève François Beck, le responsable du département enquêtes et analyses statistiques de l’Inpes, reconnaissant la persistance de comportements de déni ou de minimisation du risque.
« Un fumeur va par exemple surévaluer le risque de pollution atmosphérique pour légitimer son propre comportement », explique-t-il. « Il va dire “ce n’est pas la peine que je fasse l’effort d’arrêter de fumer parce que le cancer je l’aurai à cause de la pollution” », poursuit François Beck précisant qu’en réalité, le risque lié au tabac est « beaucoup plus important » que celui de la pollution atmosphérique.
Près de 89 % des Français estiment ainsi que les accidents de la route et la violence sont le principal risque avec l’alcool, tandis que 52 % pensent que ce sont surtout les alcools forts qui sont mauvais pour la santé, selon ce Baromètre Cancer, rapporté par l’AFP.
Pour le tabac, responsable de 25 % des décès par cancer en France, les « petits » fumeurs (moins de 10 cigarettes par jour) sont encore fréquemment dans le déni. Ils s’estiment moins à risque pour leur propre santé que les fumeurs « intensifs » (35 % des sondés en 2010 contre 39 % en 2005) alors que selon l’OMS, la durée d’exposition au tabac joue un rôle prépondérant par rapport à la quantité fumée quotidiennement.
Globalement, les Français sont en revanche de plus en plus conscients des dangers du tabagisme et de l’exposition au soleil sans protection, estimant à 98 % et 97 % respectivement que ces comportements favorisent « certainement » ou « probablement » l’apparition d’un cancer.
Suivent des facteurs environnementaux (manger des aliments traités avec des produits chimiques, respirer un air pollué ou vivre à côté d’une centrale) des facteurs comportementaux et des facteurs psychologiques dont la dangerosité est aujourd’hui plus fréquemment incriminée, même si c’est parfois à tort. C’est ainsi que le stress de la vie moderne est perçu (sans fondement scientifique) comme une cause de cancer par 75 % des personnes interrogées. Le rôle de l’alimentation est globalement bien connu par les Français (87 % des sondés) mais l’abondance des informations, parfois contradictoires, conduit également à une certaine « cacophonie ».
Les facteurs de protection (consommation de fruits et légumes, activité physique) sont en général mieux connus que les facteurs de risque (seulement 30 % des sondés estiment qu’une consommation excessive de viande rouge peut augmenter le risque de cancer, contre 49 % qui l’ignorent).
Loin devant le sida (49 %) et les maladies cardio-vasculaires (30 %), le cancer est considéré, sans surprise, comme la maladie la plus grave par une majorité de Français (71 %) qui ont également une meilleure connaissance des traitements.

