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À La Une - Portrait

Marion Maréchal-Le Pen, l'héritière frontiste, plus jeune députée de France

"Je ne suis pas coachée par ma famille, je ne suis pas la marionnette de mon grand-père", assure l'étudiante de 22 ans.

Marion Maréchal-Le Pen et son grand-père, Jean-Marie Le Pen, à Carpentras, dans le Vaucluse, au soir de la victoire de l'étudiante ce 22 ans aux législatives françaises, le 17 juin 2012. AFP/BORIS HORVAT

Parachutée à Carpentras pour "laver l'affront", Marion Maréchal-Le Pen, désormais plus jeune députée de la Ve République, s'est acquittée avec succès de la mission confiée par son grand-père, portée par son nom et une image lisse dans un parti en quête de dédiabolisation.

 

Intronisée en mai par Jean-Marie Le Pen dans la 3e circonscription du Vaucluse, l'étudiante en droit de 22 ans n'a eu que quelques semaines pour battre le pavé, entre deux examens à Paris.

 

La tâche s'annonçait compliquée, mais après être arrivée en tête du premier tour devant l'inamovible député UMP sortant Jean-Michel Ferrand, 69 ans dont 26 à l'Assemblée, elle a bénéficié du maintien surprise de la candidate PS Catherine Arkilovitch, malgré les consignes de Solférino.

Et les appels du suppléant de la socialiste et d'une partie de la gauche à faire barrage au FN, n'auront pas suffi à empêcher son élection.

 

Née le 10 décembre 1989 en Ile-de-France, Marion Maréchal-Le Pen est bercée par la politique dès son plus jeune âge. Fille de Yann Le Pen, l'une des grandes soeurs de Marine Le Pen, et de Samuel Maréchal, qui fut dans les années 1990 une des figures du Front national de la Jeunesse (FNJ), elle commence à militer à 17 ans.

 

"Une démarche personnelle", argue-t-elle, martelant: "Je ne suis pas coachée par ma famille, je ne suis pas la marionnette de mon grand-père".

 

Candidate aux municipales à Saint-Cloud en 2008 et aux régionales en 2010, comme deuxième de liste dans les Yvelines, la jeune fille avait flanché face aux caméras. "Je me suis retrouvée au centre des médias, j'ai été un peu dépassée", raconte-t-elle aujourd'hui.

 

"Elle fait véritablement à Carpentras ses premières armes et elle s'en tire de façon magistrale", estime aujourd'hui Jean-Marie Le Pen, "fier" de sa petite-fille. Qui est "de bonne race", avait-il lâché pendant la campagne.

 

C'est lui qui l'a missionnée sur ces terres très favorables au Front national, après avoir envisagé lui-même de se présenter, pour "laver l'affront" de Carpentras, comme il le qualifie, quand le FN avait fait figure d'accusé après la profanation de tombes juives en 1990.

 

"J'ai longtemps hésité, mais il y avait une dimension d'exemple qui a fini par me décider", explique la candidate, balayant les critiques sur son inexpérience. "Je m'en sens capable, parce que j'ai vécu, du fait du nom que je porte, les insultes, l'incompréhension, le rejet, notamment dans le milieu scolaire. Cela m'a formée et aujourd'hui j'en tire bénéfice".

 

Ce nom qu'elle porte comme "un fardeau et un honneur", elle entend l'utiliser à l'Assemblée pour "apporter un peu de visibilité à ce département qui souffre". Déjà sa campagne s'est déroulée sous les feux des médias, attirés parfois de loin par cette dynastie peu commune.

 

Avenante mais encore un peu mal à l'aise face aux caméras, elle préfère le sourire à la bagarre, le fond aux provocations verbales, l'union des patriotes aux luttes de clans, affirme-t-elle, comme pour mieux s'émanciper de ses aînés.

 

Pour autant si le style est différent, "les idées restent les mêmes", précise Marion Maréchal-Le Pen, blondeur diaphane et allure élégante, qui, dans les meetings, assiste impassible aux diatribes virulentes de ses camarades. "Tant mieux si le fait que je sois jeune et une femme permet au gens d'entendre plus facilement notre message".

 

Etoile montante du FN ou étoile filante? Plus de 50 ans après son grand-père, devenu à 27 ans en 1956 plus jeune député de la législature, son fauteuil au Palais Bourbon l'installe en tout cas durablement dans le paysage politique.

Parachutée à Carpentras pour "laver l'affront", Marion Maréchal-Le Pen, désormais plus jeune députée de la Ve République, s'est acquittée avec succès de la mission confiée par son grand-père, portée par son nom et une image lisse dans un parti en quête de dédiabolisation.
 
Intronisée en mai par Jean-Marie Le Pen dans la 3e circonscription du Vaucluse, l'étudiante en droit de 22 ans n'a eu que quelques semaines pour battre le pavé, entre deux examens à Paris.
 
La tâche s'annonçait compliquée, mais après être arrivée en tête du premier tour devant l'inamovible député UMP sortant Jean-Michel Ferrand, 69 ans dont 26 à l'Assemblée, elle a bénéficié du maintien surprise de la candidate PS Catherine Arkilovitch, malgré les consignes de Solférino.
Et les appels du suppléant de la socialiste et d'une partie...
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