Un supporter de la Nouvelle Democratie réagissant à l'annonce des premières estimations. Pascal Rossignol/
La droite conservatrice grecque semblait finalement en mesure dimanche soir de constituer un gouvernement de coalition pro euro, après avoir remporté les élections législatives en Grèce à l'arraché au terme d'un scrutin qui a donné le vertige à la planète.
La Nouvelle Démocratie a obtenu 29,5% des voix, ce qui lui assurerait 128 sièges sur les 300 que compte le parlement grec, en bénéficiant de la prime de 50 sièges accordée au parti arrivé en première position, selon une première estimation officielle basée sur le dépouillement de seulement 18% des voix.
S'estimant vainqueur du scrutin, le chef de la droite Antonis Samaras a appelé, en première réaction publique, tous les partis pro-euro à rallier un "gouvernement d'union nationale" menée par son parti.
Avec les socialistes du Pasok, qui ont remporté 12,3% des voix (33 sièges), la Nouvelle Démocratie pourrait prétendre à une majorité absolue de 161 sièges, ce qui lui permettrait de passer les réformes nécessaires au maintien de l'aide internationale au pays en faillite, mais le Pasok a réitéré dimanche soir sa demande de ne pas se trouver en tête à tête avec la Nouvelle démocratie.
Du coup, le petit parti pro euro de gauche démocratique (Dimar), qui a remporté 6,2% des voix (17 sièges), va se retrouver au coeur du jeu des alliances.
Ce deuxième scrutin s'est illustré par une nette repolarisation du pays, après l'explosion en direct du vieux bipartisme grec lors du scrutin du 6 mai, qui n'avait pas permis de dégager de majorité et illustré un rejet massif des Grecs vis-à-vis de la rigueur et de sa vieille classe politique, jugée responsable de la faillite du pays.
A gauche, le Syriza anti-rigueur a poursuivi sa très forte croissance, en remportant 27,1% des voix contre 16,78% lors du scrutin du 6 mai, jour où il était devenu le deuxième parti de Grèce. Son leader, Alexis Tsipras, a reconnu sa défaite, mais a rejeté l'idée de rallier une coalition d'union nationale.
Le parti neo-nazi Chryssi Avghi (Aube dorée) résiste avec 7% des voix et 18 sièges au lieu de 21 lors du premier scrutin, où il avait fait son entrée au parlement pour la première fois de l'histoire moderne de la Grèce.
Surprise de cette deuxième élection en moins de deux mois, le parti communiste grec KKE, dernier parti stalinien d'Europe qui bénéficiait jusqu'alors d'une base très stable, a perdu la moitié de ses électeurs avec 4,5% des voix (12 sièges) au lieu de 8,48% (26 sièges).
Les conséquences de ce scrutin qui, par contagion, menaçaient de déstabiliser la zone euro, seront soupesées en temps réel au sommet du G20 qui réunit, lundi et mardi, les pays riches et émergents à Los Cabos, au Mexique.
A peine confirmée l'avance de la droite après un premier sondage sortie des urnes qui ne permettait pas de tirer de majorité claire, Berlin a salué le résultat conforme à ses souhaits en se déclarant prête à discuter des délais nécessaires à la mise en oeuvre des réformes en Grèce.
"Il ne peut pas y avoir de changements substantiels aux engagements" de la Grèce pour son programme de réformes, a dit le ministre des Affaires étrangères. "Je peux bien imaginer que nous discutions de nouveau des délais", a-t-il cependant ajouté dans une interview à la télévision publique ARD.
Pour justifier cette flexibilité, il a souligné que la Grèce avait connu "une paralysie politique ces dernières semaines en raison des élections". "Les citoyens normaux ne doivent pas en être les victimes, notamment ceux qui ont déjà du supporter des coupes drastiques", a déclaré M. Westerwelle.
Jusqu'à présent, Berlin était resté inflexible sur le programme de réformes négocié par Athènes avec l'UE et le FMI en échange d'un sauvetage financier, tant du point de vue de son contenu que du calendrier.
Les opérations de vote se sont déroulées dans le calme, mais avec une anxiété palpable. Au total 9,8 millions d'électeurs étaient appelés, pour la deuxième fois en moins de deux mois, à élire leurs représentants au Parlement et le scrutin avait pris valeur de test pour ou contre l'appartenance de la Grèce à la zone euro.
Tous les dirigeants européens, et le président américain Barack Obama, avaient mis en garde les neuf millions d'électeurs grecs contre les conséquences de leur vote pour eux-mêmes et la zone euro.
"Une nouvelle ère commence pour la Grèce", avait déclaré M. Samaras, en allant voter, dans son fief de Messinie, dans le Péloponnèse. M. Tsipras avait lui affirmé que "la Grèce avait vaincu la peur", en s'affranchissant des menaces de sortie de l'euro.
M. Samaras s'était présenté pendant toute la campagne comme le garant du maintien de la Grèce dans la monnaie unique, tout en voulant renégocier le "mémorandum", le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière.
Il a souligné dans un de ses discours de campagne que "les enjeux de ces élections étaient clairs : euro ou drachme, gouvernement de coalition ou pas de gouvernement".
Pour sa part, M. Tsipras, avait affirmé que "nous ouvrons la voie à une Grèce de justice sociale, membre à égalité d'une Europe qui change", après avoir voté dans un quartier populaire d'Athènes.
Samedi soir, contre toute attente, les Grecs avaient toutefois eu la satisfaction de rester dans l'Euro, le championnat d'Europe de football, leur équipe nationale gagnant par 1 à 0 contre la Russie.
Cette victoire, bouffée d'air frais pour un pays rongé par la crise, pourrait conduire la Grèce à défier l'Allemagne en quart de finale en fin de semaine à Gdansk (Pologne) si cette équipe obtient entre-temps sa qualification.
La Nouvelle Démocratie a obtenu 29,5% des voix, ce qui lui assurerait 128 sièges sur les 300 que compte le parlement grec, en bénéficiant de la prime de 50 sièges accordée au parti arrivé en première position, selon une première estimation officielle basée sur le dépouillement de seulement 18% des voix.
S'estimant vainqueur du scrutin, le chef de la droite Antonis Samaras a appelé, en première réaction publique, tous les partis pro-euro à rallier un "gouvernement d'union nationale" menée par son parti.
Avec les socialistes du Pasok, qui ont remporté...

