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Crise : Merkel ne ménage pas ses détracteurs et met en garde contre la "médiocrité"

Allemagne "Les forces de l’Allemagne ne sont pas illimitées", avertit la chancelière.
| OLJ/AFP
15/06/2012

La chancelière allemande, Angela Merkel, très attaquée pour sa défense à tous crins de la rigueur comme remède à la crise qui sévit en Europe, a réagi vivement ces deux derniers jours en déplorant le "manque de confiance" en zone euro.

 

Mme Merkel a déploré un "manque de confiance entre les acteurs" de la zone euro, qui ne peut être résolu qu'en s'attaquant "aux racines de la crise", à savoir "l'endettement et les écarts de compétitivité". "Il y a un faux débat qui est apparu, opposant la croissance et la rigueur budgétaire. C'est n'importe quoi", a-t-elle tempêté.

 

Mentionnant le prochain sommet du G20 au Mexique, elle a martelé vendredi, comme elle l'avait déjà fait la veille, que l'Allemagne "ne se laissera pas convaincre par des solutions rapides comme les euro-obligations" ou l'introduction d'un fonds commun de garanties bancaires en Europe.

 

"Le danger des propositions précipitées de mutualisation" de la dette est d'occulter les divergences de puissance économique entre les pays en nivelant les taux d'emprunt des Etats, a-t-elle averti. "Celui qui occulte cela finit dans la médiocrité. Et la médiocrité ne doit pas devenir l'étalon" en zone euro, s'est emportée Mme Merkel.

 

Elle a égratigné au passage la France, appelant à observer "l'évolution du coût du travail dans l'hexagone et en Allemagne", une manière de louer les efforts de réformes faits par l'Allemagne, et l'avantage de cette dernière en terme de compétitivité. "Il n'y aura pas de bonne union économique et monétaire sans union politique", synonyme d'abandon de souveraineté, a-t-elle par ailleurs affirmé, ajoutant : "je ne peux pas vouloir des euro-obligations et refuser tout contrôle" sur les budgets nationaux.

 

La chancelière allemande a également rappelé qu'elle plaidait pour un contrôle budgétaire beaucoup plus strict en zone euro, permettant à la Cour européenne "d'invalider" des budgets nationaux déséquilibrés, "mais cela ne (plaît) pas à certains Etats".

 

Le futur de l'Europe "se décide dans ces prochains mois, dans cette année", a encore averti Mme Merkel.

 

Jeudi déjà, la puissante chancelière, pressée de toutes parts d'en faire plus pour lutter contre la crise, avait prévenu qu'elle ne pouvait assumer seule cette responsabilité au G20.

 

"Les forces de l'Allemagne ne sont pas illimitées", a-t-elle déclaré dans un discours au Bundestag, chambre basse du parlement, consacré au sommet du G20. Elle s'est dite consciente du fait que, "une fois de plus, tous les yeux seront rivés sur l'Allemagne" lors de cette réunion.

 

En réponse à ses propos, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a invité la chancelière à ne pas "se laisser aller à des formules simplistes". "La situation de l'Europe est suffisamment critique", a-t-il martelé.

 

Si le ton monte des deux côtés du Rhin, le socialiste François Hollande et la conservatrice Angela Merkel seront néanmoins contraints de s'entendre pour résoudre la crise de l'euro après les législatives de dimanche en France et en Grèce.

 

Or, ce n'est pas avec de nouvelles dépenses que la chancelière veut régler les problèmes. Ce serait selon elle une "solution de facilité", comme elle l'a répété jeudi.

 

Elle a donc martelé son credo pour des réformes économiques de structures et une intégration européenne renforcée, avec à la fois plus de solidarité mais aussi plus de contrôle sur les différents pays. Des projets à long terme, seuls capables, selon elle, de faire reposer la croissance "sur des fondations solides et sincères".

 

En résumé, comme l'avait dit son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, "chacun doit balayer devant sa porte". Cela vaut pour les pays de la zone euro, mais aussi dans le cadre plus large du G20.

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