Malgré la pluie et une finale jouée sur deux jours, Rafael Nadal a remporté son septième titre de Roland-Garros et s’est imposé comme le roi de la terre battue depuis toujours et peut-être à jamais en prenant seul le record partagé avec Björn Borg. Régis Duvigneau/Reuters
Nadal n’a pas remporté une finale comme les autres. Indéniablement, celle-ci aura une place bien à part dans la carrière de l’Espagnol. Il avait en face de lui le seul joueur qui pouvait l’empêcher de remporter une victoire annoncée de toutes parts. Dans son rôle de trublion, Djokovic n’a pas déçu. Après avoir battu sept fois de suite ce même adversaire entre 2011 et 2012, le Serbe est passé à côté d’un exploit retentissant, mais finalement inaccessible. Si Robin Söderling avait eu raison d’un Nadal aux genoux en vrac à Roland-Garros en 2009, personne n’est parvenu à dominer le Majorquin en pleine possession de ses moyens sur ocre au meilleur des cinq manches. Pas même un Novak Djokovic étonnant de résistance qui a fait bien plus que le bousculer.
Djokovic trahi par son service
En champion au mental d’acier, le numéro un mondial a réussi deux exploits dans cette rencontre. Le premier en prenant plusieurs fois la mise en jeu du Majorquin, qui ne l’avait pourtant perdue qu’une seule fois sur ses six précédents matches. Le second en faisant perdre une manche à son rival, la première en quinze jours de compétition. Nadal, qui a bien mieux commencé la partie que son adversaire dimanche, a mené deux sets à rien et un break d’avance dans le troisième avant de perdre pied. Les conditions de jeu exécrables ont complètement déréglé l’Espagnol et ont failli faire basculer une rencontre qui s’annonçait à sens unique.
Après avoir aligné six jeux, Nadal a vu son dur-à-cuire d’adversaire faire mieux en remportant les huit suivants... Un rallye à peine croyable. Le spectre de Miami 2005 (seule défaite de Nadal en cinq manches après avoir mené deux sets à rien) et celui des trois dernières finales de grand chelem perdu à ce même joueur ont alors commencé à planer dans l’esprit de l’Espagnol, furieux de ne pas voir la partie s’arrêter plus tôt. Car, au report définitif pour le lendemain, c’est Djokovic qui a un break d’avance dans le quatrième set avant de rentrer aux vestiaires.
Hier comme dimanche après-midi, Djokovic a laissé filer sa chance. À son retour sur le court, le Serbe a commencé en perdant sa mise en jeu, l’indéniable point faible du numéro un mondial qui ne lui a pas permis d’emmener cette rencontre en cinq sets. Au total, il a perdu neuf fois son service. Dont deux fois sur deux doubles fautes qui lui ont été fatales. Une première en fin de première manche avant que Nadal ne file vers le gain du set. Et une dernière, plus cruelle, sur la première balle de match de Rafael Nadal. Une balle de match à l’image de la finale, qui ne s’est pas jouée comme les spectateurs revenus hier sur le court central l’avaient imaginée. Pas même Nadal.


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