"C'est une réunion au niveau des directeurs politiques des 5+1 (UE, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, Allemagne), sous la présidence de Catherine Ashton", la haute représentante de l'Union européenne aux Affaires étrangères et émissaire des 5+1, a précisé à l'AFP le porte-parole de Mme Ashton, Michael Mann.
Le but de la rencontre, organisée dans un hôtel strasbourgeois en marge de la session du Parlement européen à laquelle doit participer Mme Ashton, est de "préparer le terrain pour les négociations de Moscou", a-t-il ajouté.
Le Département d'Etat américain a lui aussi annoncé que la sous-secrétaire d'Etat aux Affaires politiques Wendy Sherman participerait à ces "consultations" à Strasbourg.
"Les Etats-Unis restent engagés avec les autres partenaires du 5+1 pour préparer sérieusement les discussions de Moscou", a précisé le Département d'Etat.
"L'Iran a l'occasion de commencer à répondre aux inquiétudes internationales à propos de son programme nucléaire en se rendant à Moscou et doit être prêt à prendre des mesures concrètes en réponse aux propositions présentées à Bagdad", lors de la dernière rencontre avec les 5+1, a souligné Washington.
Les 5+1 s'inquiètent tout particulièrement de l'enrichissement d'uranium à 20% par l'Iran.
Cette réunion intervient alors que les responsables iraniens ont dénoncé ces derniers jours ce qu'ils considèrent comme un "manque de volonté" de la part des 5+1.
Ali Bagheri, adjoint au chef négociateur iranien Saïd Jalili, a affirmé dans une lettre adressée à Helga Schmid, l'adjointe de Catherine Ashton, qu'il était "surpris" par les questions soulevées dans une lettre qu'elle lui a adressée, et a estimé que des discussions préparatoires étaient nécessaires avant la rencontre de Moscou.
Les 5+1, eux aussi, sont "surpris par les lettres iraniennes", a déclaré Michael Mann à l'AFP. Les 5+1 "ont toujours été prêts à organiser des discussions sur le fond, mais l'Iran continue à mettre l'accent sur des aspects procéduraux", a-t-il déploré.
Lors des précédentes rencontres à Genève puis Badgad, ainsi que lors de longues réunions entre Helga Schmid et Ali Bagheri, les 5+1 ont eu tout le loisir de détailler leur proposition aux Iraniens, a-t-il souligné.
"Il y a eu plusieurs appels téléphoniques et échanges de lettres au niveau des adjoints au cours des deux dernières semaines, mais l'Iran n'a pas été d'accord pour avancer sur le fond", a regretté Michael Mann.
Désormais, Mme Ashton a l'intention "de parler à Saïd Jalili afin d'obtenir un engagement politique", a-t-il précisé.
Les grandes puissances et Israël soupçonnent l'Iran, malgré ses dénégations répétées, de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.


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