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À La Une - Crise

Syrie : Washington redoute un nouveau massacre

Près de 80 morts dans les violences.

Des soldats de l'armée syrienne lors des funérailles de deux officiers tombés lors des affrontement avec les rebelles à Homs le 11 juin 2012. SANA /

Les Etats-Unis se sont dits lundi inquiets que le régime syrien ne prépare un nouveau massacre après des informations sur l'usage de mortiers, d'hélicoptères et de tanks dans la localité de Haffé (nord-ouest).

 

"Les Etats-Unis se joignent à (l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe) Kofi Annan pour exprimer leur inquiétude par rapport aux informations venant de Syrie et évoquant la préparation par le régime d'un nouveau massacre", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland.

 

Sur le terrain, les violences n’ont connu aucun répit. Au moins 79 personnes ont péri lundi, l'armée bombardant plusieurs bastions rebelles et combattant des insurgés faisant montre d'une résistance farouche.

 

Au moins 49 civils, 23 soldats et sept rebelles ont péri, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des hélicoptères de l'armée ont ouvert le feu sur la ville de Rastane, dans la province de Homs (centre), dont elle tente de reprendre le contrôle depuis des mois, a indiqué l'ONG. Quatre civils y ont été tués dont une fillette.

 

A Qousseir, également dans la province de Homs, des rebelles ont attaqué un barrage de l'armée et deux civils ont été tués par les tirs des militants, selon la même source. Les bombardements ont visé également la localité de Haffé dans la province de Lattaquié, pilonnée depuis six jours, selon des militants. La situation y est "terrible et les chars de l'armée sont aux portes de la ville", a dit la militante Sima Nassar, jointe par l'AFP via Skype.

 

Dans la province de Hama (centre), quatre civils ont trouvé la mort dans des opérations menées par les forces de sécurité pour étouffer la contestation, et un franc-tireur a été tué, selon l'OSDH. Des secteurs de la province ont été également bombardés par l'armée.

 

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), 10 civils ont été tués, dont cinq par la chute d'un obus sur leur champ, et 13 membres des forces de sécurité ont péri dans des attaques à l'explosif contre leurs patrouilles, a ajouté l'ONG. Douze autres civils ont péri dans la province.

 

Des vidéos amateur diffusées sur YouTube par des militants lundi montrent des corps de plusieurs jeunes hommes tués à Chaghoureit (Idleb) et Qastoun (Hama), couverts de sang, gisant à même le sol.

"Ils ont été tués après qu'un char de l'armée a été touché ce matin à Qastoun", a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant que les victimes étaient toutes des combattants rebelles.

 

"Le régime a décidé d'une escalade militaire", a-t-il dit. "Dans plusieurs zones, les bombardements se sont poursuivis sans discontinuer. Le régime encercle des villages et bombarde sans arrêt à l'aide de chars et d'hélicoptères".

 

Dans la province de Deir Ezzor (est), la localité d'Al-Achara était la cible d'un pilonnage de l'armée qui a coûté la vie à quatre civils et un déserteur. Des combats y ont en outre éclaté entre combattants rebelles et soldats dont six ont été tués, a poursuivi l'OSDH.

 

D'autre part, cinq civils ont été tués dans l'explosion d'une voiture piégée dans la ville de Deir Ezzor, selon l'OSDH.

 

Dans la capitale syrienne, une bombe placée sous une voiture dans le secteur de Barzé a explosé, faisant un mort, a poursuivi l'OSDH. La victime est selon l'agence officielle Sana "un membre de l'armée". Ailleurs dans la région de Damas, un "responsable local du parti Baas" au pouvoir a été assassiné par des hommes armés dans la localité de Daraya, selon l'ONG.

 

Douze personnes ont également péri dans les violences à travers la Syrie.

 

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans plusieurs villes du pays et ont touché Damas, l'Armée syrienne libre (ASL), formée principalement de militaires dissidents, faisant subir des pertes de plus en plus lourdes aux troupes du régime.

 

Plus de 14.100 personnes ont péri depuis le début de la révolte déclenchée le 15 mars 2011, selon l'OSDH.

Dans ce contexte, l'émissaire international Kofi Annan, dont le plan de sortie de crise est resté lettre morte, a dit être "gravement préoccupé" par l'escalade des combats et le nombre important de civils pris au piège dans les villes où ils se déroulent, selon un communiqué diffusé lundi à Genève.

 

Au niveau diplomatique, le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), le Kurde Abdel Basset Sayda, a bénéficié du "plein soutien" de la France, selon le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

 

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