« La victoire de Netanyahu dans le vote sur la proposition de légalisation n’est pas juste numérique. C’est aussi une victoire morale, parce qu’elle a donné aux colons une leçon sur les limites de leur pouvoir. Dans la bataille entre le roi Bibi (surnom de M. Netanyahu) et les seigneurs féodaux, les seigneurs féodaux ont été battus en rase campagne », souligne dans une analyse le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, en référence au rejet du texte mercredi par 69 voix contre 22 (sur 120 députés). Le Jerusalem Post relève, lui, que le Premier ministre a « encore maté une révolte politique ». Même le quotidien de centre gauche Haaretz rend grâce à M. Netanyahu de s’être opposé à une proposition qui aurait « souillé les codes de lois d’Israël (...) ». Le journal déplore néanmoins la contrepartie offerte par le Premier ministre, sous forme de l’annonce de la construction de 850 logements supplémentaires dans des colonies.
« La loi rejetée aujourd’hui aurait nui à l’entreprise de colonisation », avait affirmé mercredi M. Netanyahu, sensible aux répercussions internationales d’une telle décision. « Aucun gouvernement ne soutiendrait davantage l’entreprise de colonisation que celui que je dirige », avait-il insisté, à l’intention notamment des quelque 2 000 manifestants procolonisation qui protestaient devant la Knesset (Parlement). Outre l’agrandissement de la colonie de Beit El en Cisjordanie, où 300 nouvelles familles vont s’installer, M. Netanyahu a approuvé la mise sur le marché de terrains pour l’érection de 551 logements.
Le président palestinien Mahmoud Abbas, en visite à Paris, a condamné cette annonce. La France également a condamné cette décision et demandé à M. Netanyahu de « s’abstenir » de la concrétiser. Le département d’État américain a, lui, jugé que la poursuite de la colonisation « sape les efforts de paix et va à l’encontre des engagements et des obligations d’Israël ». Enfin, le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, a déploré l’annonce, rappelant que toutes les implantations étaient « illégales » au regard du droit international.
(Source : AFP)

