Bill Clinton est le seul démocrate à avoir enchaîné deux mandats pleins à la Maison-Blanche depuis la Seconde Guerre mondiale, et les relations entre lui et M. Obama sont pacifiées depuis que le président a battu l’ancienne Première dame Hillary Clinton à la primaire de 2008. M. Clinton est monté au créneau plusieurs fois ces dernières semaines pour défendre son successeur.
De son côté, M. Obama, qui a essuyé un revers vendredi avec la publication de médiocres chiffres du chômage, a rappelé que lorsque M. Clinton était au pouvoir, de 1993 à 2001, « tout le monde s’en sortait bien, même les classes supérieures, parce que le président Clinton (...) savait ce dont l’économie a besoin ». Il s’en est pris avec vigueur à M. Romney et ses alliés au Congrès. « Lorsque l’on regarde le budget qu’ils ont présenté, ils ne veulent pas seulement abroger (la réforme de l’assurance-maladie), ils parlent d’abroger le New Deal », les acquis sociaux des années 1930, a-t-il accusé, ajoutant : « Et je n’exagère pas. »
Remodelage
Par ailleurs, le prochain locataire de la Maison-Blanche, que ce soit M. Obama ou M. Romney, a toutes les chances de refaçonner la majorité à la Cour suprême, qui fait la pluie et le beau temps sur la société américaine.
La Haute Cour s’apprête à trancher sur la réforme de l’assurance-maladie chère au président Obama, et, par le passé, c’est aussi elle qui a mis fin à la ségrégation raciale, ou qui a rétabli la peine de mort ou autorisé le port d’armes. Elle devra sans doute l’an prochain se prononcer sur le mariage homosexuel. Dans une cour aujourd’hui à majorité conservatrice, trois des neuf juges auront 80 ans avant la fin du prochain mandat présidentiel, début 2017 – une progressiste et deux juges nommés par des présidents républicains. Si un seul de ces trois juges décide de partir à la retraite, son remplacement par un juge du camp adverse pourrait faire basculer la majorité de la Cour et, du coup, affecter ses décisions pour longtemps.
Actuellement, « la Cour suprême est profondément polarisée et sa majorité conservatrice de 5 juges contre 4 joue un rôle déterminant sur la plupart (mais pas la totalité) des décisions controversées », explique Thomas Mann, analyste à l’institut Brookings, ajoutant : « Si Romney gagne, cette majorité conservatrice pourrait bien maintenir son influence pendant des décennies. » Les candidats eux-mêmes ne s’y trompent pas. « Dans un second mandat, il (Barack Obama) refaçonnerait (la Cour suprême) », a ainsi déclaré M. Romney devant des défenseurs du port d’armes, mettant en garde contre une « cour Obama (...) non seulement pour les quatre prochaines années, mais pour les 40 ans à venir ». Mais « tout dépend de qui est nommé, ce n’est pas parce qu’Obama nomme quelqu’un qu’il sera automatiquement confirmé » par le Congrès, observe M. Mann, qui estime qu’il y a « de bonnes chances que les républicains bloquent la nomination de juges progressistes à la Cour suprême ».
(Source : AFP)


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