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À La Une - Liban

Le gouvernement uni contre les journaliers de l’EDL

C’est un gouvernement « soudé » autour du ministre Bassil qui a décidé hier en Conseil des ministres de faire front, via les ministères de la Justice et de l’Intérieur, contre les journaliers de l’EDL, qui ont sensiblement durci et étendu leur mouvement de protestation, toujours pour être cadrés.

Les journaliers de l’EDL tentent de forcer les grilles du siège de l’office à Nahr, hier. Photo Michel Sayegh

Le mouvement de protestation des journaliers de l’EDL, qui s’est sensiblement durci et étendu, s’est taillé la part du lion des discussions hier en Conseil des ministres, qui a vigoureusement dénoncé la « brutalité » de ces actions.

Selon des sources gouvernementales recueillies par L’Orient-Le Jour, un consensus s’est imposé autour du projet (de solution) présenté par le ministre de l’Énergie et de l’Eau Gebran Bassil. Le chef de l’État, Michel Sleiman, a d’ailleurs tenu à demander à tous les ministres si, parmi eux, certains cautionnaient cette escalade et s’opposaient au projet Bassil : tous ont juré leurs grands dieux qu’ils n’acceptaient pas ce qui se passait et qu’ils soutenaient la proposition de leur collègue CPL, qualifiée d’ « importante ».

 

Le ministre Amal de la Santé Ali Hassan Khalil a tenu à s’exprimer sur le sujet, assurant qu’il a été donné à ces journaliers « bien plus qu’ils ne méritaient. Ce que le ministre Bassil a fait à ce niveau est très bien, supérieur à ce que j’ai pu offrir moi-même via mon ministère », a-t-il ajouté.

 

« Déterminé »

Quant au principal intéressé, le ministre Bassil, il a été, selon ces sources, « déterminé et tranchant », notamment pour faire face à l’escalade choisie par les journaliers. Il a ainsi demandé au ministre de la Justice Chakib Cortbawi d’initier des commissions rogatoires à l’encontre des contrevenants, « surtout qu’ils s’en sont pris à titre personnel au ministre, aux directeurs et à un grand nombre d’employés ». Il a également demandé au ministre de l’Intérieur Marwan Charbel de faire en sorte de « libérer » l’EDL, « occupée » par les journaliers.

 

Gebran Bassil a informé le Conseil des ministres de la note qui lui a été remise par l’EDL et selon laquelle, sur base de la réunion du conseil d’administration en présence du commissaire du gouvernement, du contrôleur financier et de l’ensemble des responsables de la production et de la distribution, il a été décidé de vider le bâtiment de ses employés et de couper le courant d’une façon progressive. Le ministre en a profité pour sérieusement mettre en garde contre une aggravation de la situation si la crise des journaliers n’était pas réglée. « Je ne souhaite pas seulement un engagement politique, mais des mesures concrètes », a-t-il dit.

 

Dans une conversation à bâtons rompus avec les journalistes, Gebran Bassil a qualifié la position à ce sujet du chef de l’État d’« excellente », rapportant que Michel Sleiman a estimé que cette « annexion d’un bâtiment étatique » constitue une « jurisprudence » et qu’il a demandé « ce que l’on pouvait bien faire encore »...

 

Les « mafias »

Le ministre de l’Énergie et de l’Eau a en outre reçu l’appui de son collègue hezbollahi chargé de la Réforme administrative, Mohammad Fneich, qui s’est félicité que Gebran Bassil ait imposé depuis un certain temps aux entreprises d’embaucher ces journaliers, qui étaient sans contrat, sans assurance, sans salaire mensuel.

 

Le ministre Bassil a en outre déploré que certaines entreprises aient accepté d’embaucher des journaliers sur la base de concours spéciaux restreints, « ce que le gouvernement refuse puisque c’est totalement anticonstitutionnel. Nous avons décidé d’organiser des concours ouverts à 200 journaliers puis de les cadrer, avec 15 % supplémentaires sur leur note ». Il a indiqué que « des contrats lient 400 journaliers à d’autres entreprises, que 150 d’entre eux ont plus de 70 ans, tandis que d’autres encore ont des casiers judiciaires traficotés ou essayent de vendre de l’électricité au détriment de l’EDL ».

 

Pressé enfin de dire qui manipule ces journaliers, Gebran Bassil a répondu : « Les mafias, évidemment... »

 

Budget

Un petit tiers du Conseil des ministres d’hier a été consacré au budget 2012. Quelques points liés aux dépenses publiques ont ainsi été débattus, avant qu’une enveloppe de 150 milliards de livres ne soit allouée à la ville de Tripoli et, notamment, à son développement. Il n’en reste pas moins, selon des sources ministérielles, que cette question du budget va être de nouveau débattue après l’examen de quelques remarques et autres propositions.

 

La réunion a commencé par plusieurs remarques du chef de l’État, qui a souhaité que les Libanais « profitent de toutes les expériences liées à la libération (en allusion au retrait israélien de mai 2000), à la lutte contre le terrorisme et à la pratique démocratique ». Il a également évoqué le « flou » autour des otages d’Alep, une affaire « suivie sans discontinuer loin des projecteurs », et assuré qu’il allait se rendre au Koweït dimanche. Le président Sleiman a en outre parlé du dialogue national, « sans conditions préalables », prévu le 11 juin. « Le destin des Libanais est de dialoguer », a-t-il dit.

 

Quant au Premier ministre, il a parlé budget et finances, insistant sur la nécessité de faire en sorte d’éviter les répercussions négatives exprimées il y a quelque temps par les organismes économiques. Nagib Mikati a également évoqué l’anniversaire du décès de l’ancien PM Rachid Karamé (demain vendredi), saluant sa mémoire et appelant les Libanais à en tirer les leçons et à faire primer la coexistence.

 

Revue de presse

Crise des journaliers de l’EDL : la presse libanaise pointe du doigt le pouvoir

Le mouvement de protestation des journaliers de l’EDL, qui s’est sensiblement durci et étendu, s’est taillé la part du lion des discussions hier en Conseil des ministres, qui a vigoureusement dénoncé la « brutalité » de ces actions.
Selon des sources gouvernementales recueillies par L’Orient-Le Jour, un consensus s’est imposé autour du projet (de solution) présenté par le ministre de l’Énergie et de l’Eau Gebran Bassil. Le chef de l’État, Michel Sleiman, a d’ailleurs tenu à demander à tous les ministres si, parmi eux, certains cautionnaient cette escalade et s’opposaient au projet Bassil : tous ont juré leurs grands dieux qu’ils n’acceptaient pas ce qui se passait et qu’ils soutenaient la proposition de leur collègue CPL, qualifiée d’ « importante ».
 
Le ministre Amal de la Santé Ali...
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