Le représentant russe au Conseil de sécurité, Vitaly Tchourkine, a maintenu hier l’attitude intransigeante de Moscou. Mario Tama/Getty images/AFP
Parallèlement, à l’ouverture hier d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, l’ambassadeur allemand Peter Wittig a souhaité que le massacre de Houla « ouvre les yeux » des alliés, comme la Russie et la Chine, du régime Assad. Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont entendu un compte-rendu de Jean-Marie Guéhenno, adjoint du médiateur international Kofi Annan, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis Genève, et du chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous. Ceux-ci ont dressé un tableau « lugubre » des massacres qui se sont déroulés à Houla la semaine dernière. S’exprimant devant les médias après sa vidéoconférence, M. Guéhenno a dit attendre des « gestes concrets » de Damas concernant l’arrêt des violences, la libération des détenus et l’accès humanitaire. Il a aussi appelé l’opposition à dialoguer et renoncer à la violence. M. Guéhenno a en outre appelé le Conseil de sécurité à être uni et avoir des « discussions stratégiques » afin d’éviter une guerre civile en Syrie.
Cependant, la Russie a jugé « prématurée » toute nouvelle initiative de l’ONU et a qualifié de « contre-productif » le renvoi des ambassadeurs syriens. Au cours de la réunion du Conseil, le représentant russe Vitaly Tchourkine a maintenu cette attitude intransigeante. Il a ainsi fait valoir que l’opposition syrienne ne respectait pas non plus le plan Annan et refusait tout dialogue avec Damas. Le président français François Hollande, qui reçoit demain son homologue russe Vladimir Poutine, a fait part de son ambition d’infléchir la position russe. La Maison-Blanche a, quant à elle, affirmé que les pays persistant à soutenir le régime syrien se trouvaient « du mauvais côté de l’histoire » et rappelé sa « déception » vis-à-vis de l’attitude de Moscou et de Pékin. En visite hier en Jordanie, M. Annan a estimé « qu’une intensification des efforts internationaux est nécessaire pour (...) mettre fin aux violences ». Plusieurs pays, dont la France, ont relancé le débat sur une intervention militaire, tout en la conditionnant à un feu vert de l’ONU. Toutefois, Pékin et Moscou ont réitéré leur opposition à une telle opération. Le Luxembourg a souligné que « la probabilité que les cinq puissances disposant d’un droit de veto s’entendent sur une intervention militaire est égale à zéro ». Et l’Allemagne a dit ne voir aucune raison de « spéculer sur des options militaires ».
Demain, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tiendra une session spéciale sur la Syrie et sur le massacre de Houla. Par ailleurs, le Japon et la Turquie ont emboîté hier le pas à de nombreux pays occidentaux en annonçant l’expulsion des diplomates syriens de leurs capitales. Les autorités syriennes ont rétorqué en ordonnant le départ de la chargée d’affaires des Pays-Bas.
(Sources : agences et rédaction)

