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Liban - La Situation

Baabda marque des points

La décision du chef de l’État de fixer quasi autoritairement une date pour la reprise du dialogue national – le 11 juin prochain – et, selon les informations en provenance du palais de Baabda, de ne pas ajourner la réunion, quel que soit le niveau de participation, a pratiquement mis tout le monde au pied du mur.
Depuis un certain temps, le président Michel Sleiman multiplie les propos et les actes tendant à démontrer le caractère consensuel et neutre de son mandat et y réussit dans une large mesure. On l’a vu dans ses prises de position au sujet de la querelle sur les milliards, mais aussi sur la crise syrienne, les accusations de Damas contre Beyrouth et les récents événements au Liban-Nord.
Sur ce dernier point, la pondération dont fait preuve le chef de l’État est d’autant plus remarquable qu’il se voit contraint, lui qui est issu des rangs de l’armée, de s’élever à la fois contre ceux qui s’en prennent sans nuances à la troupe et nuisent à son prestige qu’à ceux qui, en cherchant soudain aujourd’hui à trop embrasser l’institution militaire, l’étreignent mal.
« L’armée n’a pas besoin d’avocat de la défense », assénait-il hier devant un parterre d’officiers, tout en expliquant clairement qu’on ne saurait attribuer à l’ensemble de l’institution militaire des « erreurs » qui peuvent avoir été individuellement commises et qui doivent être sanctionnées.
M. Sleiman renvoyait ainsi dos à dos le camp qui, naguère, prétendait imposer des « lignes rouges » aux mouvements de l’armée contre le terrorisme ou encore justifiait le meurtre d’un capitaine au-dessus d’une base paramilitaire, et les députés qui, aujourd’hui, dressent une région entière du pays contre la troupe.
Force est de constater que le chef de l’État procède avec le même doigté et le même souci d’équilibre en ce qui a trait au dialogue national. Aux uns, il refuse le lien établi avec le sort du gouvernement en place ; aux autres, il fait savoir que les armes devront être au cœur des discussions.
Cette posture du président lui a permis, à n’en pas douter, de reprendre l’initiative face à des protagonistes que les événements ont rendus quelque peu hagards : le 14 Mars parce qu’il a été grandement secoué par les événements du Nord, le 8 Mars à cause de l’effroyable faillite de son gouvernement – peut-être le pire de l’histoire du Liban –, et tous deux en raison des terribles incertitudes de la crise syrienne.
Ce faisant, M. Sleiman a ainsi pris sa décision au sujet du dialogue sans même avoir consulté les protagonistes. Seuls le président de la Chambre et le Premier ministre avaient été, semble-t-il, avertis.
Annoncée quelques heures à peine, jeudi dernier, après la déclaration adoptée par l’opposition, liant la reprise du dialogue à la formation d’un « cabinet de sauvetage neutre », l’initiative du chef de l’État est apparue comme étant dirigée principalement contre les projets du 14 Mars. Depuis, l’opposition a pris quelque recul, expliquant que la demande de départ du gouvernement n’est pas à proprement parler une « condition », mais plutôt une « position tactique », et que la question de sa participation au dialogue devra être tranchée incessamment.
Cependant, de l’autre côté de l’arène politique, le moins que l’on puisse dire est que l’accueil réservé par le chef du CPL, le général Michel Aoun, à l’initiative du chef de l’État ne traduisait pas un débordement d’enthousiasme.
Ces derniers jours, les milieux aounistes ne cachaient d’ailleurs pas leur irritation du fait de n’avoir pas été consultés par Baabda. Quant au général Aoun, c’est pratiquement sur un ton de défi à M. Sleiman qu’il a confirmé hier sa participation à la réunion du 11 juin. « Le chef de l’État est directement responsable de la paralysie dans la question des dépenses et nous nous retrouverons au cours de la réunion de dialogue pour en parler », a-t-il lancé hier à l’issue de la réunion de son bloc.
De plus, le chef du CPL a préconisé l’inclusion de nouveaux thèmes à l’ordre du jour de la conférence de dialogue, suggérant ainsi que la question des armes sera loin d’être centrale pour lui.
En cas d’acceptation de la part du 14 Mars – c’est une probabilité en dépit des propos sceptiques ou mitigés tenus au sein de l’alliance –, Michel Sleiman aura réussi à ramener tout le monde au bercail. D’ici à ce que l’on en sorte avec des résultats, ce sera bien sûr une autre paire de manches.
La décision du chef de l’État de fixer quasi autoritairement une date pour la reprise du dialogue national – le 11 juin prochain – et, selon les informations en provenance du palais de Baabda, de ne pas ajourner la réunion, quel que soit le niveau de participation, a pratiquement mis tout le monde au pied du mur.Depuis un certain temps, le président Michel Sleiman multiplie les propos et les actes tendant à démontrer le caractère consensuel et neutre de son mandat et y réussit dans une large mesure. On l’a vu dans ses prises de position au sujet de la querelle sur les milliards, mais aussi sur la crise syrienne, les accusations de Damas contre Beyrouth et les récents événements au Liban-Nord.Sur ce dernier point, la pondération dont fait preuve le chef de l’État est d’autant plus remarquable qu’il se voit...
commentaires (2)

Avec le Président de la République. DIALOGUE ! ENTENTE ! UNITÉ ! Seule planche de salut.

SAKR LEBNAN

01 h 11, le 30 mai 2012

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Commentaires (2)

  • Avec le Président de la République. DIALOGUE ! ENTENTE ! UNITÉ ! Seule planche de salut.

    SAKR LEBNAN

    01 h 11, le 30 mai 2012

  • - - Vous appelez ça marquer des points .. ! Vous verrez comment les points seront marqués en 2014 !!

    JABBOUR André

    00 h 40, le 30 mai 2012

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