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Liban - Interview

L’ambassadeur François Barras raconte les « moments heureux » de son séjour au Liban

Poussé par le besoin de se ressourcer et de revoir ses « fidèles amis libanais », François Barras, consul général de la Suisse à New York depuis 2010, nous conte avec délices les « moments heureux » du temps où il était ambassadeur de son pays au Liban, de 2006 à 2010.

De gauche à droite, Pascal Couchepin, Michel Sleiman et François Barras.

L’ancien ambassadeur de Suisse au Liban, François Barras, projette de revenir à la fin du mois pour une dizaine de jours au Liban. Le diplomate jette un regard chargé d’émotions sur ces « extraordinaires randonnées à pied qui lui ont permis de découvrir la beauté et la richesse variée de la nature libanaise. Ce sont ces « souvenirs uniques » qu’il se plaît à revivre lors d’un entretien accordé à L’Orient-Le Jour dans les magnifiques bureaux du consulat helvétique à New York où trônent de nombreux trophées reçus lors de son séjour au Liban.
François Barras est resté fidèle à ses amis libanais qui passent à New York pour le voir. « Parce qu’il y a une chose qu’il faut comprendre en tant que diplomate, chaque poste que j’occupe devient un peu partie de moi. Je suis un peu mexicain, un peu chinois, un peu émirati, un peu libanais, un peu américain », note-t-il au passage faisant ainsi référence à son parcours au Mexique, en Chine, aux Émirats arabes unis, au Liban, pays où il a été en poste diplomatique, et aux États-Unis. « Un diplomate, c’est plus qu’un touriste ; ce n’est pas un résident permanent. En quatre ans, il a le temps de bien connaître le pays, d’y grandir en l’intégrant dans son vécu. Chaque pays apporte quelque chose sur le plan personnel dans le parcours d’une vie », explique-t-il. Et le regard qu’il jette sur le Liban est tout à fait « personnel ».

 Son hobby ? La marche
Qu’a-t-il retenu du pays du Cèdre ? La « convivialité », « l’extraordinaire tradition d’hospitalité », et la « fidélité » des amitiés nouées. « J’entretiens de grandes amitiés que je garde encore. Je me sens plus citoyen qu’ambassadeur », avoue-t-il. « Mais ce qui a été important pour moi, c’est le contact avec la nature, avec la montagne », confie-t-il. « Venant des montagnes suisses, c’est quelque chose que je n’ai pas vraiment à New York. Il y a aussi une très belle nature ici (aux États-Unis) mais il faut aller plus loin. Au Liban, j’ai profité de cette nature. Mon hobby favori est la marche », dit-il. « La marche, c’est l’activité humaine la plus à la mesure de l’homme. Il y a un pas, un rythme. Elle permet d’entretenir le corps mais aussi de rêver, sentir, être attentif à tous les sens », ajoute-t-il.
La découverte du Liban à pied, une expérience grisante ? En égrénant ses souvenirs, le diplomate se laisse aller à la rêverie et à l’émotion. C’est en marchant avec Michel Moufarrège, l’équipe de Liban Treck et avec les Amis de la Suisse au Liban que François Barras a eu « la chance » de découvrir notre pays « aux contours variés et tellement différents ». C’est avec ces derniers qu’il a effectué des marches depuis le Akkar jusqu’au sud du Liban, découvrant « des paysages splendides » tels que : « Kamoua qui se trouve aux confluents du Akkar, le Hermel avec son étendue de magnifiques forêts de sapins ; la vallée très profonde, presque suisse, de Wadi Gehannam ; le versant nord de Kornet el-Saouda aux chutes et cascades impressionnantes au printemps ; les hauts de Batroun, Jbeil, Tannourine, la belle région de Niha, la vallée de la Békaa, la vallée du Awali, le Chouf, Ammik et Saghbine, ainsi que le sud du Liban avec le château de Beaufort et Marjeyoun. Hasbaya est une autre remarquable région jusqu’au sommet où l’on découvre une vue plongeante sur le Golan, la Syrie et alentours. »
C’est lors de ces nombreuses randonnées que l’ambassadeur suisse « a apprécié la différence de végétation au Liban. Parce qu’il y a des zones très différentes depuis le bord de la mer jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. Certaines régions sont restées vierges au Liban », dit-il. Ses impressions ? François Barras se souvient de « l’extraordinaire urbanité surtout sur la côte, les paysages variés depuis le nord du pays jusqu’au Chouf – qui est une espèce de Toscane libanaise – en passant par des quasi-déserts et la diversité. Puis il y a aussi cette rencontre très belle et simple avec les gens. Avec des collègues promeneurs, on a le temps de discuter, de parler avec la population des villages que l’on traverse », confie-t-il.

La marche des deux présidents à Wadi Kannoubine
A-t-il consigné ces bons souvenirs dans ses carnets de voyage ? François Barras « garde des traces de souvenirs magnifiques un peu particuliers », comme par exemple la première visite au Liban, en 2008, de l’ancien président de la Confédération suisse, Pascal Couchepin, à l’invitation du président Michel Sleiman. « Les deux présidents ont marché dans la vallée de Qadicha, de Mar Licha jusqu’à Wadi Kannoubine. » Symbolisme ? « Que deux présidents fassent cette marche ensemble dans les hauts lieux du Liban, c’était quelque chose qui m’a marqué. C’est un très beau message pour les Libanais de mettre en avant la nature de leur pays et l’environnement. » Le président suisse reviendra encore au Liban deux ans plus tard à l’invitation de l’ambassadeur Barras au moment où « la nature était en fleurs ». Avec Michel Moufarrège et quelques amis suisses, ils ont « entrepris » une marche de trois jours dans les régions de Kartaba, Hadeth el-Jebbé, visitant Doummar, Mechmech, passant la nuit dans les couvents. C’est au couvent de Mar Antonios Koshaya qu’ils ont dormi à Tannourine. « C’était un magnifique souvenir », savoure-t-il encore.
« Étant moins propice aux balades », la mer ne semble pas avoir laissé sa marque. Le diplomate garde aussi « d’excellents souvenirs des randonnées d’hiver à ski ». À l’instar de la célèbre course suisse, plus connue sous le nom de « Patrouille des glaciers », une randonnée à ski qui va de Zermath à Verbier attirant des centaines de patrouilles militaires et civiles, François Barras a créé avec son collègue, l’ambassadeur suisse en poste à Damas, Jacques de Watterville, et des amis libanais la « Patrouille des cèdres ». La première course à laquelle il a pris part a eu lieu à Faqra.
« Le Liban est aussi un grand livre d’histoire archéologique vivant où l’on découvre des vestiges phéniciens, romains et byzantins, avec leurs monastères et leurs châteaux forts. Il y a plein de choses qui se passent mais c’est un autre domaine ». Que vient-il faire au Liban ? « Je viens me balader et rencontrer des amis », qui lui réserveront une surprise de taille !
L’ancien ambassadeur de Suisse au Liban, François Barras, projette de revenir à la fin du mois pour une dizaine de jours au Liban. Le diplomate jette un regard chargé d’émotions sur ces « extraordinaires randonnées à pied qui lui ont permis de découvrir la beauté et la richesse variée de la nature libanaise. Ce sont ces « souvenirs uniques » qu’il se plaît à revivre lors d’un entretien accordé à L’Orient-Le Jour dans les magnifiques bureaux du consulat helvétique à New York où trônent de nombreux trophées reçus lors de son séjour au Liban. François Barras est resté fidèle à ses amis libanais qui passent à New York pour le voir. « Parce qu’il y a une chose qu’il faut comprendre en tant que diplomate, chaque poste que j’occupe devient un peu partie de moi. Je suis un peu mexicain, un peu...
commentaires (4)

Cher Monsieur Sakr, Vous n'êtes pas dans l'erreur, Monsieur Sakr...Le Liban est ma «patrie de coeur». Quand on aime le Liban, c'est pour la vie! J'ai beaucoup d'estime aussi pour Pascal Couchepin, l'ex-Président Suisse, avec qui j'ai marché dans les forêts valaisannes. Et pour François Barras, un grand Monsieur, lui aussi !

Favre Gilberte

09 h 08, le 23 mai 2012

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Commentaires (4)

  • Cher Monsieur Sakr, Vous n'êtes pas dans l'erreur, Monsieur Sakr...Le Liban est ma «patrie de coeur». Quand on aime le Liban, c'est pour la vie! J'ai beaucoup d'estime aussi pour Pascal Couchepin, l'ex-Président Suisse, avec qui j'ai marché dans les forêts valaisannes. Et pour François Barras, un grand Monsieur, lui aussi !

    Favre Gilberte

    09 h 08, le 23 mai 2012

  • Madame Favre Gilberte, vous êtes une vraie Libanaise, car : être Libanais, c'est l'être dans son âme et dans son coeur. Les paroles, le fanatisme, la traîtrise et les absurdités ne font pas des Libanais.

    SAKR LEBNAN

    07 h 51, le 23 mai 2012

  • J'en profite pour dire que si les Suisse s'attachent au Liban, c'est pour les raisons invoquées par François Barras: beauté du paysage, hospitalité des Libanais... Astrid Fischer Khalifé, présidente du Club des Amis Suisses du Liban, réalise aussi beaucoup – par la culture et la découverte de la nature – pour faire aimer son pays d'adoption. Elle est une excellente Ambassadrice.

    Favre Gilberte

    06 h 11, le 23 mai 2012

  • Si François Barras s'est attaché au Liban, dont il a tant aimé la montagne, j'ai ouï dire que les Libanais ne l'ont pas oublié non plus Ce grand diplomate, anthropologue de formation, et très littéraire, est un homme de culture et de coeur. La Suisse est fière de compter un diplomate de cette envergure. A noter que l'ex-Président de la Confédération suisse, Pascal Couchepin, qui a marché avec François Barras sur les chemins du Liban, a gardé un excellent souvenir du Pays des Cèdres. Pour ma part, j'ai gardé la nostalgie d'une randonnée accomplie avec le Club des vieux sentiers de Rizkallah Khayat, dans les années 70. Je rêve d'un prochain séjour où je pourrai mieux connaître les forêts du Akkar et du Chouf. Si la situation politique le permet... Une «Libanaise de coeur» et compatriote (Valaisanne) de François Barras et Pascal Couchepin.

    Favre Gilberte

    05 h 50, le 23 mai 2012

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