Nadal l’emporte à Rome pour la sixième fois, record du tournoi, après ses titres en 2005, 2006, 2007, 2009 et 2010. La finale a été décalée à hier à cause de la pluie tombée dimanche sur Rome. Nadal conserve l’ascendant sur Djokovic après l’avoir déjà battu en finale sur la terre battue du Masters 1 000 de Monte-Carlo, de bon augure pour l’Espagnol à six jours de Roland-Garros. De plus, cette victoire lui assure de reprendre la deuxième place du classement ATP à Roger Federer, demi-finaliste à Rome, et de ne pas recroiser « Djoko » avant une éventuelle finale à Paris. Gabriel Bouys/AFP
Une faute d’arbitrage lourde de conséquences
Mais si le score brut peut paraître large, il ne reflète pas réellement l’âpreté de la bataille qu’a dû livrer le nouveau numéro 2 mondial (NDLR : il chipe cette place à Roger Federer grâce à cette victoire) pour venir à bout du Serbe. Certes, Nadal a souvent dicté le tempo, avec ses gifles liftées de coup droit si dévastatrices. Mais là où la plupart de ses rivaux sont débordés, Djokovic, lui, ramenait presque toutes les balles. La réciproque était vraie, si bien que l’on assistait à un véritable bras de fer dans le premier acte. Un bras de fer qui, après un break de chaque côté aux 5e et 6e jeux, basculait sur une faute d’arbitrage. À 5-4, Djokovic, 30-30, le Serbe envoyait un coup droit décroisé sur la ligne de couloir. « Out », jugeait l’arbitre alors que les images montraient que la balle avait bel et bien léché la ligne. Cet incident déconcentrait quelque peu Djokovic qui se faisait breaker dans le jeu suivant (6-5). Fou de rage, il en fracassait sa raquette et récoltait un avertissement.
Djokovic gâche trop
Imperturbable, Nadal bouclait, lui, la manche quelques instants plus tard après 1h15 de jeu (7-5). Dans la foulée, et comme il en a l’habitude, le natif de Manacor mettait la pression sur Djokovic qui cédait son engagement d’entrée de deuxième manche (1-0). Quatre balles de débreak sauvées plus tard, Nadal créait un écart qui s’avérerait décisif (2-0). Moins saignant et moins précis qu’en demi-finales face à Roger Federer, le numéro 1 mondial gâchait chacune de ses occasions de revenir, manquant notamment deux balles de débreak (6 laissées en route dans tout le match pour 1 seule convertie) dans un quatrième jeu interminable (plus de dix minutes), et commettait bien trop d’erreurs pour pouvoir empêcher la marche victorieuse de Nadal. Comme un symbole, c’est sur une double faute de Djokovic (!) que l’Espagnol bouclait la partie (7-5, 6-3) pour reprendre au Serbe un titre qu’il lui avait cédé l’an dernier et décrocher le 21e Masters 1 000 de sa carrière. La planète tennis est prévenue, Rafael Nadal sera encore le grand favori Porte d’Auteuil.

