Les quelque 260 observateurs déployés par l’ONU en Syrie ont été jusqu’à présent incapables de faire respecter le cessez-le-feu préconisé par le plan Annan. Ce plan, appuyé par le Conseil de sécurité, a été pourtant accepté par le pouvoir syrien qui, refusant de reconnaître la contestation, assure combattre des « terroristes armés par l’étranger ». L’ONU a accusé tant le régime que la rébellion, qui se rejettent la responsabilité, de la poursuite des violences.
Ainsi à Douma, à 13 km au nord-est de Damas, neuf soldats rebelles ont été tués hier dans une embuscade tendue par les forces gouvernementales, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La veille, de violents combats avaient éclaté près de cette ville cible de roquettes de l’armée. Une explosion s’y était produite sans faire de blessé à quelques mètres du convoi du chef des observateurs de l’ONU, Robert Mood, et du secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, Hervé Ladsous. Toujours dans la région de Damas, les troupes ont tiré hier sur des participants à des funérailles, a ajouté l’OSDH.
Ailleurs dans le pays, au moins 18 soldats et deux militaires dissidents ont été tués dans de violents combats dans le nord-ouest du pays, a encore rapporté l’OSDH. Ces combats se sont déroulés dans une zone située entre la localité d’Atareb, dans la province d’Alep, et celle de Kafar Karmin, dans la province d’Idleb. Des chars, des blindés et des transports de troupes ont en outre été détruits, a précisé l’ONG. Au total, près de 40 personnes ont péri hier, dont cinq civils, 11 militaires dissidents et 22 soldats. Selon l’OSDH, plus de 12 000 personnes ont péri depuis mars 2011, en majorité des civils tués par les forces gouvernementales.
Par ailleurs, un groupe islamiste qui s’est récemment manifesté, le Front al-Nusra, a revendiqué hier l’attentat-suicide à la voiture piégée qui a fait neuf morts samedi à Deir ez-Zor. Ce groupe, qui avait déjà revendiqué les récents attentats meurtriers à Damas et à Alep, s’est dit « déterminé à poursuivre ses opérations pour assainir le pays des alaouites et mettre fin à l’injustice qui frappe les sunnites » en Syrie.
Dimanche, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a répété que l’Alliance atlantique « n’a pas l’intention d’intervenir » en Syrie, même si elle est « très inquiète de la situation ». Il a affirmé le soutien de l’organisation au plan Annan. « Le meilleur moyen de trouver une solution en Syrie est le plan Annan », a ainsi déclaré M. Rasmussen, appelant « les dirigeants syriens à prendre en compte les aspirations légitimes du peuple syrien ». Enfin, la France a condamné les violences meurtrières en Syrie, évoquant la poursuite de tortures et d’arrestations diligentées par le régime ainsi qu’un risque de déstabilisation régionale.
(Sources : agences et rédaction)

