Danny Abla, fondateur de Pin-Pay.
Il arpente son bureau avec un ballon de football américain entre les mains et parle de sa compagnie comme de la huitième merveille du monde. La nouvelle économie (new economy en anglais), il y croit et en a même fait son combat quotidien. Les réseaux sociaux et les ressources technologiques sont pour lui autant de plateformes dont il faudrait prendre avantage pour gagner en efficacité et faire évoluer l’environnement des affaires. Danny Abla a fondé Pin-Pay en 2008, une société destinée à effectuer des opérations de paiement via l’application Pin-Pay de son mobile. Pour les moins initiés, le paiement mobile (ou m-paiement) est une transaction initiée grâce à un téléphone mobile. En somme, c’est une forme de monnaie scripturale digitale. « Si l’on pouvait relier son téléphone, l’un des instruments les plus intimes dont nous disposons aujourd’hui, à son compte bancaire, ce serait une expérience fabuleuse », indique Danny Abla dont le concept du paiement mobile a commencé à prendre forme en 2006, durant la guerre de juillet. « Durant les combats de 2006, les personnes qui possédaient des lignes téléphoniques prépayées n’arrivaient plus à trouver des cartes de recharge, et c’est alors que m’est venue l’idée de faire en sorte que la technologie soit davantage une ressource à la portée de tous », indique-t-il. Notons que le business des cartes de téléphonie rechargeables est évalué à 70 millions de dollars par mois et que 80 % des utilisateurs de ce type de cartes se déplacent pour recharger leurs lignes téléphoniques.
Des obstacles en tout genre
Pin-Pay compte aujourd’hui 5 000 utilisateurs. Si le chiffre est encourageant pour des services qui n’ont toujours pas été lancés officiellement, le potentiel à exploiter est énorme puisque le Liban compte à peu près 3 millions d’abonnés à la téléphonie mobile. Le lancement officiel aura lieu aujourd’hui. Les personnes qui disposent d’un téléphone mobile peuvent désormais payer leurs factures de téléphone, leurs amendes de parking, recharger leurs cartes de téléphone ainsi que leur compte Internet, etc. Notons que Bank Audi utilise déjà la plateforme Pin-Pay pour effectuer certaines transactions. Ainsi, au-delà des services mentionnés ci-dessus, un particulier peut payer une somme d’argent à un autre particulier via SMS à condition toutefois que les deux personnes disposent d’un compte Pin-Pay à Bank Audi. Plusieurs autres services sont prévus de se joindre à cette liste non exhaustive, tels que le transfert des fonds depuis l’étranger et le porte-monnaie électronique. Si le concept semble séduire certains fans de cette expérience de paiement, il n’en demeure pas moins que Pin-Pay fait face à plusieurs obstacles.
D’abord, un manque d’infrastructure doublé d’une régulation contraignante freine le développement de ce marché. Rappelons effectivement que la Banque du Liban (BDL) n’autorise que les institutions financières à réaliser des paiements, qu’ils soient effectués par mobile ou pas. S’ajoute à cela l’absence de signature numérique ou électronique, mécanisme permettant de garantir l’intégrité d’un document électronique et d’en authentifier l’auteur ; un projet qui avait été présenté au Parlement en 1996 et qui demeure jusqu’à ce jour à l’état de projet justement.
Pourtant, pour Danny Abla, l’obstacle majeur demeure les mentalités « étriquées » du monde des affaires et de celui de la société libanaise dans l’absolu. « Au Liban, nous n’en sommes pas encore à évaluer l’importance des filons de la nouvelle économie », déplore-t-il. « Pour faire bouger les mentalités, il faudrait avoir une série de “ success stories ” qui forgeraient le chemin d’une nouvelle manière d’entreprendre la chose économique », souligne-t-il en précisant non sans fierté que le Liban a le potentiel de devenir la « Silicon Valley » de la région.
Une motivation à l’épreuve de tout
S’il avoue que le service qu’il propose n’est pas indispensable pour les consommateurs, il précise pourtant qu’Henry Ford, himself, aimait à répéter que s’il avait demandé aux consommateurs de l’époque quel serait leur souhait, ils auraient sans doute répondu « des chevaux plus rapides ». Si la comparaison est ambitieuse, il n’en demeure pas moins que Danny Abla est un fervent croyant de l’économie digitale. « Nous ne pouvons pas baser notre économie uniquement sur le tourisme et les services hospitaliers dont le Liban se targue d’être un précurseur dans la région », explique-t-il en ajoutant que nous sommes « chanceux de vivre à une époque où une idée peut créer de la richesse ».
« Le tout, résume l’entrepreneur, est d’être capable de créer le produit dont le consommateur ne pourra pas se passer, avant même que celui-ci ne se rende compte qu’il en a besoin. »
Le pari en vaut la peine... Allô les dirigeants ?


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Les dirigeants ? Pardon au Liban on n’ en n’a point . Nazira.A.Sabbagha
09 h 35, le 17 mai 2012