Rechercher
Rechercher

À La Une - Finance

JPMorgan : Après les pertes record, le ménage

Plusieurs cadres du groupe bancaire poussés vers la sortie.

Les pertes colossales liées à des opérations de marché annoncées par JPMorgan Chase devraient faire leur première victime dans la hiérarchie de cette banque américaine en la personne de Ina Drew, une proche de son PDG Jamie Dimon, rapportait le New York Times le 13 mai 2012. REUTERS/Eduardo Munoz

Trois hauts dirigeants de JPMorgan Chase & Co liés à la stratégie de couverture hasardeuse ayant fait perdre au moins deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) au groupe bancaire devraient quitter l'entreprise dès cette semaine, a-t-on appris dimanche de sources proches du dossier.

 

JPMorgan devrait accepter dans les jours à venir la démission d'Ina Drew, sa directrice des investissements basée à New York, ont précisé les sources. Deux de ses principaux adjoints, Achilles Macris et Javier Martin-Artajo, basés à Londres, sont eux aussi sur le départ, ont-elles ajouté.

 

Ces départs seraient la conséquence directe de l'échec de la gestion - pilotée par la division "Chief Investment Office" du groupe - d'un important portefeuille de produits dérivés liés à des obligations, selon des dirigeants de la banque. Ce portefeuille était composé entre autres de plusieurs catégories d'instruments de couverture devenus trop compliqués à gérer efficacement et trop importants pour être rapidement liquidés sur un marché étroit et peu liquide.

 

Ina Drew a offert sa démission à plusieurs reprises ces dernières semaines, selon l'une des sources, mais sa démission n'a pas été immédiatement acceptée en raison de ses performances passées au sein du groupe, dont elle est l'un des salariés les mieux payés. Jusqu'à ce que cette affaire éclate, Ina Drew était considérée comme l'un des meilleurs gestionnaires de risques de bilan du secteur. Elle a gagné plus de 15 millions de dollars par an en 2010 et 2011.

 

"Ina est un investisseur formidable", a déclaré un gérant qui la connaît mais a refusé d'être cité nommément. "Elle a fait du très bon travail pendant de nombreuses années. Mais les gens ne retiennent que votre dernier coup."

 

Réaction rapide

Depuis la révélation de la perte jeudi soir, les observateurs s'attendaient à des départs au sein de l'équipe responsable de la stratégie mise en cause, mais JPMorgan semble vouloir agir très rapidement.

 

L'affaire a déjà entaché la réputation de la banque, connue jusqu'alors pour sa gestion du risque, et a conduit Fitch à abaisser sa note.

 

Elle place en outre son PDG, Jamie Dimon, en position pour le moins inconfortable alors qu'il s'est distingué ces derniers mois par ses critiques répétées à l'encontre des projets de durcissement de la réglementation bancaire américaine.

Une ancienne présidente d'une commission du Congrès américain chargée de superviser l'aide aux banques pendant la crise financière a appelé dimanche Jamie Dimon à démissionner de son poste d'administrateur de la Réserve fédérale de New York. "Il faut briser le cercle des banquiers qui s'engagent dans des activités à risque, se font renflouer par le contribuable et utilisent ensuite leur armée de lobbyistes pour freiner la régulation", a dit Elizabeth Warren, actuellement en lice pour un poste de sénatrice.

 

Dimanche, dans un entretien à NBC, Jamie Dimon a reconnu que la banque avait eu "tout faux" en avril après les premières informations de presse évoquant les risques de pertes dans ses activités de dérivés.

 

Pour mémoire

JPMorgan : plus de 2 milliards de perte en six semaines ?

Trois hauts dirigeants de JPMorgan Chase & Co liés à la stratégie de couverture hasardeuse ayant fait perdre au moins deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) au groupe bancaire devraient quitter l'entreprise dès cette semaine, a-t-on appris dimanche de sources proches du dossier.
 
JPMorgan devrait accepter dans les jours à venir la démission d'Ina Drew, sa directrice des investissements basée à New York, ont précisé les sources. Deux de ses principaux adjoints, Achilles Macris et Javier Martin-Artajo, basés à Londres, sont eux aussi sur le départ, ont-elles ajouté.
 
Ces départs seraient la conséquence directe de l'échec de la gestion - pilotée par la division "Chief Investment Office" du groupe - d'un important portefeuille de produits dérivés liés à des obligations, selon des dirigeants de la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut