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À La Une - Transition

Egypte : Les Frères musulmans prédisent des années de tension avec l'armée

Le numéro deux de la confrérie islamiste estime que le candidat des Frères musulmans remportera la présidentielle.

Des partisans du candidat des Frères Musulmans, Mohammed Mursi, brandissent son portrait lors d'un rassemblement, samedi 12 mai 2012, au Caire. GIANLUIGI GUERCIA /

Le premier tour de l'élection présidentielle, la première depuis la chute de Hosni Moubarak dont le régime a été balayé en février dernier par une contestation populaire sans précédent, se tiendra les 23 et 24 mai. Le second tour devrait se dérouler en juin.

 

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et soupçonné de vouloir conserver une grande partie de ses prérogatives, s'est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président élu d'ici au 1er juillet et à organiser des élections justes après plus de 60 ans de régime autocratique.

 

Pas suffisant pour convaincre Mahmoud Ezzat, le numéro 2 des Frères musulmans égyptiens, qui estime que le bras de fer engagé entre l'armée, dont l'influence sur la vie économique et politique égyptienne s'est considérablement renforcée depuis le coup d'Etat militaire de 1952, et la société civile n'est pas près de fléchir.


"Le Conseil militaire a finalement pris la décision d'éviter la confrontation avec le peuple. Mais, dans le même temps, il a adopté une approche visant à s'accrocher au pouvoir", estime Mahmoud Ezzat, l'une des figures les plus influentes de la confrérie islamiste égyptienne. "Je m'attends à ce que cette dualité perdure pendant deux mandats présidentiels", ajoute-t-il, la rédaction d'une nouvelle constitution offrant selon lui l'occasion aux généraux au pouvoir de maintenir leur mainmise sur le pays.


Interdits sous l'ère Moubarak, les Frères musulmans ont été les grands vainqueurs des élections législatives qui ont suivi le renversement de l'ancien régime, en remportant plus de 43% des sièges du parlement.
"Même si le président vient des Frères musulmans, le conseil militaire va continuer de s'accrocher au pouvoir, mais ses chances seront réduites, prévient Ezzat. Nous allons coopérer avec tout le monde, quelle que soit l'identité du futur président."

 

Ce qui n'empêche par le numéro deux des Frères musulmans de prédire la victoire du candidat de la confrérie, Mohamed Mursi, lors de l'élection présidentielle.


Certains analystes politiques considèrent Mohamed Mursi hors course en raison de son déficit de soutien à l'extérieur de la base électorale traditionnelle des Frères musulmans, qui ont subi un cinglant revers avec la disqualification en avril de leur candidat initial Khairat al-Chater. Ce millionnaire a été déclaré inéligible en raison de deux condamnations à des peines de prison à l'époque de Moubarak.


Abdel Moneim Abol Fotouh, un ancien responsable des Frères musulmans qui brigue également la magistrature suprême, fait, en revanche, figure de prétendant sérieux.

 

Mais selon Mahmoud Ezzat, Abdel Moneim Abol Fotouh n'a aucune chance. Abol Fotouh a perdu toute crédibilité en tentant "de s'assurer à la fois le soutien des libéraux et des islamistes", indique le numéro deux de la confrérie, qui s'appuie sur les tendances électorales observées depuis février 2011 pour prédire une victoire de son candidat.

"Je pense que la progression de notre parti auprès de la population compensera la campagne médiatique qui n'accorde pas le même espace à Mursi", conclut-il.

Le premier tour de l'élection présidentielle, la première depuis la chute de Hosni Moubarak dont le régime a été balayé en février dernier par une contestation populaire sans précédent, se tiendra les 23 et 24 mai. Le second tour devrait se dérouler en juin.
 
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et soupçonné de vouloir conserver une grande partie de ses prérogatives, s'est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président élu d'ici au 1er juillet et à organiser des élections justes après plus de 60 ans de régime autocratique.
 
Pas suffisant pour convaincre Mahmoud Ezzat, le numéro 2 des Frères musulmans égyptiens, qui estime que le bras de fer engagé entre l'armée, dont l'influence sur la vie économique et politique...
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