Le patriarche donnant la communion en l’église Notre-Dame.
Ceux qui s’occupent de ces Libano-Canadiens tout au long de l’année, ceux qui labourent la bonne et la moins bonne terre, ce sont les prêtres en charge de ces paroisses, qui sont en contact permanent avec elles. Le père Pierre Rizk à Halifax, le père Antoine Tahan à Montréal, le père Raymond Hanna à Ottawa, Mgr Joseph Tohmé à Edmonton, et quelques autres héros de leur calibre. Sans oublier l’évêque du Canada, Mgr Joseph Khoury, très aimé et entouré à Edmonton. Eux connaissent leurs paroisses par cœur et en rendent compte au patriarche. Ce sont, à leur manière, des pionniers à qui il est donné une seconde chance d’édifier le Liban, et peut-être de le réussir. Espoir fou, pas toujours récompensé. Les obstacles sont en effet nombreux et l’ancien Liban refuse de céder au nouveau.
Nous sommes à l’église Notre-Dame du Liban d’Halifax, où se pressent plusieurs centaines de Canadiens d’origine libanaise. L’office est célébré en présence de Mgr Antonio Mancini, archevêque d’Halifax. C’est jour de semaine, mais ils se sont arrangés pour venir. Les adultes se parlent surtout en arabe. Les jeunes, et il y en a, surtout en anglais. L’Évangile du jour offre au patriarche l’occasion de leur parler un peu moins du Liban, et un peu plus de leur foi : « Vivre selon la parole de Dieu, voilà ce qui forme l’Église. Nous sommes l’Église de la Parole plutôt que les Gens du Livre, comme disent certains musulmans. La tragédie contemporaine est dans l’écart qui s’est installé entre la parole des chrétiens et leur vie. »
Après la messe, bain de foule dans le salon de l’église avec « les gens de Dimane », majoritaires dans ce coin du Canada, et puis buffet, photos, poèmes, éloges et adieux.
Le Premier ministre de Nova Scotia, l’État fédéral dont Halifax est la capitale, Darrell Dexter, a assisté à la messe. La veille, à Ottawa, le patriarche avait rendu visite au Premier ministre et au président du Sénat.
Avec les responsables, le patriarche ne fait pas de politique, confie le vicaire patriarcal général Boulos Sayah. Les entretiens sont surtout des témoignages réciproques d’estime et de respect. Les échanges d’idées sont naturels aussi, et les hôtes du patriarche abordent souvent avec lui le dossier du « printemps arabe » ou celui des chrétiens d’Orient. Le patriarche, pour sa part, assure les autorités en place du respect que leur porte l’Église et se montre prêt à coopérer de la meilleure façon possible au bien public. Il ne se prive pas, par ailleurs, de rappeler à la communauté internationale son devoir de faire respecter les résolutions internationales qui sont favorables au Liban ou aux Arabes en général.
Ce qui n’empêche pas certains responsables de faire preuve de ferveur chrétienne. Le Premier ministre Jean Charais s’est agenouillé pour recevoir la bénédiction du patriarche lors de leur première rencontre à Montréal, confie l’évêque maronite du Canada, Mgr Joseph Khoury.
Le patriarche s’attarde, ici et là, avec un notable qui a rendu de grands services à la communauté locale ou, directement, à l’Église. Ainsi, à Halifax, il a pris son petit déjeuner à la table de Wadih Farès, consul honoraire du Liban, qui l’a reçu dans une charmante villa remplie de photographies et de souvenirs du pays. M. Farès recevra par ailleurs un cadeau symbolique d’appréciation de la Fondation maronite dans le monde, que lui remettront Hyam Boustany et Antonio Andari.
Toutes les communautés libanaises sont traversées et travaillées par des courants politiques importés du Liban. La communauté d’Halifax ne fait pas exception. À la messe, quatre rangées de bancs étaient occupées par une délégation du Courant patriotique libre conduite par Bassam Makhlouf. Moins en force, les Marada étaient également présents. Mais pas les Forces libanaises. Dommage, car les barrages qui ont peut-être un sens au Liban n’en ont aucun ici, où la joie de se retrouver entre compatriotes doit avoir la prééminence sur tout le reste. C‘est bien le sens de la phrase par laquelle le patriarche avait résumé sa pensée, après la messe : « L’appartenance au Christ par la parole et l’appartenance au Liban par la nationalité se complètent. »
Le soir, à Edmonton, sur la côte pacifique, le patriarche ne redira pas autre chose. Par contre, en bon pasteur, il veillera jusqu’à 3 heures du matin, avec son sourire égal, pour une interminable séance photo avec les fidèles.
Hier, à Edmonton, le patriarche a rencontré l’archevêque Richard Smith et le cardinal Wurel de Washington, de même qu’il a eu un entretien avec la presse locale et s’est rendu chez l’évêque grec-orthodoxe de la côte ouest, Mgr Joseph Zehlaoui. Il a aussi célébré la messe sur l’autel rénové de l’église maronite Notre-Dame du Bon Secours et a rencontré le maire d’Edmonton, Steve Mandel. L’après-midi, il a pris l’avion pour Toronto, qu’il visitera aujourd’hui.


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Moi, j'ai confiance en les deux Patriarches : Sfeir et Raï. Bkerké suit un chemin, et non deux. Deux Patriarches, deux méthodes, UN SEUL BUT !
09 h 35, le 12 mai 2012