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Moyen Orient et Monde - Grèce

Tsipras abandonne et passe le relais à Vénizélos

La Grèce, toujours en quête d’un gouvernement, s’affirme disposée à remettre en cause ses engagements de rigueur. Il y a une semaine encore, les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du Pasok, qui se partagent le pouvoir depuis 38 ans et gouvernent ensemble depuis novembre 2011, se posaient en garants du maintien du pays dans l’euro via la stricte application de la feuille de route des créanciers du pays, l’UE et le FMI. Mais les législatives de dimanche ont rebattu les cartes. Le sacre des formations hostiles aux engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers a poussé les responsables socialistes et conservateurs à revoir leur position.
Antonis Samaras, chef de la ND, juge « tout à fait réaliste » une « renégociation » des accords afin de faire « respirer l’économie » et de « soulager la société ». Même message de la part de son rival socialiste, l’ex-ministre des Finances Evangélos Vénizélos : respecter le vote des électeurs implique de « chercher le meilleur amendement possible des termes » du programme d’austérité « pour aider au développement (...) et protéger le niveau de vie des citoyens ».
Le dirigeant de la gauche radicale grecque (Syriza), Alexis Tsipras, a annoncé lui qu’il renonçait à former un gouvernement « à gauche », car il n’avait pas la majorité, accusant les deux autres partis, le Pasok et la Nouvelle Démocratie, de ne pas vouloir « rejeter les politiques de rigueur ».
Mais les appels au respect des engagements de la Grèce et à la poursuite de la rigueur se multiplient, à commencer par Berlin. « Si la Grèce veut rester, et la grande majorité des Grecs veut rester (dans l’euro), il n’y a pas de meilleure voie que celle que nous avons choisie. On ne peut pas avoir l’un (le sauvetage financier et l’euro) sans l’autre », a ainsi prévenu le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lors d’un colloque à Bruxelles. Et Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), n’a pas mâché ses mots lors d’une déclaration au quotidien Handelsblatt : « Il doit être clair pour la Grèce qu’il n’y a pas d’alternative au programme d’assainissement convenu si elle veut rester membre de la zone euro. » À Paris, le ministre sortant des Affaires étrangères, Alain Juppé, a jugé la situation en Grèce « extrêmement préoccupante », ajoutant que « les mises en cause des traités difficilement négociés (...) risquent de provoquer des turbulences difficilement contrôlables ».
Le Syriza a été propulsé deuxième force politique par l’effondrement des deux partis historiques prorigueur à 32 % des suffrages. Les cinq autres formations entrées au Parlement, hostiles à l’austérité, rassemblent 151 sièges sur 300, mais sans perspective d’alliance. Si Pasok et Nouvelle Démocratie (ND) ont bien pris le virage d’une renégociation des engagements de la Grèce, ils insistent sur l’impératif d’un maintien du pays dans l’euro, accusant M. Tsipras de jouer avec le feu.
Après l’échec lundi de M. Samaras, en tant que dirigeant du premier parti, à former un gouvernement, c’était au leader du Syriza de tenter d’accomplir cette tâche qui paraît impossible. Mais après que M. Tsipras eut jeté l’éponge hier soir, c’est M. Vénizélos, en tant que chef du troisième parti, qui doit organiser aujourd’hui un troisième et dernier tour de table avant une ultime réunion solennelle de tous les partis chez le chef de l’État. Sans accord de gouvernement, la Grèce se dirige vers de nouvelles élections.
La Grèce « a une marge de renégociation » sur le contenu des mesures d’austérité, mais « si nous disons non à tout, nous sortons de la zone euro », a prévenu Ghikas Hardouvelis, conseiller au gouvernement sortant de Lucas Papademos.
(Source : agences)
La Grèce, toujours en quête d’un gouvernement, s’affirme disposée à remettre en cause ses engagements de rigueur. Il y a une semaine encore, les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du Pasok, qui se partagent le pouvoir depuis 38 ans et gouvernent ensemble depuis novembre 2011, se posaient en garants du maintien du pays dans l’euro via la stricte application de la feuille de route des créanciers du pays, l’UE et le FMI. Mais les législatives de dimanche ont rebattu les cartes. Le sacre des formations hostiles aux engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers a poussé les responsables socialistes et conservateurs à revoir leur position.Antonis Samaras, chef de la ND, juge « tout à fait réaliste » une « renégociation » des accords afin de faire « respirer l’économie »...
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