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Moyen Orient et Monde - Révolte

Un convoi de l’ONU visé par une bombe en Syrie

Ban évoque une remise en question de la mission ; six soldats prorégime blessés dans l’attaque ; au moins 15 morts hier.

Six soldats ont été blessés hier dans la première attaque contre un convoi de l’ONU depuis le déploiement des observateurs en Syrie. Photo SANA/Handout/Reuters

Une bombe a explosé hier au passage d’un convoi d’observateurs internationaux en Syrie, quelque trois jours seulement après les premières législatives « multipartites ».
L’explosion au passage du convoi de l’ONU, à bord duquel se trouvait le chef des observateurs le général norvégien Robert Mood, a eu lieu à l’entrée de Deraa, bastion de la contestation dans le Sud, selon un photographe de l’AFP, qui a précisé que la charge a explosé « après le passage des quatre véhicules de l’ONU ». Derrière ces véhicules se trouvaient ceux de l’armée syrienne et des journalistes, qui ont été « projetés en l’air ». Six soldats syriens ont d’ailleurs été blessés dans l’attaque. Le général norvégien était accompagné de son porte-parole Neeraj Singh, mais tous deux sont sains et saufs. Les journalistes aussi s’en sont sortis indemnes.
C’est la première fois qu’un convoi de l’ONU est visé depuis le déploiement des observateurs en Syrie le 15 avril pour y surveiller un cessez-le-feu instauré le 12 avril en application du plan Annan, mais continuellement ignoré. « C’est un exemple concret de violence dont les Syriens n’ont pas besoin. Il est impératif que la violence sous toutes ses formes cesse », a affirmé le général Mood, avant d’ajouter : « Actuellement, 70 observateurs sont en Syrie. Ils seront 100 dans les deux prochains jours. »

Incidence « directe »
Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui a parlé au téléphone avec le général Mood, a dénoncé l’attentat et affirmé que « de tels incidents, s’ajoutant aux violences continues (...) dans de nombreuses villes de Syrie, remettent en question l’engagement des parties envers la fin des violences et pourraient avoir une incidence directe sur l’avenir de la mission ».
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a accusé le régime de l’attaque en arguant que ce dernier voulait saboter la mission. Pour Samir Nachar, membre de ce conseil, « avec ces explosions, le régime veut éloigner les observateurs du terrain », et « cherche à corroborer sa théorie sur la présence de terroristes et de salafistes en Syrie, ce qui est contraire à la réalité ». Le régime de Bachar el-Assad, qui ne reconnaît pas la contestation qu’il réprime dans le sang, accuse depuis mars 2011 des « terroristes » de semer le chaos dans le pays. L’agence officielle SANA a, quant à elle, rapporté l’explosion sans la commenter. Paris l’a de son côté condamnée en disant tenir le régime « pour responsable de la sécurité des observateurs ».
Les violences ont touché d’autres régions du pays, selon une ONG syrienne, s’ajoutant à la longue liste des violations du plan de paix de l’émissaire Kofi Annan qui a dit la veille sa « profonde inquiétude » de voir la Syrie « s’enfoncer dans une guerre civile totale ». Des tirs ont été entendus à distance au moment de la visite d’observateurs à Hama, selon des vidéos mises en ligne par des militants. Quinze personnes au moins dont 11 civils ont péri dans les violences dans plusieurs villes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des bombardements sur Douma ont duré toute la nuit et se sont poursuivis dans la journée, selon la même source. Et dans la ville voisine de Harasta, des dizaines de personnes ont été arrêtées.
À Damas même, des accrochages ont brièvement éclaté entre une patrouille des services de sécurité et des rebelles dans le quartier de Mayssat, sans toutefois faire de victimes, selon l’organisation. De même, des rebelles ont abattu sept miliciens loyalistes lors d’une attaque au lance-roquette contre un bus qui les transportait en banlieue de Damas, d’après des militants de l’opposition.

Dépréciation : 45 %
Par ailleurs, un jour après la ratification controversée par le Parlement roumain de plusieurs accords avec la Syrie sur l’extradition et la lutte contre la criminalité organisée, Bucarest a précisé hier que ces traités « ne sont pas en vigueur » en l’absence d’approbation syrienne, soulignant que « ces accords ont été signés en novembre 2010, avant le déclenchement des événements en Syrie ». Un de ces accords prévoit des échanges d’expériences dans le domaine du maintien de l’ordre public, les deux autres traités portant sur l’extradition et le transfert des personnes condamnées.
Enfin, le Fonds monétaire international a fait état d’une dépréciation de 45 % de la livre syrienne face au dollar sur le marché parallèle et d’une chute de 40 % de la Bourse depuis le début du conflit.
Une bombe a explosé hier au passage d’un convoi d’observateurs internationaux en Syrie, quelque trois jours seulement après les premières législatives « multipartites ».L’explosion au passage du convoi de l’ONU, à bord duquel se trouvait le chef des observateurs le général norvégien Robert Mood, a eu lieu à l’entrée de Deraa, bastion de la contestation dans le Sud, selon un photographe de l’AFP, qui a précisé que la charge a explosé « après le passage des quatre véhicules de l’ONU ». Derrière ces véhicules se trouvaient ceux de l’armée syrienne et des journalistes, qui ont été « projetés en l’air ». Six soldats syriens ont d’ailleurs été blessés dans l’attaque. Le général norvégien était accompagné de son porte-parole Neeraj Singh, mais tous deux sont sains et saufs. Les...
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