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Moyen Orient et Monde - France

Brève parenthèse pour Hollande et Sarkozy pour le 8 Mai

La pression s’intensifie sur le président élu, concernant les dossiers notamment économiques.

François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés hier pour la cérémonie du 8 Mai, devant l’arc de triomphe à Paris. Photo Lionel Bonaventure/AFP

À une semaine de son entrée en fonctions, le président élu François Hollande a été rappelé hier aux enjeux de son rendez-vous crucial avec Angela Merkel, ne quittant ses dossiers que pour une brève parenthèse républicaine pour participer aux cérémonies du 8 Mai au côté de Nicolas Sarkozy.


M. Hollande, dont la première visite à l’étranger sera pour la chancelière allemande afin d’arracher un volet croissance au pacte de stabilité européen, a reçu de Mme Merkel une lettre qui, après les félicitations d’usage, lui rappelle l’exigence pour les deux pays de prendre « les décisions nécessaires » pour assurer l’avenir de l’Europe. François Hollande sera donc accueilli à Berlin à « bras ouverts » mais pas question de renégocier le traité de discipline budgétaire européen, déjà signé par 25 des 27 pays de l’UE, a déjà prévenu lundi Mme Merkel.


Les pressions sur François Hollande sont aussi venues du Japon, où le ministre des Finances, Jun Azumi, l’a pressé de respecter ses engagements de maîtrise du déficit (qui doit être ramené à zéro en 2017). « Nous voulons qu’il fasse ce qui a été décidé jusqu’à présent », a-t-il ainsi déclaré hier lors d’une conférence de presse. Mais Pierre Moscovici, responsable de la transition dans l’équipe de François Hollande, s’est dit assuré hier qu’un « compromis » sera trouvé sur la croissance et a réaffirmé que le traité ne sera pas ratifié par la France « en l’état », avant de souligner que « cette préoccupation est en train de progresser » en Europe.


Dans beaucoup de pays d’Europe, l’arrivée au pouvoir du socialiste français est vue en effet comme l’occasion de sortir de politiques uniquement tournées vers l’austérité. En Allemagne même, les sociaux démocrates du SPD et les verts ont menacé de bloquer la ratification du traité par le Parlement si des compléments pour la relance ne sont pas apportés. Soutiens de François Hollande, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy et l’ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) Jacques Attali ont d’ailleurs plaidé pour un « budget européen de croissance » en zone euro et suggéré la création de « project bonds » pour soutenir des projets d’investissement, dans une tribune publiée par Le Monde.


Néanmoins, M. Hollande, qui prépare aussi les sommets du G8 puis de l’OTAN aux États-Unis du 18 au 21 mai, précédés d’une rencontre à la Maison-Blanche avec Barack Obama, ainsi qu’une réunion extraordinaire des dirigeants européens le 23 mai à Bruxelles, a quitté un instant ses dossiers hier matin pour retrouver Nicolas Sarkozy à l’arc de triomphe, pour les cérémonies de la victoire de 1945 sur le nazisme. Les deux hommes, qui se sont durement affrontés pendant la campagne électorale, se sont serré la main avant de porter, ensemble, une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu. Ils ont ensuite écouté, dans une atmosphère très solennelle – François Hollande à la droite du président en exercice, un pas en arrière – l’hymne national puis le Chant des partisans, un chant de la Résistance entonné par les chœurs de l’armée française. « C’était (l’image) du rassemblement qui devait se faire. Président encore en exercice, président élu qui va prendre ses responsabilités le 15 mai, nous devions être l’un et l’autre présents à cette cérémonie », a ensuite déclaré à la presse M. Hollande. Le président élu travaille aussi à la constitution de son gouvernement, auquel les écologistes ont annoncé hier leur souhait de participer, et fera connaître le nom de son Premier ministre le 15 mai, jour de la passation des pouvoirs.


De son côté, le président sortant, qui a voulu croire jusqu’au bout à sa victoire, a prévenu dimanche qu’il ne participerait pas au combat politique qui s’annonce, celui des législatives des 10 et 17 juin où son parti, l’UMP, espère sauver les meubles. Il souhaite « prendre du champ » et il « définira lui-même sa place » pour la suite, a indiqué hier Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

 

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