Le projet de loi prévoyant de dissoudre la 18e Knesset (Parlement) et « d’avancer la date des élections de la 19e Knesset au mardi 4 septembre 2012 » avait été déjà approuvé par la commission ministérielle des Lois et la commission permanente du Parlement. Il devait encore être débattu par la Chambre et voté en deuxième et troisième lectures selon une procédure accélérée dans la nuit. Le député du Likoud (droite) Zeev Elkin, qui a présenté le projet au nom du gouvernement, a appelé l’opposition à l’approuver. « Pour une fois en trois ans, assumez votre rôle en votant la dissolution. C’est en principe le rêve de toute opposition », a-t-il dit.
Ce texte se heurtait à l’hostilité du parti ultranationaliste Israel Beiteinou et du petit parti de l’Indépendance, tous deux membres de la coalition gouvernementale, ainsi que du Kadima (opposition de centre droit). Ces trois formations laïques voulaient retarder la dissolution de la Chambre jusqu’au vote par les députés d’une nouvelle loi controversée obligeant les juifs ultraorthodoxes à effectuer leur service militaire. Mais la commission ministérielle des lois a également accéléré la procédure législative pour accéder à leur demande et examiner d’ici aux élections leurs textes de loi sur le service militaire des religieux orthodoxes.
Dimanche soir déjà, M. Netanyahu avait annoncé qu’il convoquait des élections législatives anticipées, mais sans préciser de jour. « Je ne veux pas qu’il y ait un an et demi d’instabilité politique accompagnée de chantages et de populisme. Mieux vaut une campagne électorale courte de quatre mois pour assurer la stabilité politique », a déclaré M. Netanyahu devant une convention de son parti Likoud (droite) à Tel-Aviv. La législature s’achève normalement en octobre 2013. « Il faut un Likoud grand et fort. Nous allons former un gouvernement aussi large que possible pour assurer l’avenir d’Israël », a également promis le Premier ministre, qui est donné grandissime favori pour conduire le prochain gouvernement.
Les analystes politiques s’attendent à ce que le prochain gouvernement s’appuie sur la même coalition qu’actuellement, mais en dépendant moins des petits partis. Treize partis sont actuellement représentés au Parlement israélien de 120 membres, dont les élus sont choisis à la proportionnelle. Et si la plupart des sondages montrent un fort soutien au Likoud – près de la moitié (48 %) des Israéliens plébiscitent M. Netanyahu comme le meilleur candidat à sa succession, selon un récent sondage publié par le quotidien Haaretz – une majorité d’Israéliens se disent également hostiles à des frappes israéliennes contre l’Iran, ou en tout cas opposés à une action militaire unilatérale, sans l’aval de Washington.
Car c’est dans un contexte de fortes tensions avec l’Iran que M. Netanyahu a pris cette décision. Israël menace l’Iran de frappes militaires en cas d’échec des négociations sur le nucléaire avec les grandes puissances et table sur un soutien plus franc des États-Unis, qui y sont jusqu’à présent opposés, après l’élection présidentielle du 6 novembre.
(Source : agences)


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