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À La Une - Portrait

Hollande ou la mue en champion d'un candidat sans expérience ni charisme

"Je suis celui que vous voyez, je n'ai pas d'artifice", dira le candidat socialiste lors de la campagne.

François Hollande et sa compagne Valérie Trierweiler le 22 avril 2012, lors du premier tour de la présidentielle française. REUTERS/Regis Duvignau

Il n'a jamais été ministre, se présentait pour la première fois à la présidentielle, est raillé de tous : trop rond, trop apparatchik, trop provincial. Mais au terme d'un sans-faute en campagne, le socialiste François Hollande a remporté la présidentielle française.

 

"Je suis celui que vous voyez, je n'ai pas d'artifice, je n'ai pas besoin de me travestir. Je suis ce que je suis, simple, direct, libre", disait-il pendant la campagne.

 

"L'homme n'est ni rusé ni cynique, il est simplement dans une posture d'évitement", confirme son biographe Serge Raffy.

 

Evitement ? Le mot lui colle à la peau depuis sa plus tendre enfance quand, élève dans une école religieuse, il évite les punitions de ses rigoristes professeurs à coups de sourires et de bonnes notes.

 

Après un déménagement à Neuilly, la très chic banlieue parisienne, François Hollande découvre Paris, la politique et les filles. "En amour et avec les filles, c'est comme en anglais, je suis plutôt dans la catégorie des médiocres", dit-il.

 

Ni gauchiste ni anarchiste, il est fasciné par François Mitterrand qui sera élu en 1981 à la présidence. Après l'Ecole nationale d'administration (ENA), creuset des élites françaises, il entre à la Cour des comptes, puis commence à écrire des "notes" pour le président Mitterrand.

 

A 26 ans, il tente le pari de se présenter aux législatives sur les terres du futur président Jacques Chirac, qu'il interpelle en réunion publique.

"Qui êtes vous, monsieur ?", lui lance Jacques Chirac. "Je suis celui que vous comparez au labrador de Mitterrand", lui répond le jeune socialiste.

 

Social-démocrate assumé, Européen convaincu, François Hollande s'intéresse surtout aux questions fiscales. Il grandit dans l'appareil du PS, rêve d'un ministère qu'il n'aura jamais.

Ce sont les échecs de Lionel Jospin en 1995 et en 2002, celui de Ségolène Royal en 2007, qui l'amèneront à se décider pour la présidentielle.

 

A la rentrée 2009, Hollande discute avec sa compagne Valérie Trierweiler.

"Je lui ai dit: +si tu penses que tu es le meilleur, tu y vas+", dit la journaliste politique.

"Il m'a répondu: +Je suis le meilleur+, assure-t-elle. C'est la première fois que je l'entendais dire cela".

 

Le candidat perd plus de dix kilos, se fait tailler des costumes sur mesure, change de lunettes.

 

Jusqu'au 14 mai 2011, rien ne le prédisposait toutefois à se trouver dans la course à l’Elysée. Avant le 14 mai, c’est le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui fait figure de favori des socialistes, des sondeurs et de la presse.

 

François Hollande est un homme d'appareil, il a été le chef du Parti socialiste pendant 11 ans. Député de Corrèze, département rural du centre de la France, ce natif de Normandie semblait très loin du charisme qu'exige en France l'élection présidentielle, cette onction républicaine.

 

Au départ, donc, personne ne l'attendait, l’homme n’ayant ni la flamboyance de DSK, ni le lien charnel aux Français de son ex-compagne, Ségolène Royal.

 

Les déboires judiciaires de DSK ouvriront la voie à François Hollande.

 

Au début de la campagne, si Hollande fait figure de candidat crédible, il n’apparait pas comme un possible vainqueur. Ce sont les mois de campagne électorale qui ont transformé la perception des Français de cet homme de 57 ans.

 

Fils d'un médecin rugueux d'extrême droite et d'une assistante sociale de gauche, il bâtit sa campagne sur une intuition : la France est fatiguée de l'énergie débordante de Nicolas Sarkozy, l'hyper-président, de son "exhibition permanente", et rêve d'une présidence "normale".

 

Hollande est avant tout l'"anti-Sarkozy", la meilleure promesse de "dégager" le président sortant selon ses opposants qui reprennent les slogans du Printemps arabe.

 

Vient le moment où les sondages le placent en position de battre Nicolas Sarkozy. Un rapport de force jamais démenti par la suite.

 

Sous le besogneux capable de parler fiscalité pendant des heures, les Français découvre, en outre, un homme plein d'humour, constant dans son programme, combattif en meeting et pugnace en débat face à Nicolas Sarkozy.

 

L'homme affable, qui fuit le conflit, veut s'afficher solide, "tenace", sa principale qualité pour son ami, l'ex-ministre Michel Sapin. Il surprendra mercredi 2 mai, lors de son face à face télévisé avec Nicolas Sarkozy, en se montrant plus offensif qu'attendu.

 

"Il a changé. C'est comme s'il était rentré dans ce costume (de président) au fil des jours, dira sa compagne Valérie Trierweiler. Il est tout à fait prêt à exercer cette fonction".

 

Hollande est "insaisissable", résume son fils aîné Thomas, qui y voit la marque d'un "homme libre", un "stratège" qui veut comprendre les gens mais aussi avoir un coup d'avance.

 

Il n'a jamais été ministre, se présentait pour la première fois à la présidentielle, est raillé de tous : trop rond, trop apparatchik, trop provincial. Mais au terme d'un sans-faute en campagne, le socialiste François Hollande a remporté la présidentielle française.
 
"Je suis celui que vous voyez, je n'ai pas d'artifice, je n'ai pas besoin de me travestir. Je suis ce que je suis, simple, direct, libre", disait-il pendant la campagne.
 
"L'homme n'est ni rusé ni cynique, il est simplement dans une posture d'évitement", confirme son biographe Serge Raffy.
 
Evitement ? Le mot lui colle à la peau depuis sa plus tendre enfance quand, élève dans une école religieuse, il évite les punitions de ses rigoristes professeurs à coups de sourires et de bonnes notes.
 
Après un déménagement à Neuilly, la très chic banlieue...
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