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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Française

Hollande adopte une attitude plus ferme sur l’immigration

Sarkozy reste à droite toute, alors que les critiques commencent à se faire entendre dans la majorité.

Des partisans en liesse ont accueilli Nicolas Sarkozy à son meeting de Dijon hier soir. Philippe Wojazer/Reuters

Le candidat socialiste à l’élection présidentielle en France, François Hollande, a durci sa position hier en matière d’immigration, dans une campagne de second tour dominée par les thèmes imposés par l’extrême droite.
« Dans une période de crise, la limitation de l’immigration économique est nécessaire, indispensable », a ainsi déclaré hier à la radio RTL M. Hollande, toujours donné largement victorieux le 6 mai par les sondages, dont celui de l’IFOP qui lui donnait hier 55 % des intentions de vote. « Chaque année, le Parlement fixera le chiffre des besoins » de l’économie française, a-t-il précisé en jugeant « pas normal qu’un certain nombre d’employeurs, de façon cynique, utilisent de la main-d’œuvre clandestine ». Déjà jeudi soir, le socialiste avait répété que les étrangers en situation irrégulière « seront reconduits à la frontière ». Il a également assuré hier qu’il « maintiendrait » la loi sur l’interdiction du port du voile islamique intégral, burqa ou niqab, votée il y a un an et sur laquelle la gauche s’était abstenue.
Depuis lundi, François Hollande est diabolisé comme le candidat de l’immigration et du communautarisme par Nicolas Sarkozy, arrivé derrière le socialiste au premier tour (27,18 % contre 28,63 %) et qui doit attirer les électeurs de Marine Le Pen (Front national, extrême droite, 17,90 %) pour espérer l’emporter. M. Sarkozy avait en outre affirmé jeudi – à tort – que François Hollande avait reçu le soutien de 700 mosquées et de l’intellectuel musulman controversé Tariq Ramadan, ou encore qu’il prévoyait de régulariser tous les étrangers en situation irrégulière. Et il agite chaque jour comme un chiffon rouge la promesse de M. Hollande d’accorder le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. Le président-candidat a aussi repris à son compte certaines propositions de Mme Le Pen en se déclarant favorable à la « présomption de légitime défense » pour les policiers, après un fait divers en banlieue parisienne où un policier a été inculpé d’homicide volontaire pour avoir tué un délinquant en fuite.
« Le candidat-président est en train d’essayer de faire les poches, pour des raisons électoralistes, de mon programme », a ironisé Marine Le Pen qui n’a pas l’intention d’appeler à voter pour l’un des deux candidats du second tour. La droite est restée jusqu’à présent relativement soudée derrière la stratégie de Nicolas Sarkozy. Mais des critiques commencent à se faire entendre dans la majorité, et des parlementaires de droite dénoncent également une stratégie de l’échec. « Ce n’est pas comme cela qu’on ramènera les électeurs frontistes (de Marine Le Pen) et cela peut dégoûter les électeurs centristes », a déploré le député Étienne Pinte, estimant que le chef de l’État « se trompe » en reprenant les thématiques chères au Front national (FN). Le sénateur Jean-René Lecerf regrette pour sa part une « course à l’échalote avec le FN ». « Les valeurs du FN ne sont pas les nôtres. Et toute démarche à l’égard du FN me paraît inutile », estime-t-il.
Pour l’instant, cette posture droitière du président-candidat ne semble guère productive, si l’on en croit les derniers sondages qui montrent une grande stabilité depuis le lendemain du premier tour, M. Sarkozy étant toujours donné nettement battu avec 45 à 46 % des intentions de vote. Mais le président maintenait sa stratégie sans s’inquiéter d’un risque de fuite des électeurs centristes de François Bayrou (9 % au premier tour) vers M. Hollande.
Bref moment consensuel, les deux candidats se sont retrouvés dans leur passion commune du sport : Nicolas Sarkozy aurait rêvé de gagner le Tour de France cycliste et François Hollande « être l’avant-centre du Football club de Rouen », sa ville natale. Toutefois, la politique n’était pas loin puisque le chef de l’État a envisagé sa défaite en rappelant que « la règle » est de se faire prendre sa « place » à un moment ou à un autre. « M. Hollande a salué ce parallèle, considérant que c’est un bon principe que de reconnaître qu’une course peut être gagnée une fois, pas forcément une deuxième fois. »
Dans la soirée, ils ont poursuivi leur marathon de meetings, Nicolas Sarkozy à Dijon et François Hollande à Limoges. Le président sortant a d’ailleurs dénoncé hier à Dijon le « procès stalinien » dont il se dit victime, après les accusations d’extrémisme de droite lancées contre lui notamment par la gauche.
(Source : agences)
Le candidat socialiste à l’élection présidentielle en France, François Hollande, a durci sa position hier en matière d’immigration, dans une campagne de second tour dominée par les thèmes imposés par l’extrême droite.« Dans une période de crise, la limitation de l’immigration économique est nécessaire, indispensable », a ainsi déclaré hier à la radio RTL M. Hollande, toujours donné largement victorieux le 6 mai par les sondages, dont celui de l’IFOP qui lui donnait hier 55 % des intentions de vote. « Chaque année, le Parlement fixera le chiffre des besoins » de l’économie française, a-t-il précisé en jugeant « pas normal qu’un certain nombre d’employeurs, de façon cynique, utilisent de la main-d’œuvre clandestine ». Déjà jeudi soir, le socialiste avait répété que les étrangers...
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