Nous nous adressons aujourd’hui, au nom de la majorité silencieuse, au ministre de l’Intérieur, pour qui nous avons beaucoup d’estime, et nous lui demandons de faire arrêter les éventuels coupables, de les juger et de leur faire payer pour tous les crimes commis.
Depuis plus de trente ans, aucun coupable n’a été jeté en prison pour tous les assassinats politiques contre des personnalités libanaises de premier rang et qu’aujourd’hui les attentats reprennent – je cite, entre autres, Samir Geagea et Moustapha Geha. Cela sans compter les enlèvements et les disparitions de centaines d’opposants syriens et libanais, partis sans laisser de traces.
Où sont d’autre part les responsables de tous ces produits avariés qui inondent les marchés, ce qui pousse les Libanais à devenir végétariens malgré eux? Où sont les vandales qui squattent des régions et des immeubles qui ne leur appartiennent pas? Et que dire de ces maisons qui s’effondrent comme châteaux de cartes, quand un propriétaire s’avise de construire un nouvel immeuble sans prendre les mesures de sécurité nécessaires?
Je préfère ne pas mentionner les présumés coupables recherchés par le Tribunal international pour le Liban, qui ne seront livrés ni dans 40 ans ni dans 400 ans, et qui passent des moments de repos sous la sauvegarde de leurs défenseurs. Que dire en outre de ces fabricants de drogues, découverts, mais non arrêtés, car ils sont protégés par des mafieux sûrs de leur impunité.
De grâce, le pays du Cèdre qui, des centaines d’années durant, a été considéré comme le pays de la paix et de l’amour, devient de plus en plus le pays du crime impuni.
Réveillez-vous, hommes politiques sincères, et exigez de nos dirigeants une politique de fermeté envers les hommes et les partis qui encouragent la continuation de tous ces crimes. Les enfants du Liban et leurs parents vous le demandent à genoux.
Raymond NAHAS

