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Économie - Industrie

Le ciel se couvre sur le secteur de l’énergie solaire

En Europe, les fabricants de panneaux subissent de plein fouet des surcapacités criantes, conjuguées à une révision à la baisse des aides gouvernementales.

L’industrie de l’énergie solaire accumule les déboires. Roslan Rahman/AFP

De Photowatt en France à First Solar en Allemagne, l’industrie de l’énergie solaire accumule les déboires. « Le marché a explosé au cours des trois dernières années d’une manière qui était difficilement soutenable sur le long terme », explique Gaëtan Masson, chef économiste de l’EPIA, l’Association européenne des industriels du photovoltaïque. Ainsi, l’an dernier, près de 28 gigawatts de panneaux solaires ont été installés dans le monde, dont près de 22 gigawatts en Europe (soit près du double de l’année précédente), l’Italie et l’Allemagne se taillant la part du lion. Mais les gouvernements européens, qui avaient largement alimenté cette croissance effrénée en accordant des tarifs de rachat très favorables pour l’électricité produite à partir du soleil, dans un but environnemental, sont en train de briser tour à tour cet emballement, débordés par le succès de leurs régimes d’aide. L’Italie a ainsi revu à la baisse ce mois-ci son dispositif de soutien au solaire, emboîtant le pas à la France, l’Allemagne, l’Espagne et au Royaume-Uni, qui ont déjà raboté ou suspendu leurs mesures incitatives.
Parallèlement, la capacité mondiale de fabrication de panneaux solaires a atteint 55 gigawatts en 2011, soit près du double de la demande totale, faisant chuter les prix de vente. Résultat, « cela conduit un certain nombre d’acteurs à se demander s’ils peuvent continuer à produire », et « on commence à assister à une série de fermetures, de faillites et de gels de capacités de production », résume M. Masson. « Le marché est entré dans une phase de maturation à la fois normale et salutaire, sachant qu’il ne peut continuer à croître de manière exponentielle », et à dépendre éternellement de régimes d’aide, abonde Jean-Yves Lindheimer, qui dirige les activités françaises du géant chinois Suntech, premier fabricant mondial de panneaux solaires. Selon lui, « la baisse plus brutale qu’attendu des tarifs de rachat en Europe pose des problèmes de stratégie et de financement à certaines entreprises, mais cela va permettre un assainissement global du secteur et faire ressortir les sociétés qui font des efforts de recherche et développement, qui leur permettent ensuite d’abaisser leurs coûts de production ».
Le coup de frein brutal en Europe commence à avoir des répercussions mondiales. La semaine dernière, SunPower, filiale de Total basée aux États-Unis, a annoncé la fermeture d’une usine aux Philippines, dans le cadre d’un programme de réduction de ses coûts. Et l’américain First Solar, en plus de fermer son usine allemande de Francfort, va suspendre quatre lignes de production à Kulim, en Malaisie. Dans ce contexte, les fabricants asiatiques sont souvent accusés de faire du dumping au détriment de leurs rivaux occidentaux. Des reproches rejetés en bloc par le patron de Suntech France. Selon lui, les industriels chinois sont financés à des taux comparables à ceux pratiqués en Europe (4 à 5 % par an), bien au-dessus des à 1 à 2 % dont avait bénéficié le groupe américain Solyndra grâce au soutien de Washington. Au final, les bas prix des industriels asiatiques sont liés, assure-t-il, à des innovations technologiques et des « effets de taille », qui leur permettent de produire à moindre coût. « Si toutes nos lignes de fabrication sont en Chine (excepté pour les États-Unis), l’essentiel de l’équipement de production et certaines matières premières utilisées (silicium, verre...) sont européens », relève-t-il également, ajoutant que la conception, l’installation et la maintenance des panneaux créent au bout du compte plus d’emplois dans les pays de destination que leur fabrication, elle-même très automatisée.

            (Source : AFP)
De Photowatt en France à First Solar en Allemagne, l’industrie de l’énergie solaire accumule les déboires. « Le marché a explosé au cours des trois dernières années d’une manière qui était difficilement soutenable sur le long terme », explique Gaëtan Masson, chef économiste de l’EPIA, l’Association européenne des industriels du photovoltaïque. Ainsi, l’an dernier, près de 28 gigawatts de panneaux solaires ont été installés dans le monde, dont près de 22 gigawatts en Europe (soit près du double de l’année précédente), l’Italie et l’Allemagne se taillant la part du lion. Mais les gouvernements européens, qui avaient largement alimenté cette croissance effrénée en accordant des tarifs de rachat très favorables pour l’électricité produite à partir du soleil, dans un but environnemental,...
commentaires (4)

Oui, Messieurs, vous avez totalement raison, le SOLEIL est le grand ATOUT du Liban. Les Cypriotes l'avaient déjà compris dans les années 80... La France a un gros retard dans l'énergie solaire (car il faut faire marcher le nucléaire... et tant pis pour les Fukushima à venir!). En Suisse, le soleil, la géothermie, l'énergie hydraulique et le bois-énergie ont le vent en poupe. Et l'EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) est à la pointe dans ce domaine. Elle collabore même avec Sharja, dans les émirats, qui a compris que le pétrole n'est pas éternel. Pour des raisons aussi bien économiques qu'écologiques, il faut miser résolument sur les énergies renouvelables. Et le Liban en a les moyens.

Nayla Sursock

08 h 01, le 25 avril 2012

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Commentaires (4)

  • Oui, Messieurs, vous avez totalement raison, le SOLEIL est le grand ATOUT du Liban. Les Cypriotes l'avaient déjà compris dans les années 80... La France a un gros retard dans l'énergie solaire (car il faut faire marcher le nucléaire... et tant pis pour les Fukushima à venir!). En Suisse, le soleil, la géothermie, l'énergie hydraulique et le bois-énergie ont le vent en poupe. Et l'EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) est à la pointe dans ce domaine. Elle collabore même avec Sharja, dans les émirats, qui a compris que le pétrole n'est pas éternel. Pour des raisons aussi bien économiques qu'écologiques, il faut miser résolument sur les énergies renouvelables. Et le Liban en a les moyens.

    Nayla Sursock

    08 h 01, le 25 avril 2012

  • PS J'ai oublié de préciser dans ma réaction que la photo que vous publiez représente des chauffe-eau solaires et non des panneaux photovoltaiques ce qui est très différent et sème la confusion dans l'esprit de beaucoup de gens. François J. Rappard

    Francois J. Rappard

    05 h 01, le 25 avril 2012

  • Les énergies solaire et éolienne sont l'avenir. Mieux vaut commencer à investir dans ces secteurs que de perdre des milliards en bateaux qui ne donneraient jamais la puissance d'énergie supposée et promise. C'est jeter l'argent du contribuable par la fenêtre, grande ouverte !

    SAKR LEBNAN

    02 h 57, le 25 avril 2012

  • Il est clair que les industriels occidentaux de la branche photovoltaïque souffrent de la concurrence chinoise. Il est tout aussi clair que dans les pays qui dépendent en grande partie du nucléaire, le coût du MW est aujourd’hui encore moins élevé que celui de l’électricité solaire. Cela peut s’expliquer par le fait que ces centrales sont pratiquement amorties. Le remplacement de ces centrales qui arrivent en bout de course est-il moins onéreux que la construction de centrales solaires ? Après les catastrophes nucléaires américaines, russes et japonaises, le problème ne se pose plus de la même façon. Le soleil offre chaque jour 10 000 fois plus d’énergie que le monde n’en consomme durant cette période et que cette énergie est gratuite et non polluante… La baisse des aides gouvernementales aux petits producteurs ne gêne que ceux qui pensaient gagner de l’argent en produisant plus d’électricité qu’ils n’en consomment. Pour les pays qui consomment de plus en plus d’électricité, et dont la production est essentiellement basée sur des centrales thermiques, la solution solaire demeure la seule alternative financière et écologique et les chinois ne s’y sont pas trompés ! C’est en tout cas la solution évidente pour le Liban… Vive la fée photovoltaïque… François J. Rappard

    Francois J. Rappard

    01 h 14, le 25 avril 2012

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