Bachar el-Assad. Photo AFP
Pour le président tunisien Moncef Marzouki, le régime de Damas est "fini". "A mon avis, cet homme (Bachar el-Assad) n'est pas prêt à faire de concessions" et "les Russes, les Chinois et les Iraniens doivent se rendre à l'évidence qu'il est fini", a-t-il déclaré dans un entretien publié mardi dans le quotidien pan-arabe Al-Hayat, conseillant à Moscou, Pékin et Téhéran, qui soutiennent le chef d'Etat syrien, à "le convaincre de quitter le pouvoir".
"Tu partiras d'une manière ou d'une autre. Tu partiras mort ou tu partiras vivant, et c'est mieux pour toi et pour ta famille de partir vivants", a dit le président tunisien à l'adresse de Bachar el-Assad.
"Si tu as décidé de partir mort, cela veut dire que tu auras causé la mort de dizaines de milliers d'innocents. Assez d'effusion de sang", a ajouté M. Marzouki, dont le pays avait accueilli en février une réunion des Amis de la Syrie.
Le président tunisien a, par ailleurs, estimé que le plan de l'émissaire international sur la Syrie, Kofi Annan, "ne réussira pas" car les 300 observateurs -que le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé d'envoyer sur le terrain- seront "très insuffisants" pour assurer le respect du cessez-le-feu, constamment violé depuis son entrée en vigueur le 12 avril.
Le plan Annan prévoit, outre la fin des hostilités, le retrait des troupes des villes, la libération des détenus incarcérés dans le cadre de la révolte et l'accès des humanitaires et de la presse au pays.
Un porte-parole de M. Annan a prévenu mardi soir que le cessez-le-feu en Syrie est "extrêmement fragile".
Les violences redoublent d'intensité en Syrie malgré la présence d'observateurs de l'ONU qui se sont rendus mardi dans plusieurs villes du pays, dont Hama (centre) où plus de 30 civils ont été tués la veille par les forces du régime. La journée de lundi, avec 59 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), a été la plus meurtrière depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu violé quotidiennement.
Une équipe avancée d'observateurs circule depuis le 16 avril dans les villes touchées par la répression de la contestation, préparant le terrain aux 300 observateurs internationaux qui doivent être déployés à partir de la semaine prochaine.
Selon un responsable de l'équipe de l'ONU, Neeraj Singh, onze Casques bleus sont sur le terrain, dont deux basés à Homs (centre), ville symbole de la répression.
Selon une ONG basée au Caire, neuf militants ont été abattus lundi à Hama par les forces du régime, au lendemain de leur rencontre avec les observateurs. "Hama a été la cible lundi d'une vaste campagne militaire et de sécurité au lendemain de la visite d'observateurs dans des quartiers de cette ville où ils avaient rencontré des habitants qui ont évoqué leurs souffrances", a indiqué la Ligue syrienne des droits de l'Homme (LSDH). "Les forces armées syriennes ont pilonné massivement les quartiers d'al-Arbaïne et de Machaa al-Arbaïne", selon l'ONG, qui parle de plus de 45 morts et 150 blessés.
Les observateurs se sont également rendus mardi à Douma et Harasta, dans la banlieue de Damas, selon l'agence officielle Sana et les Comités locaux de coordination (LCC) qui organisent la mobilisation sur le terrain.
Des combats entre troupes régulières et déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) ont eu lieu à Sitt Zainab, dans la banlieue sud de Damas, alors qu'à Douma, à 13 km de la capitale, des explosions et des coups de feu ont été entendus, selon l'OSDH. Un civil a été tué à Douma par des éclats d'une grenade lancée par les forces du régime, et un agent de sécurité a péri à Damas, selon l'ONG.
Dans le centre de la capitale, une voiture piégée a explosé à Marjé, faisant trois blessés et des dégâts matériels, selon la télévision syrienne officielle, qui a imputé l'attaque à des "terroristes".
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a jugé "important" que le gouvernement syrien fournisse une "protection totale aux observateurs" et assure leur liberté de mouvement.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dont le pays est un allié indéfectible de Damas, a mis en garde lui contre toute tentative de saper le travail de la mission.
A Damas, les services de sécurité ont arrêté à l'aube le penseur palestinien et militant de la société civile Salameh Kaileh à son domicile, selon l'avocat des droits de l'Homme Anouar Bounni. Salameh Kaileh, auteur de nombreux ouvrages politiques traitant notamment du marxisme ou du nationalisme arabe, avait été détenu pendant plus de huit ans dans les années 90 sous le régime de Hafez el-Assad, le père de Bachar.
Les violences en Syrie ont fait au moins 11.100 morts en plus de 13 mois d'une révolte populaire qui s'est peu à peu militarisée face à la répression, et des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, selon l'OSDH.
Lire aussi
Jawhar, un Libanais de Fatah al-Islam, serait-il mort en Syrie ?
"Tu partiras d'une manière ou d'une autre. Tu partiras mort ou tu partiras vivant, et c'est mieux pour toi et pour ta famille de partir vivants", a dit le président tunisien à l'adresse de Bachar el-Assad.
"Si tu as décidé de partir mort, cela veut dire que tu auras causé la mort de dizaines de milliers d'innocents. Assez d'effusion de sang", a ajouté M. Marzouki, dont le...



Du sarcasme Madame Sursock !
13 h 55, le 24 avril 2012