Mais qu’en est-il de cette fameuse région où tout a commencé? Que fait l’État pour aider ses habitants à y rester malgré tout ?
Nos trottoirs sont pour la plupart démolis, s’ils ne sont pas pris d’assaut par les voitures. Les piétons n’ont certainement pas droit au trottoir... En plus, on y plante des pieux pour poser des poteaux de signalisations diverses, mais on ne les utilise point et ils deviennent les meilleurs moyens pour faire trébucher les quelques piétons qui ont envie de se dégourdir les jambes.
Des routes enfoncées car mal asphaltées à l’origine, des couvercles de regards volés (eh oui, ça existe!) et personne pour s’en occuper. Qu’une voiture tombe dans le creux, qu’on y jette des ordures (ni vu ni connu), qui s’en inquiète?
Vous faites les contacts nécessaires et le Conseil du développement et de la reconstruction répond qu’il n’est pas responsable. Vous contactez le ministère des Travaux publics et vous tombez finalement sur une dame qui vous dit tout froidement: «Je vais prendre note, mais ce ne sera pas pour bientôt car nous n’avons pas de crédits pour le moment. Vous contactez votre municipalité et après plusieurs accusations dirigées contre les autres, et preuves que cela ne relève pas de leurs responsabilités, on vous promet quand même de faire quelque chose. Pour preuve de leur bonne volonté, on nous remplace le couvercle volé par un disque rouillé, recouvert de béton. Bon, c’est mieux que rien et j’en suis reconnaissante au neveu du chef de la municipalité. Mais le reste des exigences?...
Cela sans parler de la saleté sur les routes. On dirait que les gens éprouvent un malin plaisir à souiller le sol sur lequel ils vivent. Il faudrait demander à un psychologue les raisons de ce comportement irresponsable.
Et pour terminer, quand je suis intervenue auprès de certains de ces barbares en train de tailler grossièrement un vieil arbre de 100 ans, leur demandant de préserver ce trésor parmi tout le béton moche qui nous entoure, ils m’ont demandé, étonnés, qui j’étais et si je venais de la part du ministère de l’Environnement. Comme quoi le peuple n’a pas le sens du beau, trop habitué qu’il a été à la laideur.
Chers Libanais, cher État, chère Église, ne nous oubliez pas, nous, habitants de Aïn el-Remmaneh.

