À l’aise en costume comme en peau de léopard, le quatrième président de l’Afrique du Sud démocratique épousera sa fiancée de longue date, Bongi Ngema, lors d’une cérémonie traditionnelle dans son village natal de Nkandla en pays zoulou. Elle sera sa quatrième femme, après un divorce et un veuvage. « C’est une cérémonie privée. Je sais simplement qu’elle aura lieu au cours du week-end, je n’ai pas davantage de détails », a précisé le porte-parole de la présidence, Mac Maharaj.
Le mariage de M. Zuma sera le troisième en un peu plus de quatre ans et le deuxième depuis son accession à la tête du pays, dont la Constitution autorise la polygamie dans le cadre du droit coutumier, parallèlement au droit commun qui ne la reconnaît pas. Lors de ses précédents mariages, on a pu voir M. Zuma, père de 21 enfants, en tenue traditionnelle, danser avec un bouclier zoulou, des images qui ont davantage marqué à l’étranger que son action à la tête de la première puissance économique du continent africain.
En Afrique du Sud, l’annonce de son mariage a été accueillie sans enthousiasme par une opinion publique de plus en plus désenchantée face au comportement d’anciens vétérans de la lutte antiapartheid, aux affaires de corruption et à l’augmentation des inégalités. Le mariage a été annoncé par la presse avec des titres ironiques tels que « Zuma va se marier – encore ! » ou « Espérons que ce soit le dernier ». « Le plus gros problème avec ses mariages est que le contribuable paye une partie des dépenses », a critiqué un éditorialiste du quotidien noir The Sowetan, tout en dénonçant le message « peu exemplaire » envoyé en matière de mœurs dans un pays où la sexualité à partenaires multiples a fait le lit du sida. Un éditorialiste du Times a déploré pour sa part que l’on voie un peu trop souvent s’étaler en une des photos de la famille présidentielle ou de ses proches « faisant la bringue à gogo ».
La présidence a tenté d’éteindre la polémique avec un communiqué certifiant que M. Zuma paierait la fête de sa poche et que sa quatrième épouse ne serait pas logée par l’État. La présidence a aussi pris la peine de préciser que « les épouses n’étaient pas rémunérées par l’État », et que les frais de bouche et d’éducation des enfants ne relevaient pas du denier public.
(Source : AFP)


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