La relation au départ a été chaotique et difficile, mais la Chine communiste a semble-t-il le cœur à droite et préférerait une réélection de Nicolas Sarkozy à la présidence française plutôt que l’accession au pouvoir du socialiste François Hollande.
Officiellement, Pékin n’a fait aucun commentaire sur le scrutin, hormis un très diplomatique « aucun changement de politique française n’affecterait les relations sino-françaises » du ministère des Affaires étrangères en réponse à une question de l’AFP. Mais le régime communiste « vote Sarkozy, c’est sûr », dit un analyste français, à quelques jours du 1er tour dimanche.
Plus ils l’ont pratiqué, plus les dirigeants chinois ont fini par apprécier Nicolas Sarkozy. Ce n’était pourtant pas gagné : la relation entre la Chine « et le président Sarkozy a été longtemps difficile, en raison des positions françaises sur un certain nombre de sujets sensibles dont le Tibet, même si elle s’est en partie normalisée à la fin du quinquennat », explique Valérie Niquet de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. D’autant que Pékin a longtemps « tenu en piètre estime » M. Sarkozy : les dirigeants chinois ont pu être heurtés par des manques d’égards, comme l’arrivée en retard de Nicolas Sarkozy à des cérémonies officielles où il a fait attendre le président Hu Jintao, et déstabilisés par sa personnalité imprévisible alors qu’ils détestent l’improvisation.
Sauf que la crise de la dette européenne, une visite d’État où Paris avait déroulé le tapis rouge pour Hu en 2010, plusieurs sommets, dont le G20 de Cannes fin 2011, et enfin les navettes Paris-Pékin de l’ancien Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin sont passés par là. Les présidents Hu et Sarkozy « s’entendent bien au final. Ils arrivent à travailler ensemble, explique l’analyste. De toute façon, les Chinois préfèrent la continuité, la stabilité ». Nicolas Sarkozy a fini par soigner la Chine : il y est venu six fois pendant son quinquennat. Ses ministres ont défilé à Pékin : il y a eu 19 visites l’an dernier, et sa présidence s’est ouverte en 2007 sur une moisson de contrats : 20 milliards d’euros, pour beaucoup grâce au nucléaire (EPR) et Airbus.
Contrairement au président sortant, François Hollande n’est jamais venu en Chine. Les Chinois ne le connaissent pas. Dépêché à Pékin en février, son émissaire Laurent Fabius n’a été reçu par aucun haut responsable. D’ailleurs, en politique étrangère, les socialistes ont parlé de l’Europe et des États-Unis, mais pas de leur politique asiatique. « Il n’est pas certain que les dirigeants chinois se réjouissent de la possible arrivée au pouvoir d’un président socialiste qui pourrait s’avérer aussi sévère sur la question des droits de l’homme et exigeant sur les questions économiques », dit Mme Niquet, ajoutant que Pékin pourrait craindre « un durcissement » de Paris sur « les questions liées au social, comme le coût du travail, les délocalisations où les questions environnementales ». Quant à Liu Jiansheng, il pense que François Hollande, s’il était élu, « pourrait provoquer une confrontation sur le Tibet ».
Officiellement, Pékin n’a fait aucun commentaire sur le scrutin, hormis un très diplomatique « aucun changement de politique française n’affecterait les relations sino-françaises » du ministère des Affaires étrangères en réponse à une question de l’AFP. Mais le régime communiste « vote Sarkozy, c’est sûr », dit un analyste français, à quelques jours du 1er tour dimanche.
Plus ils l’ont pratiqué, plus les dirigeants chinois ont fini par apprécier Nicolas Sarkozy. Ce n’était pourtant pas gagné : la relation entre la Chine « et le...


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