En Afghanistan, les extrémistes sont contre l'éducation des filles, au nom d'une interprétation particulièrement rigoriste de l'islam. AFP PHOTO/JOHANNES EISELE
Quelque 150 collégiennes du nord de l'Afghanistan ont été empoisonnées mardi 17 avril après avoir bu de l'eau contaminée par des extrémistes hostiles à l'éducation des filles, ont annoncé les autorités éducatives de la province de Takhar.
"Nous sommes sûrs à 100% que l'eau qu'elles ont bue à l'école était empoisonnée. C'est l'oeuvre d'adversaires de l'éducation des filles ou d'individus irresponsables armés", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Education dans la région nord de Takhâr, Jan Mohammad Nabizada. Les autorités afghanes n'ont toutefois accusé aucun groupe particulier, craignant des représailles.
"En examinant l'état de santé de ces jeunes filles, je peux définitivement dire que leur eau était contaminée par un quelconque poison (...) Mais on ne sait pas encore avec quoi leur eau a été contaminée", a déclaré pour sa part le directeur du département santé de cette province Dr Hafizullah Safi.
Une partie des 150 collégiennes qui ont souffert de maux de tête et de vomissements, sont dans un état grave. D'autres ont pu regagner leur domicile après avoir été soignées à l'hôpital.
Ce n'est pas la première fois qu'un acte de ce genre est perpétré dans le pays. En 2010, une centaine de jeunes filles et de professeurs avaient déjà été empoisonnés, rappelle la chaîne américaine CNN.
Par ailleurs, des femmes et des collégiennes sont souvent, sur le chemin de l'école, la cible d'attaques à l'acide visant à les défigurer.
Ce fut le cas en novembre 2008, quand quinze jeunes filles qui se rendaient au lycée ont été attaquées à Kandahar, bastion des taliban, au sud du pays, par des hommes à moto qui les ont aspergées d'acide.

Les filles afghanes empoisonnées recevant un traitement, mardi, dans la
cour de leur école. Photo Afghan News Agency
A partir de 1996, les taliban au pouvoir avaient, entre autres atteintes aux droits de la femme, interdit aux filles d'aller à l'école au nom d'une interprétation particulièrement rigoriste de l'islam. Cette mesure avait été levée après leur éviction fin 2001.
L'an dernier, le gouvernement afghan a annoncé que les taliban avaient renoncé à interdire l'école aux filles, ce que ces derniers n'ont toutefois jamais explicitement reconnu.
De façon générale, les violences contre les femmes sont plus fréquentes dans les campagnes, où la coutume définit les relations sociales, que dans les grandes villes, où celles-ci ont vu leur statut évoluer largement depuis la période talibane.
En mars, Human Rights Watch avait dénoncé, dans un rapport,la situation de 400 femmes afghanes emprisonnées pour "crimes moraux".
"Les États-Unis et les autres pays donateurs devraient faire pression sur le gouvernement afghan dirigé par le Président Hamid Karzaï pour que cesse l’emprisonnement injustifié de femmes et de filles qui sont des victimes de crimes et non des criminelles", avait déclaré HRW dans son rapport. "Le gouvernement afghan et ses partenaires internationaux devraient agir de toute urgence pour protéger les droits des femmes et veiller à ce qu’il n’y ait pas de retour en arrière", concluait le rapport.
"Nous sommes sûrs à 100% que l'eau qu'elles ont bue à l'école était empoisonnée. C'est l'oeuvre d'adversaires de l'éducation des filles ou d'individus irresponsables armés", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Education dans la région nord de Takhâr, Jan Mohammad Nabizada. Les autorités afghanes n'ont toutefois accusé aucun groupe particulier, craignant des représailles.
"En examinant l'état de santé de ces jeunes filles, je peux définitivement dire que leur eau était contaminée par un quelconque poison (...) Mais on ne sait pas encore avec quoi leur eau...


Tous vos commentaires evitent de parler de qui financent reellement ces talibans, comme qui financent les "printemps arabes" ?? et la reponse est toute trouvee.En pays salafiste on instruit pas les filles, pas ailleurs.
08 h 29, le 20 avril 2012