Une usine de cuivre au Chili. Eliseo Fernandez/Reuters
Le géant asiatique a besoin de cuivre pour répondre au processus intensif d’urbanisation et d’industrialisation du pays, où la moitié de sa population vit encore dans des zones rurales, a-t-on indiqué au premier jour de la conférence, un des forums les plus influents de l’industrie minière. La volatilité de l’économie mondiale a créé des incertitudes sur la performance de l’économie chinoise et sa demande future en cuivre, mais les analystes estiment que celle-ci ne changera pas à long terme, prolongeant le cycle des prix élevés des métaux. « La demande (de la Chine) ne change rien à long terme », assure Andrew Harding, de Rio Tinto, expliquant que ce pays doit encore renouveler son système électrique et construire des logements sociaux. « L’urbanisation et les infrastructures (en Chine) sont loin d’être compliquées », déclare pour sa part Diego Hernandez, le directeur général de Codelco, le géant minier chilien, premier producteur mondial de cuivre, avec environ 11 % de l’offre mondiale. Au cours des 20 dernières années, ajoute M. Hernandez, la demande de cuivre en Chine a augmenté à un taux de 13,6 % et même si elle devait ralentir dans les années à venir, ses niveaux de croissance restent encore importants. « À l’avenir nous nous attendons à une demande plus lente, d’environ 7 % », ajoute-t-il. Avec 38 % de l’offre mondiale, la Chine est de loin le plus gros acheteur de cuivre.
L’Amérique latine, et particulièrement le Chili et le Pérou, arriveront en tête de la production de cuivre dans les années à venir, avec des investissements dans les projets miniers de 300 milliards de dollars jusqu’en 2020, selon la Société américaine des mines (SIM). Le Chili, le plus grand producteur mondial de cuivre, a maintenu sa participation à environ 30 % de la production mondiale, avec un portefeuille de projets miniers pour un montant de près de 92 milliards de dollars d’ici à 2020, dont 77 % consacrés à l’extraction de cuivre, a déclaré le ministre des Mines, Hernan de Soliminihac.
Toutefois, cette multiplication de projets est menacée par la pression des communautés locales et des groupes environnementaux. « Il y a de nombreux risques. Au Pérou, par exemple, l’opposition des communautés locales est devenue un problème important qui est à l’origine de retards » dans les projets, indique l’analyste Vanessa Davidson, lors de sa présentation à la conférence qui réunit annuellement environ 500 acteurs de premier plan de l’industrie mondiale du cuivre.
Au Chili, le rejet porte sur les installations de projets énergétiques essentiels à l’industrie minière, qui consomme 37 % de l’électricité chilienne. Selon les projections à l’horizon 2017, l’industrie minière chilienne doit augmenter de 44 % sa consommation d’énergie, sous peine de compromettre les projets miniers en cours. La ministre chilienne de l’Environnement, Ignacia Benitez, a appelé les compagnies participant à la conférence à « s’impliquer » avec les communautés indigènes dans les projets qui les concernent et de les tenir informés, car « leur participation est de plus en plus significative » également sur le plan légal.
(Source : AFP)

