Quelque 400 personnes, dont plusieurs ministres et des experts venus d’une quarantaine de pays, participent à cette conférence de deux jours à l’initiative de l’Organisaton mondiale du tourisme (OMT) et du gouvernement tunisien.
« Le but est de préserver la position de la zone méditerranéenne en tant que première destination mondiale en termes d’arrivées internationales », a déclaré à l’AFP le directeur exécutif de l’OMT, Frédéric Pierret.
« Outre la crise économique dans les pays d’origine, les changements politiques en cours dans les destinations d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont des répercussions négatives sur le secteur », ont noté les organisateurs.
« Un nouveau cap doit être défini pour renforcer la compétitivité », ont-ils affirmé dans un communiqué publié au premier jour des travaux.
Les pays du bassin méditerranéen ont besoin d’une « vision partagée » afin de « réévaluer leurs industries touristiques dans le contexte des stratégies de développement durable, de restructurer leurs industries en vue d’améliorer leur efficacité », a-t-on encore estimé.
La Méditerranée commence à voir baisser sa part du marché international en raison aussi de la concurrence de l’Asie du Sud-Est qui a profité, selon les organisateurs, de la « démocratisation » du transport aérien.
Le ministre tunisien du Tourisme, dont le pays – point d’émergence du « printemps arabe » – a été confronté à une chute dramatique du tourisme (7 % du PIB) après la révolution et la chute de Ben Ali en janvier 2011, a exprimé son « inquiétude ».
« Le printemps arabe et la crise économique en Europe (...) nous donnent encore des inquiétudes pour le secteur dans notre région », a déclaré Elyès Fakhfakh. Il a souligné en outre le rejet de « toute forme d’extrémisme » et assuré que la Tunisie restait « un pays d’ouverture, de tolérance, d’accueil et d’hospitalité ». Il a proposé la création d’un « label Méditerranée » sous lequel des offres touristiques seraient commercialisées conjointement sur des marchés lointains.
Le chef du gouvernement, l’islamiste Hamadi Jebali, a de son côté affirmé que son pays n’était pas devenu « une jungle » et ne connaissait pas de troubles « pouvant menacer la sécurité des voyageurs ».
« N’ayons pas peur de la démocratie et des libertés », a-t-il lancé, déplorant l’image chaotique que « certains veulent donner » de la Tunisie postrévolution.
(Source : AFP )

