L'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Bachar Jaafari. Allison Joyce/
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité de ses 15 membres sa première résolution sur la Syrie, autorisant le déploiement sur place d'observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu.
La Russie et la Chine, qui avaient bloqué des résolutions précédentes du Conseil, ont donné leur accord après de difficiles tractations.
Aux termes de la résolution 2042, l'ONU pourra ainsi envoyer en Syrie dès dimanche "une équipe avancée de trente observateurs militaires non armés tout au plus", en prélude à une mission complète. Cette mission complète devrait compter 250 observateurs, selon les estimations de l'ONU. Son déploiement prendra plusieurs semaines et nécessitera une nouvelle résolution.
Ces observateurs non armés proviendront notamment des contingents de Casques bleus opérant "dans la région", "afin d'avoir du personnel expérimenté", a précisé samedi Kieran Dwyer, porte-parole du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU.
Selon des diplomates, il pourrait s'agir de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), de la mission de l'ONU sur le Golan, ou de celles au Soudan et au Soudan du Sud.
Afin de donner à sa mission d'observation les moyens de faire son travail, le Conseil demande à Damas de garantir la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement qui doit être "entière, sans entrave et immédiate" ainsi que la confidentialité de leurs communications.
Le Conseil se propose "d'envisager toutes autres mesures qu'il jugera appropriées" si la résolution n'est pas appliquée par le régime de Bachar el-Assad.
Les 15 pays réclament aussi du gouvernement syrien qu'il respecte "de manière manifeste" sa promesse de retirer ses troupes et ses armes lourdes des villes rebelles, conformément au plan de paix du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan. Ils rappellent que M. Annan a souhaité que les forces syriennes "rentrent dans leurs casernes" pour consolider le cessez-le-feu.
Cette résolution avait été présentée par les Occidentaux (France, Etats-Unis, Royaume Uni, Allemagne notamment) et a fait l'objet d'un véritable bras de fer diplomatique avec la Russie. Celle-ci voulait un texte beaucoup plus court et moins contraignant pour son allié syrien.
Instruits par l'expérience des observateurs de la Ligue arabe, les Occidentaux insistaient pour obtenir de Damas des garanties strictes de sécurité et le respect de ses promesses de désengagement militaire. Les 165 observateurs de la Ligue arabe qui avaient été déployés en Syrie fin décembre 2011 avaient dû plier bagage sans mener à bien leur mission.
Finalement, la Russie a estimé que "des changements importants ont été faits pour rendre le texte plus équilibré", a indiqué son ambassadeur à l'ONU Vitali Tchourkine.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au régime de Bachar el-Assad, s'est félicité samedi de cette annonce. Le CNS met en garde cependant contre "la politique d'atermoiements et de falsification des vérités adoptée par le régime, qui n'a toujours pas retiré ses véhicules blindés des villes, qui interdit les manifestations pacifiques et qui n'arrête pas de tuer les civils".
Lees violences ont fait au moins douze morts en Syrie samedi, la journée la plus meurtrière depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des participants aux funérailles d'un jeune homme tué la veille dans la ville d'Alep, faisant quatre morts, selon l'OSDH. "De quel respect du cessez-le-feu parlent-ils? Le régime continue de tuer le peuple!", s'insurge Mohammad al-Halabi, un militant dans la ville.
Cependant la télévision d'Etat a accusé les rebelles qualifiés de "terroristes", d'être à l'origine des violences à Alep. "Des groupes terroristes tirent sans discernement", a indiqué la chaîne, les accusant d'"oeuvrer à saboter le plan Annan".
A Homs (centre), trois civils ont été tués par des tirs des troupes et des bombardements aux obus de mortier sur plusieurs quartiers, selon l'OSDH.
Ces derniers mois, Homs avait été violemment bombardée, en particulier le quartier symbole de Baba Amr, repris le 1er mars par l'armée après un mois de pilonnage dévastateur. L'armée contrôle désormais 70% de cette ville où seuls résistent encore certains quartiers du vieux Homs.
Un civil a été abattu par des tirs des forces de sécurité à Qalaat al-Madiq, dans la province de Hama (centre), et un autre à Dmeir, à 40 km de Damas, selon l'ONG basée en Grande-Bretagne.
Un policier déserteur a été tué lors de perquisitions dans le province d'Idleb (nord-ouest) et deux membres des forces de sécurité sont morts dans l'attaque de leur voiture à Deraa (sud), selon l'OSDH.
Dans cette même province, les manifestations ont repris pour appeler au départ du président Bachar el-Assad. "On ne reculera pas, on ne cèdera pas avant la chute du régime", ont scandé des manifestants à Inkhel.
"Nous ne sommes pas des cobayes, nous sommes un peuple massacré", lisait-on sur une pancarte à Nahteh, en référence aux tentatives de la communauté internationale de faire appliquer le plan Annan.
Le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril avait déjà été fragilisé les deux premiers jours par la mort de 18 personnes au total, même si ce bilan reste en nette rupture avec les mois précédents, au cours desquels les morts se comptaient chaque jour par dizaines.
La Russie et la Chine, qui avaient bloqué des résolutions précédentes du Conseil, ont donné leur accord après de difficiles tractations.
Aux termes de la résolution 2042, l'ONU pourra ainsi envoyer en Syrie dès dimanche "une équipe avancée de trente observateurs militaires non armés tout au plus", en prélude à une mission complète. Cette mission complète devrait compter 250 observateurs, selon les estimations de l'ONU. Son déploiement prendra plusieurs semaines et nécessitera une nouvelle résolution.
Ces observateurs non armés proviendront notamment des contingents de Casques bleus opérant "dans la...


