Parmi les risques à prévoir d’ici à la tenue de la consultation parlementaire, l’échec de la caste politique à s’entendre sur une nouvelle loi électorale juste qui puisse contenter l’ensemble des parties et garantir une représentation politique équitable de toutes les mouvances politiques. Cet obstacle entraînerait de facto l’impossibilité de prendre les mesures logistiques nécessaires pour permettre aux Libanais se trouvant à l’étranger d’exercer leur droit de vote ou encore d’œuvrer en vue de l’abaissement de l’âge de vote.
Le deuxième risque est celui de la reprise de la série funeste des assassinats politiques sur la scène libanaise dans l’espoir qu’elle puisse se répercuter sur les résultats des élections, surtout s’il s’avère à l’avance que les candidats du 14 Mars sont sur le point de remporter le scrutin. C’est d’ailleurs cette voie qui avait été choisie et qui s’était traduite par l’assassinat de Rafic Hariri qui n’était pas uniquement justifié par l’adoption de la 1559, mais également par les prévisions des résultats des élections de 2005 qui étaient en faveur de l’ancien Premier ministre et de ses alliés.
Inutile de dire que la tentative d’assassinat de Samir Geagea s’inscrit dans cette même logique et doit être analysée sous l’angle des élections de 2013, surtout que la dimension populaire du leader des Forces libanaises dans les milieux chrétiens équivaut à celle qu’avait Rafic Hariri dans les milieux musulmans, et plus particulièrement sunnites. Le parallèle est également à établir avec la tentative d’assassinat du chef de file des Kataëb Samy Gemayel, tentative dont les motifs sont également électoraux.
La troisième éventualité est de voir la situation évoluer en Syrie dans le sens contraire aux intérêts du pouvoir baassiste, c’est-à-dire de manière à conforter la position des adversaires du régime au Liban, ce qui suppose également le retour des assassinats politiques afin d’empêcher l’émergence d’un pouvoir hostile au régime syrien.
Le quatrième et dernier scénario est de voir la crise syrienne s’étendre au Liban, ou tout au moins dans certaines régions névralgiques, provoquant ainsi une instabilité qui finira par empêcher la tenue des élections.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les élections de 2013, qui seront déterminantes pour chacune des deux forces en présence, le 8 et le 14 Mars, intéressent dès à présent les milieux régionaux et internationaux autant que les développements en territoire syrien. Si les événements dans ce pays débouchent sur la victoire du régime, il est certain que cela confortera les candidats du 8 Mars qui remporteront alors la majorité des sièges au Parlement. Cette nouvelle donne imposera de ce fait au Liban une alliance officielle avec l’axe iranien et ses satellites dans le monde. Les forces du 14 Mars se retrouveraient alors dans l’incapacité de faire face à cet axe politique, à moins que les Américains et leur partenaire israélien ne prennent position de manière à orienter la région dans la direction d’une paix globale ou au contraire d’une guerre globale.
Par contre, et si les événements en Syrie évoluent en faveur des adversaires du régime et de leurs alliés libanais, les résultats des élections seront systématiquement en faveur du 14 Mars. Le retour des assassinats politiques pour empêcher la tenue du scrutin serait ainsi plausible, afin de prévenir une éventuelle victoire électorale du courant souverainiste. Il faut ajouter à cela un autre moyen d’obstruction qui est représenté par les armes du Hezbollah et qui pourrait également être un facteur influent lors de l’échéance électorale, quel que soit le cas de figure envisagé au niveau des développements en Syrie.


Il n'y aura point d'élections en 2013. Mettez-le vous en tête. Pour les raisons que Christian énumère.
02 h 39, le 14 avril 2012