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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

David Cameron en Birmanie pour une visite historique

La levée progressive des sanctions semble imminente, au dire de Londres et Washington.

La dirigeante de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, et le Premier ministre britannique, David Cameron, lors d'une conférence de presse, hier à Yangon, en Birmanie. Soe Than WIN/AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron est arrivé hier en Birmanie, alors que le gouvernement multiplie les gestes de rapprochement avec la communauté internationale.


David Cameron a atterri à la mi-journée dans la capitale Naypyidaw. En accueillant son prestigieux visiteur, représentant de l’ancienne puissance coloniale, le président Thein Sein a salué un sommet « historique ». « Nous sommes encouragés et heureux de la reconnaissance que vous avez faite des efforts pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Birmanie », a-t-il aussi affirmé.


« J’espère que suite à mes entretiens, je serai suffisamment confiant pour rentrer dans mon pays et expliquer (aux autres membres de l’Union européenne) que le changement en Birmanie est irréversible », a répondu M. Cameron sur le tarmac de l’aéroport, selon le site de la BBC. « Dans un monde difficile et sombre, avec toutes sortes de problèmes, voilà une brillante lumière que nous devrions encourager. (...) Il y a maintenant un gouvernement qui se dit déterminé à faire des réformes, qui a déjà pris des mesures, et je crois que c’est le bon moment pour venir ici et encourager ces mesures », a insisté le Premier ministre britannique.

 

Il s’est ensuite envolé pour Rangoun, où il s’est entretenu avec la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, dans la maison de famille où elle a passé 15 ans en résidence surveillée. Il a chaleureusement loué l’engagement politique de l’icône de la démocratie, évoquant « un exemple éclatant pour les peuples à travers le monde qui aspirent à la liberté, la démocratie et le progrès ». Et il a apporté un soutien fort mais calculé aux réformateurs birmans. « Il est bon de suspendre les sanctions contre la Birmanie, de les suspendre, pas de les lever », a-t-il précisé, soulignant que l’embargo sur les armes ne devait pas être concerné.


De nombreuses personnalités occidentales se sont récemment succédé en Birmanie, notamment la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton en décembre, signe de la volonté de sortir le pays de son isolement. Mais David Cameron est le premier chef de gouvernement à s’y présenter depuis le putsch qui avait plongé le pays dans la dictature pour un demi-siècle.


Il y a un an, la junte s’était autodissoute et avait confié le pouvoir à un régime dit « civil » d’anciens généraux. Mais depuis, ces derniers n’ont cessé de surprendre : ils ont libéré de nombreux prisonniers politiques, ouvert des négociations avec les groupes ethniques rebelles, puis organisé les élections partielles du 1er avril. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi y a d’ailleurs remporté 43 sièges sur les 44 qu’elle briguait, devenant la première force d’opposition du pays avec quelque 10 % des députés.

 

Le processus a par la suite été unanimement salué par la communauté internationale, qui y voit la preuve de la sincérité de la transition politique. Les États-Unis se sont déjà engagés à « alléger » les restrictions sur les investissements et à nommer rapidement un ambassadeur. Un geste par ailleurs réclamé jeudi par les ministres des Affaires étrangères du G8, « afin d’aider à ancrer les réformes de ce pays et à faire en sorte qu’il s’intègre dans les processus politiques régionaux et internationaux ».

 

David Cameron était accompagné d’une délégation d’hommes d’affaires, soucieux de se faire une idée du potentiel du pays lorsque les sanctions économiques seront levées. Et s’il repart convaincu, les 27 de l’UE pourraient se mettre d’accord pour « un allègement substantiel des sanctions », a expliqué Derek Tonkin, ancien ambassadeur britannique en Thaïlande, depuis longtemps avocat du dialogue avec Naypyidaw. Une décision est attendue le 23 avril à Luxembourg, le jour même où Suu Kyi siégera au Parlement pour la première fois.

Le Premier ministre britannique David Cameron est arrivé hier en Birmanie, alors que le gouvernement multiplie les gestes de rapprochement avec la communauté internationale.
David Cameron a atterri à la mi-journée dans la capitale Naypyidaw. En accueillant son prestigieux visiteur, représentant de l’ancienne puissance coloniale, le président Thein Sein a salué un sommet « historique ». « Nous sommes encouragés et heureux de la reconnaissance que vous avez faite des efforts pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Birmanie », a-t-il aussi affirmé.
« J’espère que suite à mes entretiens, je serai suffisamment confiant pour rentrer dans mon pays et expliquer (aux autres membres de l’Union européenne) que le changement en Birmanie est irréversible », a répondu M. Cameron sur le tarmac de...
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